[Live] HMLTD au Point Éphémère

Après des passages remarqués dans les festivals britanniques et français, la formation de Londres est venue livrer une performance délirante sur la scène Point Éphémère. L’occasion de découvrir en avant-première les titres glam et punk d’un album qui se fait attendre.

crédit : J. Brody

De son ancien (et vrai) nom Happy Meal Limited – jusqu’à ce qu’une célèbre chaîne de fast-food ne lui colle ses avocats sur le dos – la formation de Londres est en train de retourner la scène rock UK avec ses concerts tarés. Et la confirmation ne s’est pas faite attendre à Paris, avec une soirée à guichets fermés à l’allure d’un opéra-rock décalé. Les six artistes du projet venus se produire devant le public du Point Éphémère ont en effet des influences aussi éparses que leurs nationalités, puisqu’ils sont trois Français, deux Anglais et un Grec. C’est ainsi réunis dans la capitale anglaise qu’ils ont créé leur son schizophrène, une forme de patchwork à l’esthétique à la fois punk, glam et queer. Une identité musicale visible dès l’entrée sur scène du groupe, avec son maquillage androgyne et ses tenues beiges un brin dandy ou en vinyle rouge. Au centre du spectacle se tient Henry Spychalski, chanteur aux expressions presque animales, cheveux bleus coiffés en arrière, et à la voix presque démoniaque.

Si l’exubérance visuelle emmène le projet à la limite du too much – une façon d’assumer le fait de susciter autant d’admiration que de dégoût de la part de ceux qui le découvrent -, ses sonorités débridées se suffisent largement à elles-mêmes pour convaincre les curieux présents. D’autres, déjà fanatisés, sont venus mener quelques pogos aux sons des tubes « Music ! » ou « Is This What You Wanted », en reprenant exactement le même code vestimentaire que ces futures icônes de l’indie rock.

Avec deux EPs d’une poignée de titres sortis jusqu’à présent, HMLTD a pourtant encore un bout de chemin à parcourir avant de défendre son premier long-format. Mais, déjà, les nouveaux morceaux incrustés sur la setlist semblent confirmer toutes les attentes. Le sextuor nous prépare ainsi d’autres délires promettant un disque chaotique, à l’image de ceux que nous avons pu découvrir tels que le brutal « Apple Of My Eye » ou le très glam « Proxy Love », même si la palme de l’absurdité revient plutôt au bien-nommé « Choo Choo The Train ». Les transitions sont parfois tentées en français – « Le prochain chanson s’appelle… » (sic) -, tandis que Henry Spychalski décide de poursuivre le show torse poil, à la façon d’un Mick Jagger ou d’un Iggy Pop. Avec ses maniérismes vocaux changeants, il enchaîne ainsi les performances sur un ton grave ou dément, quand il ne s’amuse pas à passer sous le filtre d’un vocoder.

Au moment de revenir sur les premières expérimentations de la formation, on s’arrête surtout sur le dingue « Stained », qui s’appuie sur des boucles électroniques agressives et un clip un brin glauque. Au terme du show, le leader choisit de finir au milieu du public au cours d’un slam épique, ou même pied à terre dans un cercle formé autour de lui, pour interpeller directement les fans avec ses mimiques furieuses et donner à la performance des airs de confrontation. Une énergie folle et intense a ainsi été déployée près d’une heure durant, la présence électrisante des six musiciens indiquant que le groupe pourrait vite devenir un vrai phénomène outre-Manche.


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Charles Binick

Journaliste indépendant, chroniqueur passionné par toutes les scènes indés et féru de concerts parisiens