[Interview] Hyphen Hyphen

Les quatre de Hyphen Hyphen ont bonne mine. Il faut dire qu’ils rentrent des Canaries pour le tournage de leur dernier clip hype et mystique, « Just Need Your Love ».
Leurs « peintures de guerre » prenant une nouvelle dimension, quelques coups de soleil sur des bandes scotchées puis décollées ayant eu raison de leurs maquillages et signes graphiques, voire cabalistiques, de ralliement.

crédit : Nicolas Nithart
crédit : Nicolas Nithart
  • Salut Hyphen Hyphen. On garde un souvenir indélébile de votre passage à Rock en Seine il y a deux étés ; que s’est-il passé depuis ?

La tournée a vachement continué, partout en France, quelque chose comme deux cents dates, et ensuite on s’est posé une année (en 2014) pour composer le nouvel album, « Times », dont la sortie est prévue le 18 septembre 2015.

  • Vous détenez quasiment un record avec autant de dates en une année, qui plus est avant la sortie d’un album… Vous n’avez pas eu envie ou besoin de vous poser un peu avant de partir en studio ?

Quand la tournée s’est terminée, ce nouveau challenge était tellement excitant qu’on n’a pas vraiment ressenti le besoin de se poser. On s‘est reposé individuellement, de manière personnelle, avec un peu une mise en recul par rapport à la musique. On a eu la chance de signer avec Parlophone tout de suite après cette tournée, donc on s’y est remis dans la foulée.

  • Justement, quel a été le point de départ, de reprise ? Un morceau en particulier, quelque chose auquel vous vous êtes raccrochés ?

C’était particulier parce qu’on avait besoin de ce recul, de s’enrichir de culture ou de musique en général pour essayer de proposer quelque chose. On était juste fatigué de l’électro, de toute cette masse de musique froide qui délaissait complètement l’harmonie, de tout ce côté fashion…

  • Qu’entendez-vous par « fashion »?

De la musique périssable, en fait. Qui vise vraiment la mode du moment, qui est éphémère. Comme dans la mode où tu as une fashion week tous les trois mois. On pouvait rester fashion et sortir des singles tout le temps pour être tendance sans arrêt, ou on essayait de créer notre musique et de trouver un son, avec un album à caractère intemporel. Ce qui nous correspondait plus dans l’idée de créer de grandes chansons avec tout ce qu’on aime dans les émotions les plus fortes.

  • Anti-fashion… heu… et cette publicité pour une grande marque de fringues qui commence par un H et finit par un M ?…

Écoute, quand tu as une des plus grandes marques de fringues au monde qui te propose de faire sa pub, je pense que cela aurait été bête stratégiquement de la part d’un groupe indie qui, à l’époque, était encore inconnu au bataillon, de ne pas vouloir faire le tour du monde de tous les magasins. En plus, cela a été une super expérience, car cela nous a permis de voir le monde de la mode pour la première fois, de faire un shooting pour une pub mondiale. D’autant plus qu’on vise vraiment le fait de s’exporter, on ne crache pas du tout sur ce genre d’opération. Au contraire ! Pareil si on se retrouve sur une synchro de pub… des outils trop beaux à refuser…

  • D’autant plus que la pub était super et que tous les fans d’Hyphen Hyphen s’y sont bien retrouvés !

De même, on n’a absolument pas renié l’esthétique. Ils nous ont demandé de faire cette campagne justement pour apporter la nôtre et créer quelque chose dans la leur. À un niveau mondial.

  • Justement, vous vous situez comment en dehors de la scène française ?

On est encore des bébés : notre album n’est pas encore sorti, les deux EPs étaient pour nous des essais, et pas de réelles prises de parole. Ça nous a permis d’apprendre le métier et de faire les deux cents dates. Pour nous, le début du groupe, c’est maintenant.

  • Y a-t-il des endroits sur lesquels vous fantasmez ?

Tout ce qui se rapproche des États-Unis ; mais aussi l’Europe, avec notamment l’Allemagne. On a fait trois dates en Angleterre, on a joué à Montréal aussi, en Belgique, à La Réunion au festival Sakifo… Pas mal de pays francophones.

crédit : Fanny Schilchter
crédit : Fanny Schilchter
  • Comment avez-vous senti la scène londonienne ? Comment avez-vous vous-même réagi ?

C’était absolument génial. On s’attendait à ce que cela soit assez critique ; on savait qu’ils étaient très durs et aussi patriotes par rapport à leur musique. Ça s’est hyper bien passé, les gens étaient très réceptifs. Et ça a été encore plus flagrant au Canada, où on a ressenti que le public avait bien plus les mêmes références et comprenait où on voulait en venir. Durant nos deux cents dates en France, on n’écoutait d’ailleurs que de la musique anglaise ou américaine… En fait, on n‘a jamais eu de mauvaise expérience sur scène. Ce qui rentre aussi dans notre optique, lorsqu’on monte sur scène, c’est qu’on veut absolument conquérir les gens. Ça passe par beaucoup d’énergie : un échange se crée, qu’il soit bon ou hystérique. Il se passe toujours quelque chose.

  • L’album a de nouvelles sonorités, de nouvelles intentions. Le ressent-on aussi sur scène ?

L’intégralité du set, c’est l’album. On s’est entraîné lors de la tournée Ricard SA Live, dans les plus grandes salles de France. Ce qui était hyper agréable, c’est que c’était toujours plein à craquer et qu’on a pu tester enfin nos nouveaux morceaux pour la première fois, sans que le public les ait entendus. On revenait dans le contexte du tout début. Et puis, on avait ce sentiment de tout recommencer, car c’est une musique qui ne joue pas sur les mêmes émotions.
Avec une efficacité à d’autres endroits, plus précise, moins hystérique – ce qui peut sonner un peu négatif. On veut être moins dans le 100% tout le temps…

  • Vous qui attachez toujours autant d’importance à votre univers graphique, à commencer par vos tenues de scène et vos peintures, qui sont un peu votre marque de fabrique depuis le début et que les fans s’approprient dans tous les concerts, y a-t-il des choses qui vont aussi arriver en vidéo ?

Oui, notamment dans notre dernier clip, « Need Your Love », tourné il n’y a pas très longtemps aux Canaries…

  • Les pauvres… Un endroit que l’on vous a imposé ? (rires)

Depuis qu’on a signé chez Parlophone, on n’a jamais été aussi libres. On a fait les pochettes des derniers singles, on fait celle de l’album, on ajuste les tenues et on peut travailler avec des stylistes et les faire coudre sur mesure.
On a tout une équipe derrière nous. Même pour l’album, on ne nous a pas imposé de réalisateur. On nous a laissé produire à quatre notre disque sans que personne ne nous dise quoi que ce soit. On nous a donné des avis, ce qui était super agréable, car on était un peu perdu à un moment. On a pu créer notre musique et c’était une très belle expérience.

  • Vous maîtrisez donc tout à 100% et vous sentez bien dans votre univers…

Ah oui, complètement. Pour revenir au clip, on en a écrit une partie, on a décidé du scénario et du lieu ensemble. On voulait un endroit désertique, maritime et volcanique, et Parlophone nous a trouvé une île à vingt minutes où tu as tous les paysages différents du monde… C’est super réactif et agréable.

« Times » de Hyphen Hyphen, sortie prévue le 18 septembre 2015 chez Parlophone.


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Nicolas Nithart

grand voyageur au cœur de la musique depuis plus de 20 ans