[Interview] Janus Rasmussen

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Janus Rasmussen, membre du duo electro Kiasmos aux côtés de son compatriote islandais Ólafur Arnalds ainsi que du quartet synthpop Bloodgroup, dévoilait son premier album solo, « Vín », le 29 mars dernier. Efflorescent de projets, c’est à travers ce dernier disque que se révèle toute l’étendue de son talent. On y retrouve des sonorités minimalistes, une aura ambient soulignant son passé musical, mais également une intégrité plus brute résonant avec une production finement ouvragée. Rencontre avec Janus pour nous parler de son nouveau projet.

  • Bonjour Janus, vous venez de sortir un album solo intitulé « Vín » le 29 mars dernier. Quelles différences donneriez-vous entre votre duo avec Kiasmos et votre projet solo ?

C’est un peu plus brut. C’est plus un synthétiseur composé d’enregistrements de terrain, c’est donc une approche différente de la façon dont nous travaillons avec Kiasmos. C’est également le premier album que j’enregistre complètement dans mon propre studio, ce qui était très excitant pour moi.

  • « Vín » signifie un ami en islandais. Pourriez-vous nous donner plus d’explications derrière le nom de cet album ?

« Vín » signifie en réalité « vin » ou « alcool » en islandais et dans ma langue maternelle, le féroïen. Il existe cependant un mot très similaire, « vin », qui signifie en effet « ami ». C’est parfois grâce au « Vín » que vous pouvez vous faire un « vin ». Le titre « Vín » collait bien au projet. J’écrivais l’album entre étant sur la route avec Kiasmos, donc il y avait beaucoup de « vín » impliqué.

  • Vous avez déjà beaucoup tourné avec votre projet Kiasmos (Southbank Center, Guggenheim Bilbao, La Gaîté Lyrique). Comment vous sentez-vous à l’idée de jouer dans des salles non conventionnelles ?

Je suis très excité. J’adore jouer dans une nouvelle salle, en particulier lorsqu’elle revêt une signification historique.

  • Vous avez dit avoir expérimenté certaines pistes au cours des DJ sets de Kiasmos. Y a-t-il eu une piste qui ait distinctement évoluée grâce à ce processus ? Ou une anecdote qui a affecté les modifications concernant l’une d’entre elles ?

Oui, il y a « December », la dernière piste. C’est en fait l’une des premières chansons que j’ai écrites pour cet album. J’ai l’ai jouée quelques fois au cours de DJ sets et c’est là que j’ai vraiment entendu ce qui fonctionnait avec la chanson et ce qui ne fonctionnait pas. Je l’ai revisité à quelques reprises après l’avoir testé avec la foule et ajusté ce que j’estimais devoir ajuster.

  • La production brute et organique de l’album donne une très belle sensation de crépuscule. Est-ce que c’est quelque chose que vous vouliez traduire à travers la pochette ? Pourriez-vous nous en dire plus ?

La pochette a été conçue par l’artiste Sigrún Hanna. Elle a créé quelques propositions et c’est celle qui a immédiatement semblé la plus juste pour moi. Nous pensions que la couverture devait refléter l’ambiance de l’album. Elle a donc réalisé ce magnifique dessin sur support sec qui complète vraiment les sons bruts et organiques que j’utilise. Il y a aussi ce tempo visuel qui s’harmonise très bien avec la musique. C’est une pièce abstraite, parallèle au genre avec lequel je travaille.

  • Il semblerait que l’ordre des pistes ait été déterminé par les sentiments que vous avez envers eux, mais même les couleurs, l’ordre, leur nom, nous laisse penser à un sens chronologique ?

J’aime que les gens lisent de cette façon ! Certains titres ont un sens chronologique en effet, mais je vais vous laisse le soin de le comprendre. Révéler tout cela enlève du plaisir.

  • Il y a quelque chose de scintillant et d’opalescent dans la froideur de « Lilla ». Quelle est votre relation à la lumière dans votre musique, qui en quelque sorte prend vie la nuit ? Dans quelles conditions vous êtes-vous senti le plus à l’aise pour produire de la musique en Islande ?

L’album a été enregistré durant un an et demi. Pour moi, les hivers étaient le meilleur moment pour travailler. C’est là que tout est froid et extrêmement sombre, alors entrer dans le studio a été une belle évasion.

  • L’environnement joue un rôle important dans la perception de votre musique par rapport aux auditeurs. Le mois d’avril en Islande doit être une expérience différente d’un avril en « Europe continentale ». Pensez-vous que vous vous sentiriez différent en l’écoutant ici et là ?

Tu as probablement raison ! Je n’ai pas essayé (à moins que je ne joue), mais je devrais peut-être le faire.

  • L’album entier est très varié, on peut trouver des morceaux rythmés et d’autres, beaucoup plus intimes. Voyez-vous cet album comme un panorama de vos personnalités ?

Je suppose qu’il n’y a aucun moyen de contourner cela, n’est-ce pas ? Il y aura toujours une sorte de reflet de moi-même là-dedans. Ce n’était pas ce que j’avais voulu. Le processus consistait plutôt en un effort pour composer un album électronique à la fois cohérent et varié. Je dirais plutôt que c’est un panorama de mon environnement.

  • La dernière piste « December » est la seule piste avec des échantillons de voix distincts. Est-ce une nouvelle expérience ? Quelque chose à laquelle nous devrions nous attendre ?

C’est définitivement quelque chose que vous pourriez attendre ! Je prévois d’introduire plus de voix dans certaines pistes sur lesquelles je travaille.

  • Dernière question, y a-t-il un code derrière les chiffres 14 et 87 ?

Il y en a et le sens est plus banal que vous ne pouvez l’imaginer.

  • Eh bien, nous garderons cela secret. Merci pour votre temps !

Je vous remercie.


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ENGLISH

Janus Rasmussen, member of the well-known electro duo Kiasmos alongside Ólafur Arnalds and part of the quartet synthpop Bloodgroup, unveils his solo album “Vín” released on March 29. His very last work reveals all the extent of his talent. The minimalist sounds, the ambient aura emphasising his musical past, and a raw integrity resonates with a finely crafted production. Meeting with Janus Rasmussen to talk about his new project.

  • Hi Janus, you just released a solo album called “Vín” on March 29th. Which differences would you give towards your duo with Kiasmos and your solo project?

It’s a little rawer sounding. It’s more synth-based and composed of field recordings, so it’s a different approach from how we work in Kiasmos. It’s also the first album I record completely in my own studio, which was very exciting for me.

  • “Vín” means “friend” in Icelandic. Could you give us more explanations behind the name of this album?

Vín actually means “wine” or “alchohol” in both Icelandic and my native language Faroese. There is, however, a very similar word, “vin,” which indeed does mean “friend.” Vín is how you make vin. The title Vín was originally a working title that stuck to the project. I was writing the album in between being on the road DJing and playing with Kiasmos, so there was a lot of “vín” involved.

  • You have previously toured a lot for Kiasmos (Southbank Centre, Guggenheim Bilbao, La Gaîté Lyrique). How are you feeling about playing in unconventional venues?

I’m very excited. I love playing at a new venue, especially when it has a historic significance.

  • You said that you experienced some tracks during Kiasmos’s DJ sets. Is there a track that distinctively evolved from this process? Or an anecdote that impacted on the modifications about one of them?

Yes, “December”, the final track. It’s actually one of the first songs I wrote for the album. I played it a few times during DJ sets and that’s where I really heard what was working with the song and what wasn’t. I revisited it a few times after testing it out with the crowd, and adjusted what I felt should be adjusted.

  • There is a very nice feeling of gloaming around the raw and organic production of the album. Is that something you wanted to retranslate in the cover? Could you tell us more about it?

The cover was designed by the artist Sigrún Hanna. She created a few proposals and this was the one that immediately felt right for me. We thought that the cover should echo the mood of the album, so she made this beautiful dry-media drawing that really complements the raw and organic sounds I use. It also has this visual tempo going on that flows really well with the music. It’s an abstract piece, which parallels the genre I’m working with.

  • We read that the tracklist has been determined by the feelings you have towards them, but even the colors, the order of the tracks, let us think of a chronological meaning somehow?

I love that people are reading into it this way! Some of the titles do have a chronological meaning, but I’m going to leave it up to you to figure it out. Revealing it all takes away from the fun.

  • There is something glittery and opalescent in the coldness of “Lilla”. What’s your relation to light in your music that is taking life at night? In which conditions did you feel the most comfortable in producing music in Iceland? 

The album was recorded over the course of a year and a half. For me the winters were the best time to work. That’s when everything is cold and extremely dark so going into the studio was a nice escape.

  • The environment plays a big role in how your music is perceived by the listeners. April in Iceland must be a different experience from April in “mainland Europe”. Would feel different listening to it here and there? (I think you should try).

You’re probably right! I haven’t tried it (unless I’m performing), but maybe I should.

  • The whole album is very various, we can find upbeat tracks and much more intimate ones. Do you see this album as a panorama of your personalities? 

I guess there’s no way around that, is there? There’s always going to be some sort of reflection of myself in there. That wasn’t what I intended, though. The process was much rather an effort to compose a cohesive yet varied electronic album. I’d rather say that it’s a panorama of my environment.

  • The last track “December” is the only track with distinctive voice samples. Is it a new experiment? Something we should be looking forward to? 

It’s definitely something you could look forward to! I have plans on introducing more vocals into some tracks I’m working on.

  • Last question, is there a code behind the numbers 14 and 87? 

There is, and the meaning is more mundane than you could imagine.

  • Well, we’ll keep this as a secret. Thank you for your time!

Thank you.


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