De retour avec un album mature et dynamique, Honeyblood orne son rock de mélodies immédiatement prenantes et entêtantes. Un style que les deux femmes maîtrisent dorénavant à la perfection mais qui ne cesse de prouver l’évolution constante du projet dans sa quête de la chanson parfaite, à la fois entraînante et passionnée.

Déjà à l’œuvre sur un premier LP éponyme sorti il y a deux ans, le duo écossais Honeyblood (alias Stina Marie Claire Tweeddale et Cat Myers) remet le couvert avec un disque au titre fortement évocateur de la voie qu’elles ont choisie. « Babes Never Die », ou la preuve par le rock déchaîné et entraînant que nos deux héroïnes portent tout au long de douze pistes sulfureuses, véritables montagnes russes puissantes et bruitistes, sans jamais oublier d’harmoniser le tout avec des vocaux d’une beauté et d’une motivation profondes et versatiles. Entre rébellion face au star system et envie non négligeable d’en faire partie, sans pour autant jamais vendre leur âme au diable, nos deux artistes laissent hurler guitares et rythmiques dans un ensemble cohérent et radical. Un disque taillé pour les radios ? Pas seulement, même si cet aspect semble inéluctable.
Entre une intro annonçant la tornade et une outro l’apaisant tout en ouvrant la musique des Écossaises vers d’autres horizons, « Babes Never Die » déverse son venin brûlant dans nos veines à grands coups de six cordes et de batteries martelées avec autant de soin que d’envie d’exulter. le titre éponyme s’enjoint ainsi, plus loin dans le disque, les services (et sévices) du redoutable « Sea Hearts » ou du non moins déluré et intériorisé « Sister Wolf », résumant à lui seul une démarche créatrice basée sur l’alternance entre le déchaînement et la contenance de sentiments pourtant prêts à jaillir. Apaisant le fil de ses pensées avec le fabuleux « Love Is A Disease », confession intime en forme de complainte au bord du précipice, Honeyblood se fait pop à travers l’inattendu « Walking At Midnight » ou folk avec « Hey, Stellar » avant de mieux retrouver sa fouge grâce à « Gangs », sachant pertinemment que ses choix artistiques solitaires et bienveillants en déstabiliseront plus d’un. Mais prouveront à eux seuls tout le talent et la volonté de remise en question existentielle d’un projet qui ne se lasse jamais de nous mener hors des sentiers battus.
Que retenir de ce « Babes Never Die » ? Tout simplement l’envie, de la part de nos deux compositrices, de ne pas se reposer sur une recette ayant fait leur succès (amplement mérité) ; mais, au contraire, d’explorer de nouvelles voies, quitte à mettre de l’eau dans leur vin afin de parvenir à inspirer à l’auditeur un sentiment d’égarement et de confort, tous deux compatibles grâce au talent inné du duo à engendrer des pistes foudroyantes puis sensitives et sensuelles. Le spleen et la colère dans quarante minutes sonores inoubliables et jamais répétitives ; nul doute qu’il faudra beaucoup de temps à certain pour se familiariser avec cette nouvelle approche, mais l’opus prouve que Honeyblood est définitivement impossible à classer ; ce qui le rend, viscéralement, attachant et attirant. Et au vu de la qualité du résultat, on sait d’ores et déjà qu’on signe avec elles pour très longtemps encore !

« Babes Never Die » de Honeyblood est disponible depuis le 4 novembre 2016 chez FatCat Records.
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