[LP] Holy Esque – At Hope’s Ravine

L’un des disques les plus marquants et puissants de 2016, même si l’année n’en est qu’à ses balbutiements. Avec « At Hope’s Ravine », Holy Esque frappe un grand coup et prouve qu’il est l’un des groupes les plus attachants du rock actuel, sinon le plus important.

Holy Esque - At Hope's Ravine

Une marque au fer rouge, qui brûle la peau et l’âme. Une tempête orageuse qui s’abat sans crier gare, déverse ses torrents musicaux implacables et percutants pour bouleverser toutes les idées reçues sur le rock des années 2000. Il peut arriver que l’on aime un disque au fur et à mesure des écoutes ; pour « At Hope’s Ravine », l’album tant attendu des Écossais de Holy Esque, c’est le contraire qui se produit. On le vénère dès les premières mesures, on adore même, et on se soumet sans hésitation à ce monument sonore dont les déflagrations laissent sans voix, déstabilisent et percutent comme le plus violent des chocs. Tout en gardant un sens de la mélodie hors du commun, pernicieux et intrusif, qui captive et prend aux tripes, transpire la générosité et l’intelligence, l’envie d’aller au bout de l’effort et de la sueur. Entre ténèbres et éclat, le LP transcende les genres et devient le tourbillon essentiel à toute volonté de découvrir de nouvelles sensations fortes.

Le disque déroule ses prouesses harmoniques avec une facilité aussi impressionnante que son contenu intrinsèque. Le noir côtoie le blanc dans un mélange à la fois colérique et mélancolique, tranchant radicalement avec la production actuelle. On reprochera certainement au groupe de lorgner vers certaines influences 80’s ; disons-le tout net, ce serait aussi stupide que réducteur. Car, comment ne pas admirer la puissance du spleen inhérent à « Prism », la beauté ébène des murmures de « Strange » ou la folie sous-jacente de ce marquant exutoire qu’est « Hexx » (et dont le clip est un moment cinématographique majeur) ? Holy Esque enchaîne les perles harmoniques, ralentissant parfois le rythme pour le rendre encore plus pesant (« Covenant ( Ill) », « Doll House ») ou, au contraire, lâchant les cavaliers d’une apocalypse enfin réelle (« Silences »). À ce titre, le premier extrait de ce monolithe artistique semble être le plus commercial, passage obligé pour plonger dans les méandres d’un effort surhumain et courant dans nos veines, éternel et essentiel.

Achevant l’auditeur avec un spleen aussi fougueux et nécessaire que radical et imposant, la piste éponyme devient un moment de bravoure se suffisant à lui-même et résumant la perfection incontestable de cet album aux saveurs multiples. Alternant une voix écorchée et merveilleuse avec des nappes de synthés en complète saturation, des rythmiques complexes et immersives et des guitares et lignes de basse allant droit au but, Holy Esque ne fait pas qu’interpréter : il vit, se consume pour son sujet et le pousse bien au-delà de ses limites, dans des territoires pourtant à portée de main mais précédemment inexplorés. « At Hope’s Ravine » est un chef-d’œuvre, sans concession et ultime, qui ne peut laisser personne indifférent. Une merveille de créativité et de pulsions dantesques, de tristesse qui devient colère, de rébellion et de révélation.

crédit : Ronan Park
crédit : Ronan Park

Un premier essai qui va droit au but et au cœur ; certainement l’expérience la plus touchante et abrasive de l’année. Holy Esque n’a pas fini de faire parler de lui.

« At Hope’s Ravine » de Holy Esque est disponible depuis le 26 février 2016 chez Beyond The Frequency et Believe.


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