[Live] Les iNOUïS du Printemps de Bourges au Chabada

Vendredi 7 février au Chabada avaient lieu les auditions régionales pour les Pays de la Loire dans le cadre des iNOUïS du Printemps de Bourges.
Pour chacun des six groupes en lice, 30 minutes seront accordées pour convaincre le jury et par la même occasion le public. Un défi de taille pour les groupes : celui de concentrer l’intensité et l’efficacité de leur set dans ce laps de temps.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Partagée entre curiosité et désir de retrouvailles, cette soirée était pour nous l’occasion de découvrir certains projets comme de faire le point sur l’évolution scénique des autres. Tiré à la courte paille, et parfois adapté en fonction des impératifs des projets, – Jonathan, chanteur de Le Feu présentait un spectacle de danse sur Rennes à 20h le soir même -, le hasard ou non conduira la nantaise Mood et sa troupe de musiciens à ouvrir le bal.


Mood alias Maude Trutet, sa voix et son harmonium tenteront la bascule d’occident en orient.
Si l’on ressent la passion des cinq musiciens sur scène pour les musiques d’Inde et d’Asie, qu’il est difficile d’entrer instinctivement en communion avec le projet. Non pas que l’esprit de découverte ne se prête pas à ce type d’événement, mais notre proximité restreinte envers ces langues et influences (hindi, arabe, français miroir – invention de Maude -) ont de quoi surprendre aux premiers abords, avant de susciter la curiosité du spectateur.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Un projet à part qui véhicule pourtant une sincère envie d’ailleurs. Un univers profondément singulier et créatif, à mille lieux d’un spectacle déjà vu, déjà entendu, où se rencontrent la danse, la musique orientale et l’imaginaire individuel.


Place à VedeTT.
Plus en forme que jamais, le quatuor angevin emmené par son sympathique chanteur barbu galvanise les premiers rangs à base d’un électro pop profondément entraînant.
Ray Ban sur le nez, cheveux balancés en arrière, Nerlov saisit sa basse et l’opportunité d’une place sur la scène Inouïs du Printemps de Bourges, multipliant les poses devant le micro à l’aise sur ses textes en français comme en anglais. De la confiance à l’assurance, il n’y a qu’un pas de danse !

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Malgré un jeu de scène efficace, on regrettera l’imposante présence du chanteur sur le devant de la scène, concentrant la quasi totalité des regards sur sa prestation, sans partage avec ses trois compagnons : Nicolas à la guitare, Laurent derrière ses machines et Simon derrière les futs. Un set qui n’en reste pas moins particulièrement maitrisé aujourd’hui, mais attention à l’excès de zèle !


De la fraîcheur et de la tendresse ! La belle métisse i.s.l.a arrive sur la grande scène du Chabada, tout sourire et ukulélé au poing, bien décidée à prendre en main son projet solo devenu groupe.
Baptême du feu pour ses musiciens aussi appliqués que doués, contribuant activement à sublimer la très douce et chaleureuse voix de sa chanteuse.
À travers un élan de sympathie irréfutable, la Nantaise offrira un concert emprunt de sincérité et d’autant de sensibilité sur un pop-folk tendre et mélodieux.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Si son mélange de bons sentiments, parfois naïfs, échangé entre les refrains en fera rire certains dans l’assemblée, on pense quant à nous beaucoup de bien de cette jeune musicienne qui ne mérite que sympathie et bienveillance en retour.
Un joli brin de voix, de belles mélodies, si le catalogue s’étoffe, nul doute qu’elle gravira tranquillement les échelons de la pop.


Du côté de Faune, rien de bien sauvage ni de bien transcendant ! On aurait aimé pourtant.
On y croyait d’ailleurs à l’écoute de leur très singulier EP sorti en début de mois. Cette envie d’être transporté par leur pop qui se dit « dans les nuages ».

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Il n’en sera, presque, rien. Les trois musiciens font face à la scène avec austérité : basse, guitare-chant, batterie, sous des lumières aussi tamisées que leur son est tapis.
Tout au long du set, la folie est mollassonne, l’ivresse absente, on passe d’un titre à l’autre sans vibration jusqu’à ce que nos trois musiciens daignent dévoiler leur titre final, l’entrainant « De guingois ». Quel dommage !


À l’inverse, l’attendu Thylacine aura su réveiller les esprits avec son electronica accrocheur et pertinent.
Un set au rythme des faisceaux lumineux et des rétroprojections de sa complice VJ (comprenez vidéo-jockey) Lætitia Bely.
C’est d’ailleurs du fond de la salle qu’on profite au mieux du spectacle, où les animations visuelles s’affichent sur deux plans, devant le musicien et ses machines, et derrière lui sur une grande toile étirée rien que pour l’occasion.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Côté set, William Rezé se présentera en solo (comprenez sans Camille, sa partenaire des débuts) sa playlist constituée de valeurs sûres, avec ses récentes compositions « Berlingot », « Antidote » et « Pleasure », sans oublier ses efficaces remix d’Alt-J (Tesselate) et de Blue Box (Loop) tellement réappropriés qu’ils en sont devenus ses propres hits. Décidément, Thylacine est en passe de devenir l’une des figures de l’électro nationale.


Enfin, Le Feu ferme la soirée avec un set bien en place, fidèle à l’imagerie sonore folle et aventureuse de son premier EP sorti en septembre dernier.
Le duo vocal formé par Jonathan Seilman aux claviers et Vanille Fiaux a un certain charme. Comme deux amants échangeant leurs mots à distance. On pensera en les écoutant à la fantaisie d’un Dionysos ayant opté pour l’anglais. Poétique et vivant.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Si trente minutes n’ont pas permis d’entrer complètement dans l’univers du tout neuf projet nantais, on retiendra ce final puissant joué avec fougue par Antoine Bellanger derrière ses machines et Vincent Dupas à la basse. Un final des grands soirs et une belle démonstration du potentiel de feu de Le Feu. Sans artifices !


En une soirée (parfois un peu longue) et près de trois heures de concerts, on a pu aller d’heureuses surprises en déceptions, tout en appréciant la belle évolution de certains projets locaux à suivre plus que jamais !
La prochaine aventure s’écrira pour le ou les heureux lauréats au Printemps de Bourges en avril prochain. Affaire à suivre !


Plus d’infos sur les iNOUïS du Printemps de Bourges :
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