[Live] Jukebox Champions au Bataclan

Jukebox Champions, c’était déjà un très bon souvenir. Le souvenir d’un soir du mois de juillet. Chaud et épuisant. Fatiguée à force d’arpenter les champs du Terres du Son le temps d’un week-end. À l’heure où toute la jeunesse s’amuse, il y avait eu ces jambes qui ne tenaient plus, ces têtes qui entendaient seulement des échos et les tympans qui sifflaient. Pourtant il y avait eu surtout une longue soirée qui avait suivi, au doux et gourmand son des Jukebox Champions. Déjà, ils avaient l’audace et la fougue des meilleurs boissons énergisantes. De la même façon, Jukebox Champions a pris, jeudi dernier, chaque corps du Bataclan.

Jukebox Champions © Solène Patron

22h30. Le Bataclan se vide. Peu à peu, la foule quitte doucement la salle. La foule s’émancipe d’un concert terriblement bon enfant. Et déjà, on voit les Jukebox Champions se mélanger avec leur public. Un peu à cette image, un live de ces deux garnements aux allures de Mario et Luigi est un pur moment de sincérité et de plaisir. Mais prenez garde, qui dit sincère ne dit pas forcément simple et sans effet. Loin de là. Très loin de là, leur concert est un concentré d’intelligence et d’amusement.

Si on doit commencer par quelque chose, parlons de ce qu’on voit avant de parler de ce qu’on entend. Mais à vrai dire, parler en ces termes est un mensonge, tant la musique et l’image fusionnent et marchent de paire. Jukebox Champions mêle les dimensions, c’est ainsi que tout est sonore et tout est visuel. Ce qui est fascinant, c’est la minutie d’un tel travail de vidéos. Pas une pauvre image projetée sur le fond, mais une création fracassante qui enveloppe la table de MPC. Les images choisies répondent parfaitement à la musique et jouent avec. Il y a là, ces trompettistes, ces partitions à la Guitar Hero. Et puis les lumières, un vert et un rouge qui se répondent et suivent à la trace les joggings colorés qui font la marque de fabrique des deux musiciens.

Mais ce n’est pas tout, ce qui fait les Jukebox Champions ne se retrouve pas seulement dans les fringues, dans les couleurs et dans les images. Leur fougue dépasse tout cela et un nouveau souffle flotte sur l’attitude de la musique électronique. Le son et le jeu sont bien là. En parfaits alchimistes des joies, ils répandent une musique des plus enjouée. C’est alors qu’ils prennent un malin plaisir à offrir au public toute leur technique, qui se met en scène dans toute une attitude chorégraphique. Les deux corps vont à droite, à gauche. Les deux corps sautent au dessus des machines. Les jambes s’enflamment sur un tapis qui pourrait être tout droit sorti d’un jeu Twister.  On peut parler alors d’un cocktail de fraîcheur, de groove et de punch qui transporte la salle. Dessus, une flopée d’artistes installent leur voix et leur feu. Ambiance bonne enfant. Balancement nonchalant. Reggae hypnotisant. Joli bijou d’un harmonica habité par Jean-Jacques Milteau. Et puis, il y a aussi les flows percutant du rap US menés par Mattic.

Jukebox Champions a donné de quoi s’amuser, danser et sauter. Mais au delà de ça, c’est un moment de bonheur que nous offrent ces deux garçons, que nous offre toute une équipe. Véritable show à la minutie millimétrée mais pourtant sans prétention.


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