[Interview] I Z A H O avec Éric Morand et The Dizzy Brains

Rencontre avec Éric Morand, graphiste passionné par le cuir qui a notamment travaillé à la réalisation de sangles de guitare uniques pour le groupe The Dizzy Brains. Et ça tombe bien, eux aussi étaient de la partie pour cet entretien croisé. On a pu constater une véritable complémentarité et complicité entre ces artistes aux spécialités bien différentes.

Monsieur Eric
Éric Morand alias Monsieur Eric
  • Salut Éric ! Peux-tu me présenter I Z A H O ? Dans quel contexte as-tu créé cette marque et quelle est votre spécialité ?

En fait, je ne crois pas au hasard, mais plutôt à la chance ; parce que la chance, ça ne tient pas au hasard. La chance, ça se provoque ; le hasard, non. J’ai eu celle de rencontrer Laurent, un hôtelier de Tananarive qui a, lui aussi, la passion du cuir. En écoutant mon histoire, il m’a proposé de créer un atelier de maroquinerie. Nous sommes associés dans cette aventure.

Bracelet tressé, double tour. En cuir de zébu avec un fermoir aimanté, plaqué en argent, commandé par le célèbre photographe Fabrice Delannoy.
Bracelet tressé, double tour. En cuir de zébu avec un fermoir aimanté, plaqué en argent, commandé par le célèbre photographe Fabrice Delannoy.

I Z A H O est la marque sous laquelle notre atelier diffuse les articles que nous réalisons pour notre propre compte. Mais notre atelier travaille en sous-traitance pour le compte d’autres personnes. Je rentre de la Réunion où j’ai eu des demandes dans ce sens. Des contacts sont pris.
Tous les articles I Z A H O sont entièrement confectionnés avec la main, le cœur et l’outil, dans la plus pure tradition des maîtres artisans maroquiniers. Chez nous, il n’y a aucune machine. Chaque pièce est donc unique et porte la « main » de l’ouvrier artisan qui l’a confectionnée. Toutes nos coutures sont réalisées manuellement, au point sellier.

Ceinture dames ou messieurs, en peau de boa tannée en blanc.
Ceinture dames ou messieurs, en peau de boa, tannée en blanc.

La couture au point sellier se fait avec les deux extrémités d’un même fil. Elle est très résistante. Si un point vient à rompre, la couture ne se défait pas. Le point sellier se pratique encore, à la main, dans certaines grandes maisons, dont la plus connue reste sans aucun doute Hermès. Il sert à la finition de quelques pièces qui demandent le plus grand soin et beaucoup d’attention.

  • D’où est venue cette passion pour le cuir ? As-tu suivi une formation pour en arriver là ?

Beaucoup de gens aiment le cuir. C’est une matière vivante. Elle réveille les sens. Pour ma part, je dois cette passion à mon ami d’enfance, Stéphane Geay, le fondateur de la ZOB, la très célèbre Zebu Overseas Bank appelée aujourd’hui la Zebu Overseas Board.
En parallèle, Stéphane Geay avait également monté la Zebu Overseas Brand, un atelier de maroquinerie, et le Zebu Original Bistrot, un restaurant situé à Tananarive, dans le quartier d’Isoraka. N’ayant plus le loisir de s’occuper de ses affaires, Stéphane m’a proposé de prendre la gérance de ces deux établissements qui, depuis, ont fermé. C’est donc grâce à mon fidèle ami que j’ai découvert l’univers du cuir.

Petit sac, tout en franges. Cuir de zébu avec une finition nubuck et un parement en peau de boa, tannée en blanc
Petit sac, tout en franges. Cuir de zébu avec une finition nubuck et un parement en peau de boa, tannée en blanc

Mais, à la base, je suis concepteur et designer graphique de métier. Formé à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Saint-Étienne, je ne connaissais rien au cuir. Au lendemain de mon arrivée à Madagascar, j’ai eu un rendez-vous de trois heures pour la passation de ces deux entreprises, afin de comprendre leur fonctionnement et me lancer. C’est ainsi que je me suis retrouvé à la tête d’un restaurant et d’un atelier de maroquinerie. Sans formation ni expérience antérieure. Mais quand quelque chose me passionne, je me donne à fond. Et je suis aussi très exigeant. Bien entendu, ce n’est pas ce qui fait le talent ; mais à partir de là, je crois que tout est possible. Laurent est comme moi. Nous apprenons sur le tas.

  • Faisons le tour du propriétaire. Décris-nous cet atelier si particulier. Comment travailles-tu avec tes collègues ? Qui sont tes clients ?

I Z A H O, c’est d’abord un concept, une envie, une façon de voir les choses.
Avec Laurent, nous avons d’abord eu l’envie de créer des produits résistants et qui durent, très bien faits, aux lignes simples. Ma précédente expérience m’a beaucoup aidé à cela. Nous faisons le choix d’utiliser prioritairement toutes les ressources locales qu’il est possible de trouver, tant en termes d’embauche que pour l’achat des fournitures et des matières premières. Mais, pour certaines choses comme le fil servant aux coutures ou encore les accessoires, nous sommes contraints de nous tourner vers l’extérieur pour travailler avec des produits de qualité.
Bien qu’elles coûtent presque le double du cuir d’importation, nous utilisons principalement des peaux de zébu. Le zébu est un animal de labeur. Il subvient généralement seul à sa nourriture. Son cuir est vivant, compact, très caractéristique. Il porte les traces de cette vie endurante. C’est une signature dont nous sommes fiers. C’est un animal noble. Il compte dans la vie des Malgaches.

Il nous arrive d’associer de la peau de serpent, de crocodile ou encore de poisson à certaines de nos réalisations. Ça élégante tout de suite d’une touche originale, sans être ostentatoire. Nous cirons également certains de nos cuirs, ce qui donne un côté naturel, avec un esprit vintage et un peu sauvage. Enfin, nous aimons l’aspect velouté et doux de la finition nubuck. Nous doublures sont de couleurs vives. Ce sont là les principaux signes distinctifs de la marque I Z A H O, en plus d’être 100% fait main, au point sellier.

Tout commence par une esquisse, un dessin. J’en parle toujours avec Laurent. Ensuite c’est Tsilavo, notre chef d’atelier, qui prend le relais. C’est lui qui élabore nos gabarits (patrons) et qui réalise nos prototypes. Laurent s’occupe de la gestion de l’atelier et d’organiser la production. Il gère également toute la communication sur Internet. Bien que Laurent s’y soit mis, je crée la plupart des modèles et j’assure la direction artistique, le positionnement marketing et la communication. Je m’occupe plus particulièrement des ventes et du développement de I Z A H O.

Nos clients sont des esthètes. Ils aiment les choses belles et bien faites. Ils se reconnaissent dans la facture de nos pièces. Ils savent y voir un objet unique, vivant, plein de caractère et d’authenticité.

Bracelet en cuir de boa tanné en blanc. Fermeture avec un plaquage argent.
Bracelet en cuir de boa tanné en blanc. Fermeture avec un plaquage argent.

Notre atelier propose également du travail « à façon ». Vous venez avec un croquis, un modèle qui vous est cher, et nous le réalisons. Vous serez ainsi en possession d’une pièce unique, dont la série ne dépassera jamais cinq à dix exemplaires.
Nous sommes encore en phase de lancement. Nous touchons les touristes et notre marché local, mais nous sentons qu’il y a une niche à l’international. Je me rends justement en France durant le mois de juin pour prendre des contacts.
I Z A H O va également s’orienter sur la bagagerie, avec des habillages de malles, de valises en cuir. Un pilote case doit être prochainement mis à l’étude pour une compagnie aérienne internationale très prestigieuse. Mais c’est encore secret.

  • Pourquoi ce choix de t’établir à Madagascar ? Quelles différences rencontres-tu par rapport à la France, notamment en ce qui concerne les conditions de travail ?

Quand j’ai « planté » ma boîte, juste après mon divorce, il n’a pas fallu trois mois pour que je me retrouve SDF. C’est encore à un ami que je dois mon salut. Un autre Stéphane, d’ailleurs, que je salue ici. Stéphane a mis un studio à ma disposition pendant un an, pour que j’ai un toit. Parce que c’est ça aussi, la France. Quand tu es un de ces patrons comme on les adore tout particulièrement dans l’Hexagone, si tu te casses la gueule, le système te bouffe. Il te met à la rue. Il t’expulse. En deux temps trois mouvements, t’es mort. Tu sais même plus qui tu es. Mon ami Stéphane Geay a lui aussi connu ce genre de passage à vide. Il jouait du violoncelle dans le métro alors qu’il est pilote d’avion sur Falcon, quand un de ses amis l’a fait venir à Madagascar il y a plus de vingt ans. En 2013, Stéphane a fait pareil avec moi. C’est lui qui a payé mon billet ! J’ai saisi cette occasion. Ou plutôt, j’ai saisi ma chance. Encore une fois. J’ai saisi cette opportunité, parce que la chance, c’est fait pour ça.

À Madagascar, c’est le chaos. C’est vrai. La pauvreté fait mal au ventre, les conditions d’hygiène sont difficiles, la corruption fait rage. La prostitution et l’insécurité sont à chaque coin de rue. La capitale reflète ce tableau plus qu’en province. La contrepartie de ce système, c’est que, même si tu arrives une main devant et une main derrière, personne ne te pose trop de questions. Tant que tu te débrouilles pour payer ce que tu dois, que tu restes « propre sur toi » (kom di kréol), sérieux, honnête et droit et que tu ne te prends pas pour un autre, tu peux faire à peu près ce que tu veux. Les gens te font globalement confiance.
Les conditions de travail sont très difficiles pour les gens à Madagascar. Beaucoup d’employeurs ne déclarent pas leurs salariés, avec toute la précarité que cela suppose. Le salaire minimum légal est d’environ 35 euros par mois.

Un des ouvriers de l'atelier I Z A H O travaille sur la sangle de Poun.
Un des ouvriers de l’atelier I Z A H O travaille sur la sangle de Poun.

Avec Laurent, nous avons fait le choix d’offrir à notre équipe des conditions de travail qui soient normales. Chacun bénéficie d’un outillage de qualité, d’un salaire correct avec des perspectives d’évolution. Nous sommes très attentifs aux conditions de vie de chacun, plus particulièrement pour ce qui concerne la santé et les affaires familiales. C’est un vrai travail d’équipe et de mise en confiance, où chacun doit pouvoir compter sur l’autre. À Madagascar, c’est important. Pour nous, c’est un investissement.

Avant de quitter l’île de la Réunion, j’ai eu la chance de travailler pour le monde du handicap avec l’APAJH (Association pour Adultes et Jeunes Handicapés) et le Centre de La Ressource (Centre pour aveugles et mal voyants). C’est quelque chose qui m’a profondément marqué. Dans l’équipe qui compose l’atelier de maroquinerie, un membre sur deux est en situation de handicap. Une priorité d’embauche est faite à ces personnes. Nous avons aussi des contacts avec le milieu carcéral. De la même manière, nous préférons recruter des gens sans expérience, car ils sont vierges de mauvaises habitudes. Du moment qu’un candidat est sérieux, nous préférons investir dans son apprentissage, pour qu’il soit formé à notre main. Quand on veut et qu’on est déterminé, apprendre n’est jamais un obstacle.

  • Et vous Les Dizzy Brains, comment avez-vous rencontré Éric ?

Eddy : C’est Christophe David, notre directeur artistique, qui nous a présenté Éric. On était en répèt’ au Kudeta Carlon. C’était en novembre 2015, juste avant de partir pour les Trans Musicales de Rennes.

Mahefa : On venait à peine d’enregistrer notre premier EP. Gilles Lejamble, producteur de Libertalia Music Records, et Christophe David cherchaient quelqu’un pour réaliser la pochette et le CD de notre EP, « Vangy ».

Éric : Je connais Christophe depuis plus de vingt ans. On s’était perdus de vue. Un jour, j’ai croisé Christophe à l’hôtel-restaurant des Artistes, à Tananarive. Après que Christophe m’a expliqué son travail, je lui ai proposé de lui filer un coup de main si jamais il en avait besoin. J’avais du temps libre. J’ai fait ça par curiosité. Sans qu’il soit question de fric. La musique est un milieu pour lequel j’ai peu travaillé. C’est à ce moment-là que Christophe m’a dit qu’il s’occupait d’un petit groupe. « Tu n’as qu’à passer. On en reparle », m’a-t-il dit. Nous nous sommes revus deux jours plus tard. Quand j’ai écouté les Dizzy Brains, j’ai accroché direct !

Poun : Quand Éric nous a vu jouer, il nous a parlé de I Z A H O et nous a proposé de remplacer nos sangles usagées pour partir à Rennes. Il faut dire que nous en avions bien besoin.

Mirana : La façon de travailler de I Z A H O et la vision d’Éric nous ont plu. Éric est un mec cool. I Z A H O, c’est Madagascar. Ça se voit dans son travail. Il y a une vraie ambition pour ça.

  • Éric, faire une seule sangle comme celle de Poun ou de Mahefa, combien de temps cela prend-il ?

Éric : Si on considère vraiment toutes les étapes de travail, pour la sangle de Poun, il faut compter pas loin de douze heures de travail. La sangle de Mahefa demande environ vingt heures. Elle est plus complexe.

  • Les Dizzy Brains, en tant que rockeurs, que vous inspirent l’imagerie et l’esthétique du cuir ?
The Dizzy Brains © Monsieur Eric
The Dizzy Brains © Monsieur Eric

Mahefa : « Moi, J’veux du cuir ! » Tu connais ça ? C’est une chanson. De… Oui, c’est ça : Alain Souchon.

Eddy : Pour moi, le cuir, c’est d’abord un truc qui dure. Ça marque l’homme. C’est un signe de virilité. De force. Je ne porte pas de vêtement en cuir, mais j’aime les accessoires, comme le bracelet que je porte. C’est un cadeau d’Éric, signé I Z A H O.

Poun : Le cuir, c’est rock. I Z A H O, aussi !

Mirana : C’est sexe, aussi. J’ai un « tour de cou » en cuir tressé. Il vient également de l’atelier d’Éric.

Poun : En plus, on bouge beaucoup. On veut des trucs qui soient vrais. Et le cuir, c’est ça.

Mahefa : Avec le cuir de zébu, c’est aussi Madagascar que nous portons avec nous. Sans en avoir l’air. Parce que nos sangles sont d’abord « classe ». Elles nous ressemblent. Elles sont rock avant d’être malgaches. C’est ça qui est bien.

  • Sur quels autres projets avez-vous collaboré avec Éric jusqu’ici ?

Eddy : Éric s’est occupé de notre communication. Il a travaillé avec Christophe David pour réaliser la pochette et le CD de notre premier EP. À partir des photos de notre ami, le photographe Rija Solo.

Mahefa : Éric a également réalisé l’affiche de notre tournée 2016.

Éric : La création de l’affiche s’est faite avec Christophe, au Bretagne, un hôtel-restaurant dans le centre de la capitale. Autour de quelques verres de rhum. On n’avait même pas de papier, ni de stylo. On esquissait le projet avec le doigt sur une des ardoises du restaurant qui vante des cocktails.

L’affiche de la tournée des Dizzy Brains
L’affiche de la tournée des Dizzy Brains par Franco Clerc

Poun : Éric a fait appel à Franco Clerc pour travailler avec lui. Franco est malgache. Mais on ne le connaissait pas. On a découvert que c’est lui, l’auteur de « La fille volée », une BD publiée chez l’Harmattan (NDLR : le tome 2, « Joyeuses retrouvailles », vient de paraître). C’est une belle rencontre.

Eddy : Tout est fait à Mada. Tout sort d’ici. Il y a le niveau. On est fier de voir ça.

Mirana : L’affiche a déjà eu beaucoup de succès. Remarquée comme une des plus belles au Printemps de Bourges. Sur les 500 exemplaires collés durant le festival, la moitié a été arrachée par nos fans ! Aucune n’a été taguée. Ça fait super plaisir !

  • Vous accordez une importance particulière à votre look sur scène ?

Eddy : Bien sûr que c’est important.

Mahefa : On y fait attention, mais on reste simple. On ne se prend pas la tête.

Eddy : Oui, ça dépend de notre inspiration. Des fois, je vais mettre une chemise noire. D’autre fois, un tee-shirt.

Poun : Ce qui compte, c’est de pouvoir se sentir bien quand on monte sur scène.

Mirana : Si on se sent bien, on se sent fort. D’aplomb. Prêt à tout donner.

  • Éric, quel effet cela te fait-il de savoir qu’un groupe montant comme les Dizzy Brains expose une partie de ton travail, notamment sur scène ?

Éric : Ça fait d’abord un effet de surprise. Je ne m’attendais pas vraiment à cette aventure. Je trouve ça amusant. Très motivant. Jamais je n’aurais imaginé. De la même manière, nous avons réalisé un sac photo I Z A H O pour le très célèbre photographe Pierrot Men. Alors, coup de chance ? Opportunisme ? Ce qui compte, c’est de s’ouvrir aux autres, de s’inscrire dans un mouvement, d’avoir des convictions et d’être persévérant. Un proverbe dit qu’avec le temps ou de la patience, l’herbe devient du lait. Tout seul, on n’est rien et on n’arrive à rien. La chance, ce sont les rencontres, le partage. Si tu restes dans ton coin, t’es mort. Quand tu as compris ça, tu as compris beaucoup de choses.

Pierrot Men, photographe de renommée internationale avec un sac photo I Z A H O, tout en cuir de zébu.
Pierrot Men, photographe de renommée internationale avec un sac photo I Z A H O, tout en cuir de zébu.
  • Tu as un homonyme, Éric, et pas des moindres, dans le monde de la musique. Un certain Éric Morand, co-fondateur du label F Communications avec Laurent Garnier. Il serait à l’origine du fameux terme « French touch ». Penses-tu apporter une touche française dans ton travail en territoire malgache ?

Éric : Malgré tout le respect que je dois à mon homonyme, la « French touch », ce n’est pas du tout mon souci, à dire vrai. Je n’ai pas d’ego. Je suis encore moins chauvin. D’autant qu’ici, la French touch, ce n’est pas toujours le meilleur laissez-passer.
Ce qui compte pour moi, c’est de valoriser la terre qui m’accueille en trouvant le moyen d’une inclusion citoyenne et sincère. Laurent partage pleinement ce sentiment. Quand j’étais à la Réunion, où j’ai passé plus de vingt ans, ce qui comptait, c’était d’allier cette culture réunionnaise à la mienne. Ici, c’est ce que j’essaye de faire.

Pour l’instant, ma vie est ici. Depuis des années, je ne lis pas les journaux, je ne regarde pas la télévision. L’information cultive la crainte, la méfiance et la haine. La peur engendre l’égoïsme ; les séries, l’addiction ; le sport et les reality shows, la bêtise et l’illusion de la facilité… Je m’intéresse plutôt à l’environnement qui m’entoure. Avec Laurent, nous essayons juste d’apporter notre contribution d’une manière qui soit équitable et profitable à tous. Chacun amène son vécu, partage son expérience. Je m’enrichis de celle des autres pour qu’elle se métisse, comme le sont mes enfants. Nous sommes des habitants de la terre.

  • Et vous les Dizzy, trouvez-vous qu’il y a une « French touch » dans le travail d’Éric ? Vous avez récemment repris « Les Cactus » de Jacques Dutronc ; c’est un peu votre clin d’œil à la France, non ?

Eddy : C’est vrai que nous avons été bercés par la chanson française. L’empreinte laissée par la colonisation est encore très forte à Madagascar. Il n’empêche que nous sommes ouverts à beaucoup d’autres choses. Nous ne sommes pas un groupe malgache. Ce n’est pas le propos. Bien que Malgaches, nous sommes avant tout un groupe de rock. On pense rock. On joue du rock. Notre vie est rock’n’roll.

Mahefa : I Z A H O, c’est Malgache. Ça veut dire « Moi ». Ce qui compte, ce n’est pas de faire malgache, mais d’être capable de faire aussi bien que d’autres. D’avoir cette ambition. Avec humilité, mais sans complexe. À notre manière. Pour nous, I Z A H O, c’est exactement pareil. Et c’est ça qui nous plaît.

Mirana : Ce n’est pas parce que c’est bien que c’est français. C’est ce qu’on aime, avec le travail d’Éric et de son équipe. Cette façon de marier les cuirs, de mélanger nos cultures.

Poun : Après les Trans Musicales, Éric a refait nos sangles pour qu’elles soient plus adaptées à notre taille, à notre jeu. Il a re-designé la mienne. Elle est toute en boa. C’est mortel ! Bien rock.

Mahefa : Nous sommes ce que nous sommes. Et ce qui importe, c’est ce que nous réussissons à faire tous ensemble.

  • Comment imaginez-vous la suite de votre collaboration ?

Éric : Ce n’est pas vraiment à moi qu’il faut poser cette question. Si tu fais allusion à la communication, connaissant Christophe David, je sais qu’il est fidèle et qu’il dirait sans doute qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Mais en tant que producteur, c’est Gilles Lejamble qui décidera en fonction de l’évolution des choses. Je viens de refaire l’identité visuelle de Libertalia Music Record. C’est plutôt bon signe.

Eddy : J’ai commandé un bijou à Éric. Une médaille. Parce que I Z A H O va également se lancer sur le marché du bijou. J’ai envie de porter cette médaille dans tous nos concerts. Elle sera unique. Éric l’a conçue avec moi. Une alliance de cuir et d’argent. Éric est à la recherche d’un artisan pour ce projet.

Mirana : J’ai demandé à Éric de me faire un sac pour mes baguettes. Éric doit me l’apporter pour notre concert à Paris, le 17 juin prochain.

Eddy : J’ai également envie de me faire une ceinture en boa blanc, avec un intérieur en nubuck. Comme celle que porte Éric. J’ai envie d’avoir ça pour nos concerts. Le 17 juin, ce n’est pas Monsieur Éric (comme on l’appelle ici) qui va nous rejoindre, mais le père Noël ! (rires).

Poun : Bravo Monsieur Éric ! Bravo I Z A H O.

Éric : Misaotra tompoko (merci beaucoup) !

Pour rappel, les sangles en cuir de Mahefa et Poun de The Dizzy Brains sont à gagner en exclusivité sur indiemusic jusqu’au 25 mai prochain !


Retrouvez l’atelier IZAHO sur :
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