[LP] Jamaica – Ventura

« Ventura », second album du duo électro rock Jamaica a cette capacité à enfiler les tubes comme des perles sur un collier.

Jamaica - Ventura

En 12 titres, Antoine Hilaire et Florent Lyonnet remettent à jour la formule de leur précédent opus « No Problem ». Des compositions énergiques, une grille d’accords évidente et une voix bien en place pour insuffler une brise de pop à l’ensemble. Mais le duo révèle aujourd’hui de nouvelles facettes de son art.

Jamais très loin de l’esthétique pop décontractée des versaillais de Phoenix et tout autant de la fraîcheur d’un Breakbot, Jamaica défend une certaine efficacité française qui marche toujours aussi bien à l’export. Mais loin de faire tout comme ses alliés de la ligue des Justiciers de la french pop, Jamaica promeut sur « Ventura » sa touche (so french) de singularité.

D’abord avec « Two On Two » qui joue sur la complicité du duo : deux guitares, une batterie, un chant alterné. La sobriété fait des merveilles, les guitares s’accrochent, musclent leur jeu quand la voix s’y mêle. Seul regret, un refrain « Let the distance be more / I gotta be out here more… » moins excitant que l’interlude « Within the shadow, Within the mountains that don’t rise anymore… ».

Ainsi, les premiers titres de « Ventura » s’enchainent sans accroches. La spirale positive est bien là, le propos est sincère et les compositions bien rodées. Il se dresse presque une barricade de singles, efficaces et suffisamment changeants, pour susciter l’impatience du prochain titre.

On prendra d’ailleurs plus de plaisir à suivre la cavale pop électro de « Hello Again », forte de ses attaques, mieux de ses percées, avec cette basse grondante qui se dégage vraiment bien, et ces riffs qui collent à la tête comme des baskets fondues sur le bitume brûlant. Pour le coup, tout fonctionne.

Et quand « Golden Times » sortira sa longue tirade romantique, un peu trop bienheureuse, on préfèrera s’orienter vers un « Will Ferris » qui a tout du futur hit de Jamaica.
Une construction pop chiadée, des riffs comme il faut, sans débordements et la bonne mesure du côté de l’accompagnement au clavier. Le duo brouille la définition de ce qu’est Jamaica en ajoutant des chœurs. On embarque sans se poser la moindre question dans ce titre qui surfe sur la frise chronologique de la pop sans s’imposer de limites. Efficacité parfaite.

Les Parisiens continuent toutefois de creuser le sillon du hard rock, parfois glam. « Hard Then Low », « Ricky » et « Turbo » jouent sur le territoire de The Darkness et Europe , mais toujours avec cette patte pop qui vient éviter l’échouage kitch. Pas forcément les passages les plus mémorables de l’album.
De la même façon, on regrettera le trop fouillis « Same Smile », trop bruyant, trop confus, trop tout avant un « Goodbye Friday », bien meilleur, à l’allure d’un générique de sitcom 90s légèrement heavy. Not bad.

crédit : Romain Corvez
crédit : Romain Corvez

Quatre ans après un « No Problem » et l’irréfutable hit « I Think I Like U 2 », Jamaica consacre son énergie sur un album donnant la part belle aux tubes sur sa première moitié avant une seconde partie plus hasardeuse et finalement moins cohérente.
Avec un certain potentiel de hits, il ne reste plus qu’à espérer que « Ventura » ne soit pas l’album d’un single, mais bien de nombreux tubes comme le fut par le passé le premier album de Jamaica.

« Ventura » de Jamaica est disponible depuis le 31 mars 2014 chez [PIAS].


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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques