Entre gaieté poivrée et folie refoulée, Khushi murmure sa romance sur l’héritage pop anglo-saxon.

Les lettres muettes donnent un style, elles sont les accessoires clinquants du mot. Les voyelles le sont beaucoup moins, esclaves de la compréhension. Ce nom est sujet à être immédiatement connoté, il est victime de prononciation aggravée en onomatopées.
On imagine donc des sens secondaires risibles qui réduisent notre plaisanterie à sa plus grande bassesse. On pensera aux roulées de riz, à un guru pieds-nu qui empeste le curry, au nom d’un groupe androgyne de visual kei ou bien même à un des potes de ce prénommé Pikachu. Sans faire de tort à Bollywood et au pays du disque solaire, les idées fleurissent dans le ridicule. La réalité est tout autre.
Place à la crédibilité. Khushi est un surnom d’enfance et le nom de la formation de quatre Londoniens bien callés dans leurs pompes. 2013 a vu surgir leur titre « Magpie » qui réunissait tous les mécanismes d’un bon tube indé, percutant et romanesque.
L’EP « Phantoms » continue d’aguicher la pop avec son caractère fleur bleue et doux comme du papier de verre. La voix lascive du chanteur ondule dans l’ambiance spectrale d’ « In The Sun » et de « One For Me », si bien que le léger groove de l’éponyme « Phantoms » rapproche l’ensemble vers une jolie décadence structurelle. Trois titres captivants qui rappellent les débuts de Coldplay (A Rush Of Blood To The Head) et de Travis (The Invisible Band), de cette combinaison à rebrousse-poil à la fois lente et hilare. La polarité des rythmes s’enlace avec justesse, et mérite d’être marqué du poinçon rouge « À suivre ! ».
Une délicieuse attente avant le grand saut, « Phantoms » est notre trou normand.

« Phantoms » de Khushi, sortie le 3 mars 2014 chez Laissez Faire Club.
Retrouvez Khushi sur :
Facebook – Soundcloud