[LP] Jan COBB – Iceberg

Iceberg. Métaphysique des tubes d’un album blanc comme la neige. Précipité glacé d’une pop expérimentale ovni, Jan COBB, dans ses pérégrinations, nous entraîne marcher sur la banquise, le cœur léger, la tête dans les étoiles, jouer les funambules sur la Voie lactée.

Avec ses huit morceaux d’une fraîcheur hivernale, Christophe Michaud s’amuse à souffler le chaud et le froid, dansant tantôt dans la suave clarté du jour « Clarity », tantôt cherchant son chemin dans l’obscurité. « Obscurity ». Un songwriting précis et mystérieux nous invite effectivement à la distanciation. D’ailleurs « Gravity » – qui n’est pas sans rappeler le film oscarisé du même nom sorti en 2014, nous plongeant un peu plus dans le cosmos – pousse ensuite l’auditeur à un retour sur lui-même, pour cerner la gravité de la condition humaine.

Accepter d’être soi-même intègre. « Integrity ». Rien que ça. Vaste reprogrammation interne, en accord avec ses valeurs profondes pour mieux accéder à une sorte de lieu ressource et enfin être en sécurité. « Safety ». À partir de là et seulement à partir de là, à une véritable révélation, transmutation : « Transparence » peut s’opérer, qui ne sera disponible qu’à la fin du concept album. Plusieurs niveaux de lecture donc chez Jan COBB. Jeu de piste, en forme de quête initiatique. À la fois enthousiasmant, fascinant et intrigant.

Il faut dire de Christophe Michaud n’en est pas à son premier coup d’essai, puisque fort d’une carrière musicale débutée à 13 ans dans les années 80, il fera les premières parties de Blur, Dodgy, Grant Lee Buffalo, The Auteurs… Et une tournée d’une vingtaine de dates avec Les Innocents fin 1996 – début 1997.

Jan COBB et « Iceberg » apparaissent donc comme l’aboutissement du périple musical d’un artiste, qui a su se renouveler et se nourrir sans jamais se compromettre, à travers le feu et la glace. Cela se sent. On touche presque au spirituel, à la métaphysique avec cette pop qui n’a pas l’air d’y toucher et pourtant si riche de par la maturité des textes, l’absence d’urgence, et la spontanéité sincère du chant qui tranche avec des sons synthés clignotants, des guitares à la fois métalliques et douces qui s’emploient davantage à créer des ambiances sonores quasi filmiques, spatiales, faites de gimmicks phosphorescents, crépitants, plutôt que les mélodies pop habituelles. Un voyage SF aux confins de la conscience.

« Iceberg » de Jan COBB est disponible depuis le 16 novembre 2019.


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