[Clip] Hôtel Oskar – Les Lames

Faisant de nous les observateurs d’une vie qui s’achève et des réminiscences qu’elle inspire, Hôtel Oskar crée un exemple frappant et émouvant de ce que l’art français sait faire de mieux, tant qu’il respecte les hommes et leurs épreuves. « Les Lames » est une expérience dure, bouleversante et profonde.

La vieillesse. Ses souvenirs. Ses regrets. Ses émerveillements éphémères doublés d’une solitude omniprésente, mais contre laquelle il est impossible d’agir. Faut-il payer ses erreurs ? Faut-il se repentir ? La question habite les premières minutes de « Les Lames », court-métrage d’une exceptionnelle intensité de Hôtel Oskar. Un vieil homme avance, le regard perdu, dans une lande déserte. Peu avant, les détails de l’isolement nous auront frappés en plein visage : un souvenir d’enfance sur pellicule, un papillon cherchant à travers une vitre terne, une paire de chaussures nonchalamment abandonnée… « Des siècles durant, ici les âmes ont sombré. » Ces visages et dessins qui font un cadre, un monde intime rappelant l’échec ou l’absence.

Alors, que reste-t-il ? Comment survivre ? Il faut créer. Le vieillard se métamorphose en peintre des anecdotes visuelles qui le hantent, les expriment en appliquant violemment son pinceau sur la toile. Le noir et blanc du quotidien exige la couleur de ces flashbacks qui obsèdent notre héros : les fantômes du passé, symbolisés par les splendides claviers réchauffant l’être malmené entre le désespoir et l’inspiration. Ce chemin de croix, magnifiquement et humblement mis en scène par Mélissa Froger (dont la sensibilité apporte une valeur primordiale à la chanson elle-même), pourrait être le nôtre, alors que nous sommes face à nos choix, à nos décisions. Ce promeneur, c’est nous, compositeurs, écrivains, êtres humains en quête de pardon et d’échange ; « Le fil à trancher dans cette guerre sans armée. » Celui qui nous maintient en pleine possession de nos moyens, à nos risques et périls. Mais également, celui de la rédemption. La maturité peut être si cruelle, parfois : une source intarissable de larmes, que Hôtel Oskar fait perler dans nos yeux face à cette réalité aussi poétique que concret. Un clip juste et attachant, dont on ne ressort pas indemne.


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