[Live] Josh T. Pearson à l’église Saint-Merri de Paris

Josh T. Pearson, ancien leader du groupe Lift to Experience, s’est produit lundi 14 décembre à l’église Saint-Merri de Paris. On n’aurait pu trouver meilleur écrin pour ce concert exceptionnel, organisé par la Route du Rock Sessions.

Josh T. Pearson © Solène Patron

Il est 20h et nous prenons place parmi les premières rangées de l’église Saint-Merri. Nos fesses sont déjà endolories par de vieilles chaises peu soucieuses de notre bien-être, et nos mains gelées par le froid qui enveloppe la nef centrale. Fichtre, la soirée risque d’être un peu longue pour notre épiderme sensible. Cette petite sensation d’inconfort va pourtant être vite reléguée au second plan. Josh T. Pearson arrive sur la scène, habillé de la tête au pied d’un blanc éclatant. Le contraste est saisissant avec l’obscurité qui nous entoure. Si la barbe s’est fait la malle, le chapeau stetson reste quant à lui bien vissé sur sa tête. Indispensable pour tout bon cowboy qui se respecte…

Seul avec sa guitare, il dégaine ses premières chansons extraites de son projet solo sorti en 2011 « Last of the Country Gentlemen ». Une musique faussement dépouillée, perchée au carrefour de la country et du folk. Magnifié par la réverbération naturelle du lieu, le son tapisse la pierre froide de l’église et la voix du Texan atteint des hauteurs aussi vertigineuses que les voûtes de la nef. Le talon des santiags (blanches, cela va sans dire) marque de temps à autre le rythme sur le plancher. Effet imparable.

Il règne un silence quasi religieux et Josh T. Pearson hypnotise lentement son public. Les morceaux sont longs, très longs, et vont crescendo dans l’intensité. L’écoute est décuplée, concentrée et éminemment solitaire. Errements, regret, doute et désillusion… ses expériences traversées servent de cadre à l’écriture de ses chansons. Le tout imprégné d’amour et de spiritualité : deux objets qui semblent d’une quête inépuisable.

Mais ceux qui s’attendaient à rencontrer un personnage sombre et dépressif ont dû être un poil déçus. Loin de l’image d’un artiste écorché vif, Pearson a le sourire chaleureux et ne manque pas d’amuser son public entre chaque titre. De son petit air malicieux, il régale l’auditoire de quelques blagues que l’on vous laisse apprécier à leur juste valeur : « Do you know what’s the difference between a pizza and a musician? At least the pizza feeds you… ». Le décalage entre la légèreté de ton et la beauté noire de ses textes est forcément surprenant.

À la fin de la première heure du set, Pearson invite sur scène son acolyte Calvin LeBaron. Même code vestimentaire, mais en version noire. Devant eux, une pancarte sur un bout de carton déchiré où est inscrit « The Two Witnesses Gospel Singers » au-dessus d’un 666 soigneusement barré (non, non, Satan, tu ne pointeras pas le bout de ton nez). Les Deux Témoins jouent évidemment sur la dualité ombre et lumière, douceur et tourment… vie et mort ?

L’apothéose est atteinte avec une reprise de « I Will Follow Him » où nous frisons presque le recueillement. Pearson enfonce le clou (hum hum…) en entonnant « Silent Night » : quelques briquets s’allument ici et là et nous nous laissons glisser dans cette berceuse doucereuse les yeux fermés. Sonne l’heure de quitter les lieux pour retrouver le froid d’une nuit de décembre, avec le sentiment d’avoir passé un moment rare de grâce et d’émotion.


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