On savait KIZ capable de toutes les excentricités, aussi bien sur disque qu’au fil de vidéos à la fois attachantes et délurées. Mais, avec « Désert », le duo va encore plus loin en offrant une poésie suspendue et ralentie par l’eau ; une conversation à travers les regards, les nages que l’on veut humaines, le tout porté par des scènes aussi belles qu’inédites. Une réussite totale.

KIZ, c’est un peu comme le grain de folie impromptu qui s’immisce dans nos vie, qui nous transforme et égaye nos journées, tout en nous parlant au creux de l’oreille avant d’éclater de rire et de nous faire sursauter de plaisir. Ainsi, au fil des semaines, les photos de tournage de leur nouveau clip, « Désert », nous laissait imaginer une étape supplémentaire, et pas des moindres, dans leurs ambitions visuelles. Et il faut admettre que le résultat est une apothéose formidable et hypnotique, qui a certainement demandé des heures d’effort, de mise en scène et d’implication de chacun. Mais, à travers ce court-métrage, le spectateur dépasse le cadre de la simple démonstration ; il s’immerge, dans tous les sens du terme, dans les profondeurs accueillantes qui lui sont enfin ouvertes.
Le quotidien d’Alice et Marc se voit, ici, magnifié dans le milieu sous-marin, où les cris ne peuvent résonner, où les griffes et les mains ne peuvent blesser, où les chorégraphies se font angéliques et vaporeuses. Paradoxe entre le titre, « Désert », et l’environnement aqueux, la réalisation, d’une époustouflante virtuosité et proximité avec les protagonistes, multiplie les effets de lumières, les costumes, les scènes d’une existence où la passion enlace la dispute, où le repos devient la source même de l’expansion, à travers les robes volatiles et poétiques d’Alice. La profondeur de champ ne laisse jamais distinguer le fond et s’approche à la perfection d’un rêve éveillé, de gestes souvent répétés mais que l’on n’accomplira plus jamais de la même manière. L’éducation sentimentale (implicitement citée à travers les pages arrachées du livre de Flaubert), ses choix, ses oppositions, ses refus et acceptations, se font dans le cocon aussi protecteur que précis d’une mer qui, au fur et à mesure de ce voyage intérieur intemporel, prend tout son sens. Un tour de force incomparable, hanté et obsédant.
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