[Interview] I Am Un Chien !! au Printemps de Bourges 2015

Il est des groupes que l’on suit depuis leur genèse et que l’on aime rencontrer régulièrement pour prendre des nouvelles et s’enquérir de leur actualité sans chercher à se prendre la tête. Un peu comme des amis lointains dont on n’a plus de nouvelles depuis un bon moment et que l’on savoure de retrouver pour se raconter le bon vieux temps ou quelques blagounettes.
Parce qu’au final, là où des mectons comme I Am Un Chien !! donnent tout et le meilleur d’eux-mêmes reste le live, la confrontation avec le public, la fureur vive des instruments, les slams dans la foule hirsute et les ronds entrelacés des bouches restées bées, balayées par des cheveux trempés et défrisés.
Et que le reste de leur énergie est investi dans des vidéos home-made à faire pâlir les plus grands réals de clips qui, de toute façon, ne se comptent que sur les doigts d’une main.
Une main à trois doigts pour les I Am Un Chien !!, avec un majeur bien pointé en l’air pour ces adeptes du DIY qui aiment nous balancer leurs titres comme des (c)roquettes.

crédit : Lucie Rimey Meille
crédit : Lucie Rimey Meille
  • Salut les I Am Un Chien !!, on est super content de vous retrouver sur indiemusic et à Bourges sur la scène Pression Live. Vous êtes tous bien là ?

I Am Un Chien : Oui oui ! Moi c’est Douglas et je suis à la guitare, lui c’est Raphaël et il fait les claviers et enfin, on a David qui fait la voix !

  • Et les mouvements de tête… très importants (rires). La dernière fois qu’on s’est croisé, c’était au Social Club, fin 2013 (voir article). Que s’est-il passé de beau depuis ?

David : on a sorti un EP qui s’appelle « Humanity », on a fait plein de concerts, on a été en studio avant de faire le dernier EP où on a enregistré une quinzaine de morceaux dans l’optique de faire un album et plusieurs EPs. On a aussi un nouveau live, dans le sens où on a retravaillé le son et la scéno lumières. Beaucoup de travail, surtout le live donc depuis deux ans.

Douglas : Et on a quand même sorti quatre clips pour « Humanity » (« Humanity », « Do it »avec DJ Pone, « Pure », et « Come Back » avec José), ainsi qu’une mixtape.

  • C’est vachement votre came les clips vidéo, vous y allouez du temps et y mettez beaucoup d’énergie. Est-ce un désir caché de faire du cinéma, de vous mettre en avant ? Quel est ce rapport exact avec la vidéo ?

Douglas : En fait, David et moi réalisons la plupart des clips de IAUC. On s’est connu en fac de cinéma. On a toujours été réalisateurs, c’est comme un deuxième métier, une deuxième casquette.

David : On en profite ! On prend souvent notre temps pour faire nos clips, car c’est aussi cela, la force du groupe : pouvoir faire de belles vidéos par nous-mêmes, à zéro euro. C’est aussi ce qui nous a fait connaître avec le titre « Hologram » et c’est également une chose que les gens apprécient chez nous. À chaque fois que l’on sort un nouveau clip, il est vraiment différent, on essaye de surprendre tout le temps. Dans « Come Back », c’est de la SF et nous ne sommes pas dedans… Le prochain est hyyyper violent, on ne sait pas encore comment il va être amené. Un nouveau concept très long à faire et cela risque d’être énorme… si on arrive à le faire (rires).

  • C’est frappant comme vous pouvez être très reposés et très relax devant nous en ce moment et être à la fois Nagasaki et Hiroshima sur scène, prêts à tout faire péter ! D’où tirez-vous cette puissance de jeu de scène et de riffs ?

Douglas : Hmmm, c’est très spontané. Je suis sans doute le plus « calme », le plus réservé, mais sur scène, cela va directement avec la musique. Dès qu’on monte sur le plateau, dès les premières notes, ça me transporte et après, c’est la guerre !

Raphaël : On se fait plaisir autant que l’on fait plaisir aux gens. On aime ce qu’on fait, c’est naturel parce qu’on a toujours été un peu bourrin, on aime la musique « couillue ». Avant, on était dans la fosse et on secouait nos têtes de la même manière devant les groupes, et aujourd’hui on a la chance de le faire sur scène. On kiffe, on kiffe faire kiffer les gens.

I Am Un Chien par Fred Lombard

  • Et à la maison, en studio, dans quelle ambiance vous composez, comment cela se passe-t-il entre vous trois ?

Douglas : On commence souvent chacun de notre côté avec des riffs, même sans structure, puis on s’échange des emails. Soit c’est moi qui commence et David rajoute sa patte, ou l’inverse. On se retrouve ensuite dans la cave de David où il a un home-studio et on finit tous ensemble.

  • Et José (NDA : frère de David et leader de Stuck in the Sound et SARH), c’est juste celui qui passe de temps en temps vous faire un petit coucou ou alors c’est le quatrième membre fantôme du groupe ?

David : On peut dire que c’est le quatrième membre car il a participé pratiquement à tous les morceaux, et dans l’ombre. Il donne son avis, ce qui compte beaucoup car il est là depuis le début avec la team de Stuck. Ils nous ont aidés à nous frayer un chemin vers la scène en nous faisant faire leurs premières parties. Aujourd’hui, José figure sur deux titres de l’EP. Idem pour DJ Pone. C’est parti de José, avec qui il bosse sur SARH. On a fait le featuring avec lui grâce à lui. Et puis sans oublier tous les potes… C’est une grosse famille !

  • Sur scène justement, vu votre line-up singulier (NDA : voix-guitare-claviers), vous voudriez ouvrir votre famille vers quel type de groupe ?

Douglas : Notre genre de musique est particulier et c’est justement compliqué de trouver en France d’autres groupes avec le même délire musical (à part peut-être Kap Bambino), ou alors en Angleterre, en Allemagne ou aux US. Cela reste très timide en France…

Raphaël : Ce serait bien de tourner avec Nine Inch Nails ou Prodigy. Mais quand on est avec des groupes de rock, cela se passe très très bien aussi (rires). Même la scène metal, pourquoi pas, on n’a jamais essayé ! Il y a de plus un revival du rock dur, cela fait du bien.

  • Ah ah, peut-être un Hellfest ? Ce ne serait pas totalement déconnant pour vous ?

David : Alors moi je connais pas du tout ce truc-là, j’ai peur qu’on n’ait rien à faire là-dedans, non ?

Douglas : Il y a peut-être deux ou trois titres qu’on ne jouerait pas, mais on serait carrément programmable là-bas.

Raphaël : Ou peut-être pour un after !

  • Et I Am Un Chien !! à l’étranger, qu’est-ce que cela donne ?

David : On a tourné à l’étranger il y a quelques années. Là maintenant, un peu moins, car on s’est vachement recentré sur la France. En tout cas, il y avait beaucoup d’écoute. On a joué à Moscou et c’était blindé. On a fait la Hongrie aussi, l’Allemagne c’était superbe, l’Angleterre c’était très cool, la Belgique et la Suisse où on va souvent… Moi, je retournerai bien jouer dans les pays de l’Est car je trouve cela hyper intéressant. Ça leur parle, ils ont ça dans le sang. Ils ont cette culture-là, ils comprennent notre son. Il y a beaucoup de gens qui n’aiment pas le hard rock ou le metal mais qui kiffent IAUC parce qu’en live, il se passe vraiment quelque chose.

Douglas : Les US, c’était bien, c’est encore autre chose. Et puis l’Asie aussi, on y a une carte à jouer…

  • Ça aide peut-être d’ailleurs d’avoir un nom franco-anglais (ou l’inverse) ?

Douglas : Ça fait un peu blague, le nom du groupe, cela se retient bien. Ça suscite la curiosité. Clairement, ce nom aide !

crédit : Fred Lombard x IAUC
crédit : Fred Lombard x IAUC
  • Qui a trouvé ce nom au fait ?

David : C’est Doug et moi ! J’étais dans le métro, je marchais, je l’ai appelé. On avait maté chez moi le live des Pixies aux Eurockéennes de Belfort, que j’avais acheté. On avait vu Franck Black qui chantait « Debaser » et on se disait : « Putain de merde, il dit I Am Un Chien !! » On ne comprenait pas, on n’écoutait que les Pixies tous les jours et on n’avait pas compris qu’il disait « I Am un chien Andalusia ». Le lendemain, je l’ai rappelé et je lui ai dit : Viens, on forme un projet électro, on met nos têtes, on s’appelle I Am Un Chien avec deux points d’exclamation pour la blague…Ça a cartonné direct sur MySpace. Sans ce DVD, on se serait peut-être appelé Boutarde !

Raphaël : Il y avait pas aussi une piste avec Tokyo, euhhh… ?

David : (rires) Ah non, vaux mieux pas en parler !

  • Et là, après Bourges, vous embarquez pour les festivals d’été ?

Raphaël : On va à Cluses, on va ensuite un jour à la plage gracieusement payé par notre tourneur (rires).

  • … la plage de Cluses ?

Raphaël : Euh non, celle de Biscarrosse, où on jouera ensuite. Puis après Bordeaux, Grenoble avec DJ Pone…

  • Il vous rejoint souvent sur scène ?

David : (rires) Ah non, c’est à la carte, quand il en a envie ! Des fois même, il annule comme ça (clin d’œil)… Sur des gros festoches ou à la rentrée, on fera peut-être la surprise avec un batteur. Mais on se sent bien à trois ; si on met un batteur, il faudra que ce soit quelque chose de très « fat », que tu mets derrière, de dos, à l’ancienne, à la Rage (NDA : Against The Machine) ! Ce serait tellement la classe… Prodigy l’a fait aussi.

  • Et avant tout ça ?

David : On sort un nouveau single fin mai. Un titre très violent, un retour à l’ancienne très punk, avec un autre nouveau clip qui comportera une surprise. Faudra peut-être faire un petit truc à Paname dans une petite salle de 200 personnes, genre l’Espace B. Espace B, si tu nous entends !
En tout cas, merci les gars et donc à très vite sur scène et en vidéo !


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Nicolas Nithart

grand voyageur au cœur de la musique depuis plus de 20 ans