[Interview] Hannah Wicklund

Note for our readers: for the ENGLISH LANGUAGE VERSION of the interview, CLICK HERE.

Elle est auteure, compositrice, interprète, musicienne et artiste. Elle s’appelle Hannah Wicklund et vous feriez bien de retenir son nom. Celle qui monte sur scène depuis l’âge de 8 ans a désormais la charge de son propre destin musical et actuellement en tournée avec Greta Van Fleet. Chaque soir, elle offre en partage, accompagnée de ses musiciens, l’énergie hippie rock de son dernier album « The Prize », et on peut vous dire que ça déménage ! Rencontre avec cette artiste aux multiples talents avant qu’elle aille surprendre et impressionner les early birds dans l’arène de Bercy.

crédit : Jessica Christian
  • Merci de me rencontrer aujourd’hui. Quel était ton programme cette semaine ?

La découverte de nombreuses belles villes, de délicieux repas et quelques concerts. C’était merveilleux.

  • Est-ce ta première fois à Paris ? Comment te sens-tu à l’idée de jouer ce soir ?

Oui, ma toute première fois. Je suis venue en France deux fois, en 2017 et 2019, dans le cadre d’une tournée plus importante, mais c’est la première fois que je joue à Paris. Je suis ravie, c’est une belle salle. J’aurais aimé avoir la chance de visiter un peu la capitale française, mais jusqu’à présent, tout ce que j’ai vraiment vu, c’est cet endroit. J’espère que la prochaine fois, j’aurai l’occasion de m’y promener.

  • Comment en es-tu venue à tourner avec Greta Van Fleet ?

Sam (Samuel Kiszka, bassiste du groupe) a produit mon album, mais je savais que je ferais cette tournée depuis deux ans et demi, et à un moment donné, nous avions le même management. J’ai appris à connaître les garçons très intimement au fil des ans. Sam et moi sommes ensemble. Lui et Daniel étaient comme mon groupe sur mon nouvel album, alors j’ai un peu été intégrée à leur univers. Ce sont des êtres exceptionnels, donc c’était vraiment enrichissant.

  • Je crois que tu as également soutenu Rival Sons ?

C’était prévu, nous sommes amis, mais j’ai dû annuler mes concerts avec eux parce que je devais me faire enlever mes dents de sagesse de manière assez urgente. J’étais vraiment déçue, mais je suis sûre que nous ferons quelques concerts ensemble l’année prochaine bientôt.

  • Où rêverais-tu de te produire un jour ? Quelle est la scène de tes rêves ?

Tu sais, j’aimerais vraiment me produire au Met à New York (le Metropolitan Museum of Art de New York est le plus grand musée d’art des États-Unis) avec un orchestre complet. Il y a de nombreux endroits incroyables dans le monde. Et évidemment, il y a les emblématiques, mais j’aime vraiment aussi l’ambiance d’un beau théâtre. Sur mon nouvel album, c’est la première fois que j’ai entendu ma musique avec des cordes, et depuis, je pense qu’un concert avec un orchestre symphonique serait probablement mon show rêvé.

  • Te souviens-tu de ton premier concert en tant que fan ?

Oh ça… je m’en souviens ! J’ai vu Alice in Chains en première partie de Nickelback quand j’avais 5 ans dans le Michigan. Mon père est de là-bas, donc nous sommes allés les voir dans le cadre d’un festival. Nous allions au Michigan pratiquement tous les étés, et il y a un festival où j’ai vu Alice Cooper jouer. En tant que fan de musique, ce spectacle était fou. La guillotine, les changements de costumes, c’était un tel spectacle ! J’avais 8 ans, et celui-là a vraiment eu sur moi un vrai impact. Quand j’ai commencé mon groupe à peu près à cet âge, j’ai repris « School’s Out ».

  • Te souviens-tu de la première fois où tu es montée sur scène pour interpréter tes propres chansons ?

J’ai plusieurs versions de mes premières fois sur scène. La toute première fois, c’était lors d’un récital de piano classique quand j’avais environ 5 ans, puis j’ai fait du musical lorsque j’ai joué dans Annie.

Mais la toute première fois où j’ai joué avec un groupe, c’était lors d’un événement Relay for Life, une organisation à but non lucratif qui collecte des fonds pour la lutte contre le cancer, et nous avons interprété « Rockin’ in the Free World » de Neil Young. J’avais 8 ans, et tout de suite j’ai été accro à la scène.

  • As-tu pris l’habitude de te produire lors d’événements caritatifs ?

J’ai joué pour de nombreux événements caritatifs et des initiatives de ce genre quand j’étais plus jeune. J’aime donner de mon temps de cette manière.

  • Si tu devais jouer gratuitement pour une cause, pour laquelle t’engagerais-tu ?

C’est quelque chose que j’aimerais faire davantage… C’est drôle, parce que j’ai appelé mon manager hier au sujet d’un concept de tournée que j’aimerais réaliser. Je jouais autrefois avec mes grands-oncles dans des maisons de retraite et des écoles. Quelques écoles m’invitaient à venir me produire devant une classe et à parler aux élèves. Alors j’ai ce rêve de faire une tournée où j’aurais peut-être un concert en ville, mais pendant mon temps libre, j’irais jouer dans des écoles pour essayer d’inspirer les générations futures… J’ai vécu du harcèlement scolaire à partir du collège… Ma scolarité a été assez difficile.

  • Oh, je suis désolé d’entendre ça

C’est gentil, merci. Je pense qu’en tant que jeune créative qui a déjà une certaine conscience de soi, j’étais déjà assez éveillée sur qui j’étais à un jeune âge, et je pense que cela peut être effrayant pour ceux qui ne savent pas encore qui ils sont ? Donc j’aimerais pouvoir donner de mon temps et peut-être inspirer d’autres jeunes à continuer leur quête d’identité. Et aussi peut-être inspirer certains enfants qui pourraient être des harceleurs à ne pas l’être. Ce n’est pas forcément la faute de l’enfant. On est ce que l’on nous élève à être et on est ce que les informations que l’on reçoit nous font devenir, donc j’aimerais donner de mon temps pour cela. J’aimerais aussi, lors de la même tournée, passer par des maisons de retraite et jouer pour des personnes qui n’ont peut-être pas grand-chose dans leur vie, apporter un petit rayon de lumière dans la leur, ne serait-ce qu’un instant. Peut-être aussi dans certaines prisons pour femmes. Apporter cette tournée à quiconque aurait besoin d’un peu de soutien. C’est dans cette direction que je souhaiterais aller.

  • Quels beaux projets, c’est vraiment inspirant ! En parlant de femmes, as-tu des héroïnes féminines ?

Oui. J’ai grandi en écoutant Etta James, Janis Joplin, Stevie Nicks, mais Sheryl Crow a été une grande influence, je reprenais beaucoup de ses chansons quand j’étais jeune. Mais ces dernières années, Fiona Apple et son dernier album « Fetch the Bolt Cutters » ont été très inspirants pour moi lors de l’enregistrement de « The Prize ». Donc, Fiona Apple est un peu nouvelle, mais si nous parlons de femmes en général : Jane Goodall, Greta Thunberg… Il y a beaucoup de femmes géniales en dehors de la musique qui m’inspirent en tant que femme.

  • Si tu pouvais emprunter l’une de ces compétences à ces femmes, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Oh wow. Laisse-moi réfléchir… Probablement leur capacité à inspirer et accompagner d’autres femmes dans leurs combats. C’est quelque chose que j’aimerais faire aussi. Quand j’étais plus jeune, j’ai été élevée dans une ville assez conservatrice. La compétition féminine y était très forte. Maintenant que je prends de l’âge, que j’embrasse ma féminité, j’aimerais aider d’autres femmes à se rassembler et à s’entraider.

  • Parlons maintenant de ta musique. Pourrais-tu choisir trois chansons pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

« Strawberry Moon », qui porte le même nom que le label que j’ai créé, est très représentative de mon travail, tant au niveau du son de la musique que de l’interprétation vocale et du message principal de la chanson. Elle dit : « Baby, I’m fine ‘cause I’ve got dreams to be thinking of ». Au fil de ma vie, j’ai mis ma vie personnelle de côté à maintes reprises pour ma carrière. Quand la vie est devenue plus difficile, j’ai pu me concentrer sur moi-même, suivre mes rêves et mes aspirations.

Écoutez également « The Prize », la chanson titre de mon nouvel album, qui incarne l’idée de m’accepter telle que je suis, de pardonner à mon moi passé et d’aimer mon moi présent. C’est une chanson qui dit : « C’est bon, tout ce que tu as fait t’a conduit ici, tu peux laisser le passé derrière toi maintenant et avancer ».

Et honnêtement, les deux dernières chansons sur « The Prize » sont peut-être deux chansons distinctes, mais je les vois en fait plus comme une seule pièce, comme un magnum opus. C’est une musique très passionnée de 9 minutes qui couvre l’histoire d’une rupture au début avec « Dark Passenger », et la deuxième piste, « Sun to Sun » parle des rôles hommes-femmes dans la vie. Elle dit : « Men may work from sun to sun but a woman’s work is never done ». C’est un dicton que ma mère me disait quand j’étais jeune. Je n’ai pas vraiment compris ce que cela voulait dire vraiment jusqu’à récemment. Personnellement, je n’écoutais pas de musique qui me transmettait les types de messages que j’essaie maintenant de transmettre. Je ne me suis jamais fixé comme objectif en tant que parolière d’écrire des choses orientées vers les femmes, mais cela a été une progression très naturelle dans ma vie et ma créativité ; c’est donc là où j’en suis maintenant.

  • Parlons de créativité. J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’œuvres artistiques sur ton Instagram, et on peut voir que tu peins. As-tu réalisé toutes tes pochettes d’album ?

Oui. J’ai réalisé toutes les œuvres d’art liées à « The Prize ». Je fais des peintures à grande échelle pour chaque chanson. J’en ai fait cinq jusqu’à présent, et il m’en reste cinq à faire. Les peintures vont être publiées tout au long de l’année prochaine. J’ai toujours fait de l’art, et ma mère est artiste. Elle a fait la couverture de mon dernier album. Quand j’étais plus jeune, j’ai sorti un EP à 12 ans, un autre à 14 ans, un album à 16 ans, un autre album à 17 ans, et je signais les illustrations pour chacun d’eux. Ensuite, j’ai perdu contact avec mon art pendant quelques années, mais j’y ai été rappelée quand j’étais au plus bas. Raviver la flamme de mon art a joué un rôle immense. Cet album, « The Prize », était censé sortir il y a deux ans, vers mars de l’année dernière. Et il a été très douloureux de ne pas pouvoir le sortir quand je le voulais. Ce n’était pas mon choix.

crédit : Aliegh Shields

J’ai connu beaucoup d’hommes dans cette industrie qui sont venus vers moi et ont saboté ma carrière. Être une femme dans le rock est particulièrement difficile, car c’est un genre très masculin. Je pense que si j’étais simplement une auteure-compositrice-interprète ne jouant pas de rock’n’roll, il aurait peut-être été plus facile de trouver ma voie. Mais on m’a dit plusieurs fois : « Elle est géniale, mais il est trop difficile de percer en tant que femme dans le rock ». Des hommes sont intervenus dans ma carrière et n’ont pas fait leur travail. Je ne pense pas avoir vraiment obtenu leur respect en tant qu’artiste. C’est pourquoi je gère seule ma carrière maintenant. C’est difficile, mais je suis mon propre manager depuis avril de cette année, et tu vois, mon album sort enfin. Il m’aura fallu un certain temps pour sauter le pas.

  • Cela a dû être effrayant au début.

Oui, ça l’était. C’est beaucoup de travail. En tant qu’artiste, je travaille déjà beaucoup, donc je dois diviser mon cerveau, et ce n’est pas toujours facile. Mais je ne pense pas que ça sera toujours comme ça. J’espère trouver les bonnes personnes, mais en attendant, je garde mes cartes en main. C’est aussi là que vient la peinture. Tout à coup, j’avais les mains liées, non seulement pour réaliser cet album, mais aussi à cause d’une série d’événements, je n’ai pas pu partir en tournée pendant une année entière. Et c’est ainsi que je gagne ma vie, et que je suis heureuse. Toutes ces choses m’ont été volées essentiellement par un personnage principal.

  • Être soumis à la volonté de quelqu’un d’autre… c’est très difficile.

C’était vraiment très dur. Beaucoup de larmes, beaucoup de remises en question, beaucoup d’envie d’abandonner. Mes peintures étaient donc vraiment le seul espace créatif qui m’appartenait encore et où je pouvais me retrouver.

  • On parle de peinture à l’huile. Pourquoi avoir choisi ce type peinture ?

Ma mère est artiste et elle peint à l’huile. Quand il s’agit d’art, tout part de ma mère. Elle fait des peintures à l’huile à grande échelle. J’ai beaucoup appris en la regardant peindre. C’est difficile, tu sais, d’apprendre de tes parents dans ces domaines spécifiques parfois parce que tu as toutes ces choses différentes qui se passent dans la vie. Elle m’a certainement enseigné des choses, et nous parlons toujours beaucoup d’art : je lui envoie mes peintures et lui pose des questions, donc peut-être ai-je appris davantage maintenant. Quand j’étais enfant, je faisais mes mandalas et des dessins au stylo, ce qui était totalement différent de ce que faisait ma mère. J’ai définitivement développé mon propre style quand j’étais enfant à la maison. Mais maintenant, en tant qu’adulte, je fais des choses que je n’ai jamais faites. La peinture de « The Prize » ? Jamais rien fait de tel. Je n’ai jamais dessiné d’animaux. Je n’ai jamais dessiné rien de ce qui est dans ces peintures, vraiment. C’était un véritable défi pour moi de décider : « Je vais faire ces dix peintures » (rires). C’est vraiment le début d’un nouveau style pour moi.

  • Cela fait beaucoup de premières fois ! Félicitations.

Merci ! Oui, beaucoup de premières fois ! Et tu sais quoi ? Beaucoup de personnes qui ont vu mon art et qui connaissent le travail de ma mère m’ont dit : « Eh bien, toi et ta mère avez un style commun. » Et je suis là : « Hum, je me demande pourquoi ! » (rires), mais j’en suis très fière. Tu m’as demandé des femmes qui m’inspirent, ma mère a été une véritable source d’inspiration, surtout en ce qui concerne la poursuite de ma créativité, quoi qu’il en coûte.

  • En parlant de poursuivre sa créativité, de peinture et de premières fois, en France, nous avons l’une des grandes figures de peinture à l’huile du XIXe siècle : Le Douanier Rousseau, qui était très moqué à l’époque. Ce qui est incroyable chez lui, malgré le fait qu’il était autodidacte, c’est qu’il n’a jamais vu les animaux exotiques et les paysages de jungle qu’il peignait sur des toiles de grande envergure. Il n’a jamais quitté la France. Tout cela provenait de ses lectures en bibliothèque, de visites au zoo et de journaux scientifiques.

Oh waouh ! C’est incroyable, j’aimerais voir son travail. Tu sais, beaucoup d’artistes ne reçoivent pas la reconnaissance qu’ils méritent, surtout dans le monde de la peinture et des arts visuels. Je pense que le métier de musicien est vraiment difficile, mais être artiste est tout aussi difficile, voire peut-être plus difficile pour obtenir des opportunités aujourd’hui.

  • As-tu un artiste préféré ? Quelle a été la dernière exposition que tu as aimée ?

Je me considère comme une très mauvaise fan, car je ne suis pas douée avec les noms. Je ne vais pas nécessairement être obsédée par un artiste ou creuser un sujet en profondeur, mais j’absorbe toutes les choses qui m’entourent en permanence. Même mes chansons préférées, j’ai tendance à oublier leur titre. Mon cerveau a ses propres façons de fonctionner, je suppose. Mais en grandissant en Caroline du Sud, il y avait deux artistes que j’aimais vraiment : l’une était Georgia O’Keeffe et ses fleurs. On ne nous enseignait pas la véritable signification derrière ses peintures à l’école (l’expression de la féminité à travers les formes et les couleurs des fleurs). J’ai appris cela très récemment, ce qui est très lié à où j’en suis maintenant. J’adore dessiner, peindre des fleurs, c’est un peu ma zone de confort artistique.

Il y a aussi Jonathan Green. Je ne suis pas une grande fan de portraits. Je ne suis généralement pas attirée par les peintures qui représentent des personnes. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il y a des gens ou des portraits, mais il ne dessine jamais les visages. J’ai vraiment apprécié son travail quand j’étais enfant, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Il y a quelque chose d’audacieux à peindre un portrait, mais pas le visage de la personne. Et en tant que personne qui ressent l’art, on est libre de combler les vides. J’apprécie également les chansons qui sont comme ça. C’est comme « peindre une image, mais ne pas entrer dans les détails ». Cela permet d’apporter sa propre expérience et sa propre expression. Si tu regardes une peinture de Jonathan Green représentant une femme et un enfant, cela peut être une description d’un moment joyeux ou d’un moment douloureux selon celui qui la regarde. Et je trouve cela très beau.

  • Allons-nous voir certaines de tes œuvres d’art ce soir ?

Oui, j’ai une robe sur mesure que je porte ce soir qui a été conçue pour ce spectacle. Une de mes peintures est imprimée sur le tissu. C’est quelque chose que je voulais faire depuis que j’ai commencé à développer mon projet, donc j’ai hâte ! Ce spectacle est le premier où je porterai quelque chose de personnalisé et c’est aussi grâce à mon amie Jen Ivy. C’est une merveilleuse et très talentueuse bijoutière que j’ai rencontrée sur un « goddess market » (NDR : un marché de créatrices). Elle a également fabriqué l’un des colliers que porte, Josh, le collier épée de Sam, mais elle a aussi conçu le harnais que Sam porte sur scène, qui a son propre symbole. C’est vraiment excitant ! Non seulement j’ai donné vie à l’art de « The Prize » dans un clip vidéo pour « Hell in the Hallway », mais maintenant je l’ai également matérialisé sous la forme d’une robe que je porte ce soir !

  • Alors, dis-moi, qu’est-ce qui arrive en premier ? La peinture ou la musique ?

Certainement la musique d’abord. Et il est plus facile pour moi de créer une image à partir d’une chanson, mais tu sais quoi, ce serait cool de faire l’inverse, voir ce qu’il en sort. Peut-être que j’essaierais ça sur le prochain album, qui sait !

crédit: Aliegh Shields
  • Plongeons dans ton processus créatif…

Chaque chanson est différente, donc je peux m’asseoir au piano, chanter, jouer du piano en même temps et laisser les mots jaillir naturellement. Ça, c’est les « tout en un ». Ou j’ai un riff de guitare auquel j’ajoute ensuite les paroles. D’autres fois, j’ai d’abord les paroles, peut-être même le titre de la chanson, et ensuite j’essaie de comprendre ce que tout cela signifie. J’aime ce genre de processus créatif varié, ne pas savoir où cela va aller, mais ça me mène toujours quelque part.

  • Te mets-tu dans une certaine ambiance ou dois-tu être dans un environnement particulier ?

Je dois généralement être dans un espace confortable, un environnement chaleureux pour pouvoir me détendre et vraiment écrire. C’est très important pour moi.

  • De quelle chanson es-tu la plus fière et pourquoi ?

Eh bien… je dirais que… (hésitante) tu sais quoi ? Je vais choisir « Shadowboxes and Porcelain Faces ». J’allais dire « The Prize », mais tout le monde peut s’y identifier. Je me suis moi-même identifiée à de nombreuses chansons qui disaient « il » et qui étaient portées par un narrateur masculin. Mais « Shadowboxes and Porcelain Faces » est une chanson de mon dernier album (« Hannah Wicklund and the Steppin Stones »). J’y donne ma vision des réseaux sociaux et de l’idée que tout le monde y présente constamment la meilleure version de soi-même. J’ai une ligne qui dit : « Don’t rehearse what you’re gonna say, ‘cause we’re all fuck up a little anyways. » C’est peut-être mes paroles préférées de toutes celles que j’ai écrites. Nous avons tous des squelettes dans le placard, nous avons tous fait des erreurs, nous avons tous des zones d’ombre en nous, mais c’est notre capacité et notre volonté d’en parler et d’être franc à leur sujet avec nos amis, notre famille, nos amoureux, qui nous humanise tous réellement et nous permet de nous comprendre. Donc ouais, c’est définitivement ma chanson préférée.

  • Peux-tu me donner une chanson avec une couleur ?

Oh. J’ai une chanson appelée « Intervention » où je dis « Rattlesnakes in the nursery, crimson roses hanged upside down » et ensuite je parle d’un damier comme d’un runaway (fugitif). Le thème du damier est très présent dans cet album. Le sol en damier noir et blanc vient de celui que j’avais chez moi. J’avais ce long couloir que je devais emprunter tous les jours, on le retrouve sur la couverture de « Hell in the Hallway » à côté d’une fenêtre où des roses sont suspendues à l’envers, comme un petit clin d’œil à la chanson « Intervention ». Quand j’étais jeune, je faisais beaucoup de récitals de piano et à chaque fois ma mère m’offrait des roses rouges, mes préférées, qu’elle suspendait dans la cuisine.

  • Si tu pouvais choisir l’hymne mondial, quel serait-il ?

« Come Together » des Beatles. Je pense que c’est ce que nous devrions tous faire. Se rassembler.

  • Peux-tu me donner une chanson pour tomber amoureux ?

Les chansons d’amour ne sont pas vraiment ma spécialité. J’étais très intimidée par l’amour quand j’étais plus jeune. Mais je dirai n’importe quelle chanson de Frank Sinatra. Elles font une excellente playlist pour tomber amoureux. Une des premières fois où j’étais dans la voiture avec Sam et il écoutait des chansons de Sinatra, j’ai demandé : « Tu conduis toujours en écoutant Frank Sinatra ? » Et la réponse est oui.

  • Tu m’aides pour la prochaine transition. Une chanson pour prendre la route ?

C’est une chanson que j’aime écouter le matin quand tu es vraiment fatiguée, mais que tu dois te lever parce qu’il faut prendre la route. Je l’écoutais dans le bus scolaire : « Mama I’m Coming Home » d’Ozzy Osbourne (rire). Parce qu’elle commence lentement puis elle monte en intensité et devient super épique, avec un solo de guitare génial. Donc ce n’est pas nécessairement la chanson que tu écoutes lorsque tu es sur l’autoroute, mais c’est celle que tu joues juste avant. Le tout début d’un road trip matinal. Les gens se moquent quand je leur dis que j’aime cette chanson, mais tu sais quoi, je m’en fiche, c’est une super chanson.

  • Aurais-tu un conseil ou un message à partager avec d’autres femmes sur scène ou en coulisses ?

Oui, bien sûr. J’ai commencé à tourner à l’âge de 16 ans, j’étais seule, pas de tour manager, juste moi et mon groupe. J’ai été très exposée dans ma carrière et il y a eu une grande courbe d’apprentissage. Au début, il y a cette étape où l’on ressent qu’on nous parle de haut, mais sans nécessairement pouvoir dire ou vouloir dire « Oh, ils font ça parce que je suis une femme ».

Puis, il y a l’étape où l’on comprend « Oh non, c’est exactement pour ça qu’ils me parlent comme ça ». Ensuite vient l’étape de l’éducation, où l’on se défend. Cela me fait penser à cette fois où j’étais à un concert, très récemment, et je marchais avec ma guitare sur le dos, et c’est une petite chose, mais… l’homme de la salle de concert me dit avec un ton qui suggérait l’insignifiance et clairement pas le respect « Oh je suppose que tu es la fille du merch ». Dans sa tête, j’étais une femme, donc je ne pouvais absolument pas être l’artiste. « Premièrement, ne supposez rien, deuxièmement, j’avais une guitare sur le dos, et troisièmement, les filles du merch sont géniales, mais quatrièmement, je suis l’artiste qui chante ici ce soir. » J’ai donc saisi l’occasion. Histoire de l’éduquer gentiment, je lui ai dit « Hey, tu ne devrais probablement pas dire ça à qui que ce soit à l’avenir ». Je ne voulais pas qu’une autre femme vienne ici et qu’on s’adresse à elle de cette manière, alors je lui ai fait savoir que ce n’était pas la façon de parler à une femme. Je pense qu’en tant que femme, trouver notre pouvoir, notre responsabilité et reconnaître ces situations est important. Encaissez le coup, mais soyez capable de répondre sans colère, et trouvez la force d’éduquer, c’est puissant ! En gros, n’ayez pas peur de vous défendre devant les autres et utilisez votre voix.

crédit : Deborah Picard
  • Merci beaucoup Hannah pour ton temps et tes mots. Je pense que c’est une belle façon de conclure cette interview.

Je pense aussi, merci beaucoup.


Retrouvez Hannah Wicklund sur :
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ENGLISH

She’s an author, composer, performer, musician and artist. Her name is Hannah Wicklund, and you should remember it. She’s been on stage since the age of 8, and is now in charge of her own musical destiny, currently on tour with Greta Van Fleet. Every night, with her musicians, she shares the hippie-rock energy of her latest album, « The Prize », and believe us when we say it rocks! Join us for a fascinating conversation with this multi-talented artist, before she sets off to surprise and impress the early birds in the Paris-Bercy arena.

crédit : Jessica Christian
  • Thank you for meeting me today. What have you been up to this week?

Lots of walking around beautiful cities, eating really good food and playing some shows. It’s been wonderful.

  • Is it your first time in Paris? How do you feel about playing tonight?

It is. I’ve stopped in France twice before in 2017 and 2019 as part of a bigger tour but this is my first time coming to Paris. I am thrilled it is a beautiful venue. I wish I was gotten the chance to go anywhere in Paris but all I’ve seen so far is this place. Hopefully, next time I get to walk around the city.

  • How did you end up touring with Greta Van Fleet?

Sam (Samuel Kiszka, bassist for Greta Van Fleet) produced my record, but I’ve known that I’ll be doing this tour for two and half years and at one point in time we shared management. But I’ve grown to know the boys very intimately through the years. Sam and I are together. Him and Daniel were like my band on my new record, so I have kind of being brought into their world. They are spectacular humans, so it’s been fun.

  • I think you’ve also been supporting Rival Sons?

I was supposed to, I’m friends with those guys but I had to cancel my shows with them because I had to get my wisdom teeth out quite urgently. I was disappointed, but I am sure we will do some shows together next year soon.

  • Where would you love to perform someday? What is your dream stage?

You know I really would like to perform at the Met in NY with a full orchestra. There are lots of brilliant venues in the world. And obviously there are the really, large ones but I really love a beautiful theater kind of vibe. On my new record, it is the first time that I have heard my music with some strings and since then I think that doing a show with a full orchestra would probably be my dream scenario.

  • Do you remember your first gig as a fan?

Oh, I do! I saw Alice in Chains opening for Nickelback when I was 5 years old in Michigan. My dad is from there, so we went to see them as part of a festival. We would go to Michigan pretty much every summer and there is a festival where I saw Alice Cooper play and as a fan of music that show was everything. The guillotine, the costumes changes, it was such a show. I was 8 and that one made a lot of impact. When I started my band right around that age, I covered “School’s Out”.

  • Do you remember the first time you went on stage to perform your own songs?

I have many different versions of my first times on stage. The very first time was for a piano recital doing classical piano when I was like 5, then I did some musical theater when I was in Annie. But the first time ever performing with a band was for a Relay for Life, a nonprofit that raises money for cancer and we did “Rockin’ in the Free World” by Neil Young. I was 8 and I was hooked.

  • Have you made a habit of performing for benefits?

I played for a lot of benefits and things like that when I was younger. I love to donate my time in that way.

crédit : Jessica Christian
  • If there were a cause for which you would play for free, which would it be?

Something that I am looking to do more of. It’s funny because I have called my manager yesterday about a tour concept that I like to do. I used to play with my great-uncles in retirement homes and schools. A handful of schools had me coming to perform in front of a classroom and talk to students. So, I have this dream of doing this tour where I would have maybe one show in town but on my free time I would go and play for schools to trying to inspire the next generations… I have had a hard time with bullying, mostly starting in middle school… My entire schooling experience was rough.

  • Oh, I’m sorry to hear that.

It’s okay, thanks. I think being a young creative who is already aware of it sense of self, I was already aware of who I was at a young age, and I think that is scary for people who don’t know who they are yet? So, I would love to be able to donate my time and maybe inspire other creative kids to keep pursuing their identity quest. And perhaps inspire some kids who might be, to not be bullies. It is not necessarily the kid’s fault. You are what you are raised around, and you are what information you take in, so I’d love to donate my time to that. I also would love on the same tour to stop by old folks’ homes and play for people who might not necessarily have going on in their lives, bring a little beam of light into theirs for a second. Maybe also in some women’s prisons, pretty much bring that tour to anyone who might need a little encouragement. That’s where I see my next philanthropy going.

  • How inspiring to hear! Speaking of women, do you have women heroes?

Yeah. I grew up listening to Etta James, Janis Joplin, Stevie Nicks but Sheryl Crow was a really big influence, I would cover lots of her songs as a young girl. But in recent years Fiona Apple and her last album “Fetch the Bolt Cutters” were very inspirational for me when it came to get recording “The Prize”. So, Fiona Apple is kind of a new one but if we are talking about women in general Jane Goodall, Greta Thunberg, there are definitely badass women outside of music that have inspired me as far as being a woman goes.

  • If you could borrow one of these women’s skills, what would it be and why?

Oh wow. Let me think. Probably their ability to empower other women. It is something I am stepping into in my life. When I was younger, I was raised in a very conservative kind of town. The female competition was very strong. Now that I have been getting older, embracing my femininity, I’d like to help other women come together and help each other out.

  • Let’s talk about your music now. Could you give me 3 songs for the people who don’t know you yet?

“Strawberry Moon”, which is the same name as the record label that I’ve created is very representative of me both in how the music sounds and the vocal performance and the main message of that song. It says, « Baby I’m fine cause I’ve got dreams to be thinking of » and I have in my lifetime put my personal life on the back burner time and time again for the sake of my career but when life got hard, I have been able to pour myself back into essentially myself and follow my dreams and pursuit.

Also go listen to “The Prize”, the title track of my new album, is the epitome of me embracing myself and forgiving my past self and loving myself. It is a song that says: “It’s OK, everything that you have done has got yourself here and you can let go of the past now and move forward.”

And honestly the last two songs on “The Prize” may be two songs but I actually see them more like just one piece, like a magnum opus. It is a very passionate nine minutes of music that covers the story of heartbreak in the beginning with “Dark Passenger” and the second track “Sun to Sun” talks about the male and female roles in life. It says, « Men may work from sun to sun, but a woman’s work is never done ». It is a saying that my mom told me when I was young. I didn’t quite understand it until quite recently. I personally wasn’t listening to music that was giving me the kind of messages that I am now trying to put out there. I never set out as a songwriter to write female-sided kind of stuff, but it has been a very natural progression in my life and my creativity, so this is where I am at now.

  • Speaking of creativity, I’ve seen that there is a lot of Arts on your Instagram, and we can see that you’re painting. Have you done all your album covers?

Yeah. All the artwork tied to “The Prize” has been done by me. I am doing large-scale painting for each song. So far, I’ve done five, and I still have five more to go. The paintings might be released throughout the next year as well. I’ve always done Art and my mom is an artist. She did my last album cover. When I was younger, I put out an EP when I was 12, 14, a CD at 16, another album at 17 and I would do the artworks for. Then I have lost touch with my art for a few years, but I was called back to it when I was at my darkest. Reigniting my art flame has done a lot for me as a human.

This record, “The Prize” was originally supposed to be out two years before it drops. Somewhere about March of last year. And it has been very painful not to be able to release it when I wanted. It was not my choice. I have had many men in this industry come and fuck up my career. Being a woman in rock is especially hard because it is such a male-dominated genre. I think that if I was just a singer-songwriter not playing rock ’n’ roll it may have been easier to find my lane. But I have been told many times, « She’s great but it is too hard to break a female in rock ». I had men stepping in my career and not do their job. I don’t think that I have ever really got their respect as an artist. So that is why I am self-managing now. It is hard but I’ve been self-managing since April of this year and that is why my record is finally coming out. It took some acceptance to finally get on board myself.

  • It must have been scary at first.

It was. It is a lot of work. And I am already doing a lot of work as being the artist, so I must split my brain, and it is not always easy. But I don’t think that it will be like this forever. I hope I’ll find the right people but until I do, I am keeping my cards close to my chest.

So that is also where the painting came from. Suddenly, I have my hands tied behind my back when it came to not only realizing this record but also because of a sequence of events I was not able to tour for an entire year. And this is how I make money, how I stay happy. All these things got robbed from me by essentially one main character.

  • To be tied up to the will of somebody else. That is very hard.

It was very very hard. Lots of tears, lots of questioning, lots of wanting to give up. So my paintings were really the creative space that was still mine and where I was able to put myself into.

  • We’re talking about oil painting. Why choose oil paint?

My mom is an oil painter. When it comes to the world of Art, it comes down to my mom. She does large-scale oil paintings. I learnt more by watching her. It is hard you know to learn from your parents with those specific things sometimes because you have all these different things that go on in life. So, she definitely has taught me things and we still talk a lot about Art: I am sending her my paintings and asking her questions so maybe I’ve learnt more from afar. When I was a kid, I would to my mandalas and pen stuffs which were totally different from my mom’s, so I have developed my own style when I was a kid at home. But now as an adult I am doing things that I have never done. The painting of the Prize? Never done anything like that. Never draw animals. Never draw anything that is in these paintings really. It was a real leap of faith for me to decide, “I’m going to do these ten paintings” (laugh). This is very much the beginning of a new style for me.

  • That’s a lot of first times! Congrats.

Thank you! Yeah, lots of firsts! And you know what? Lots of people who have seen my art and who know my mom’s works told me: “Hey, you and your mom have some common style » and I‘m like « Hum, I wonder why!” (laugh) But I am very proud of that. You asked me about women who inspire me, and my mom has been a true inspiration. Especially when it comes to pursuing my creativity no matter the costs.

  • Speaking of pursuing creativity, painting and first times, in France we have one of the major oil-painter figures of the XIXth century called Le Douanier Rousseau who used to be mocked in his time. What is amazing about him even though he was self-taught is that he never ever saw the exotic animals and jungle-like landscapes he used to paint on large-scale paintings. He never left France. All of it came from the library finds, zoo visits and scientists journals.

Oh wow. That’s amazing, I’d like to see his work. You know, a lot of artists don’t get their due, especially in the painting and visual world. I think that being a musician is tough, but being an artist is equally as tough, might even be harder to get opportunities.

  • Do you have a favourite artist? What was the latest exhibition you’ve been to that you liked?

I consider myself a terrible fan because I am not great with names. I won’t be obsessed with one artist or go down the rabbit hole necessarily, but I absorb all the things around me all the time. Even my favourite songs I tend to forget about the title of the songs. My brain has his ways, I guess. But growing up in South Carolina there were two artists that I really loved: one was Georgia O’Keeffe’s flowers. They would not teach us the real meaning of her paintings behind her flowers in school (the expression of femininity through the flowers shapes and colours). I have learnt about that very recently, which has led me where I am at now: I love drawing, painting flowers, it is kind of my comfort zone in Art. Jonathan Green whom I really love. I am not a huge portrait fan. I am not usually drawn to paintings that have people in it. What I love about him is that there would be people or portraits, but he would never draw the faces. And I think I really enjoyed his work as a kid, and I still do now. There is something bold about painting a portrait but not the face of the person. And as the person experiencing the art you are left free to fill up the blanks. I appreciate songs that are like that as well. It is like “paint a picture but don’t get into very detail”. It enables you to implement your own experience and expression into it. If you’re looking at a Jonathan Green painting of a woman and a child, it can be a piece describing a happy moment, or a sorrowful moment depending on who is looking at it. And I think that is very beautiful.

  • Are we going to see some of your art pieces tonight?

Yes, I have a custom dress that I am wearing tonight which has been made for this show. It has my artwork printed on the fabric. It is something that I have been longing to do since I started to develop my project, so I am very excited. This show is the first one where I’ll be wearing a custom anything and that is also thanks to my good friend Jen Ivy. She is a wonderful and very talented jeweller which I met at a goddess market. She has also made one of the necklaces that Josh wears, the sword necklace that Sam wore but she has also done the harness that Sam is wearing on stage which has its own symbol. So, yet I am very excited about all of this. Not only did I brought the art of “The Prize” to life in a music video for “Hell in the Hallway” but now I have brought it to life in a form of a dress that I am wearing tonight!

  • So, tell me, what comes first? The painting or the music?

Definitely music first. And it is easier for me to create a visual from a song, but you know what, it would be cool to flip that and do the opposite, see what I can get out of it. Maybe I’ll try that on the next record, who knows!

  • Let’s dig into your creative process.

Every single song is different so I might seat down at the piano, singing, playing the piano at the same time and let the words just spilling out. That would be the « all at once » type. Or I’ll have a guitar riff that I’ll then add the vocals to. Other times I have lyrics first, maybe even the song title and then I’ll try to figure out what that all means. I like this kind of mixed bag creative process, not knowing where it is gonna go but it always happens.

  • Do you put yourself into a mood or do you have to be in a particular environment?

I usually must be in a comfortable space; I have to be in a home-cozy environment in order to relax and really write. That’s very important for me.

  • Which song are you most proud of so far and why?

Well… I’d say that… (conflicted) you know what? I’ll choose “Shadowboxes and Porcelain Faces”. I was going to say “The Prize” but anybody can apply themselves to that song as well. I have applied my thoughts to many songs that said « he » and is male dominated. But, with “Shadowboxes and Porcelain Faces”, it is a song on my last record* (Hannah Wicklund and the Steppin Stones*) and that was my take on social media and the idea That everybody there is constantly presenting the best version of themselves. I have a line that says: “Don’t rehearse what you’re gonna say, ‘cause we’re all fuck up a little anyways.” This might be my favourite line that I have ever written. We all have skeletons in the closet, we’ve all made mistakes, we all have dark spots but your ability and willingness to talk about them and be upfront about them with the people that you are with, friends, family, lovers, is what humanizes all of us and allows us to truly relate. So yeah, definitely, this is my favourite song.

  • Can you name me a song with a colour?

Oh. I have a song called intervention where I say, “Rattlesnakes in the nursery, crimson roses hanged upside down” and then I talked like a chequerboard laid out like a runaway. The chequerboard theme is very strong in this record. The black-and-white-checker floor comes from the one I had at home, I had this long hallway that I had to walk up and down every day and you can find it on the cover painting of “Hell in the Hallway” alongside a window where crimson roses are hanging upside down, like a little nod to the song “Intervention”. When I was young, I did lots of piano recitals and every time my mom would gift me red roses, my favorites, that she would then hang upside down in the kitchen.

  • If you could choose the world anthem, what would it be?

Wow. Come together, the Beatles. I think this is what we all got to do. Come together.

  • Can you give me one song to fall in love?

Love songs are not my strong suit. I was very intimidated by love when I was younger. Yet Frank Sinatra’s songs make a great soundtrack to fall in love. I’m gonna change my answer to Frank Sinatra in general. One of the first times I was in the car with Sam, and he was listening to Sinatra’s songs, and I was like « Do you always drive around listening to Frank Sinatra? » And the answer is yes.

  • Nice transition. One song to hit the road?

This is a song I like to wake up with in the morning and when you’re really tired, but you have to get up because you need to get on the road, I would listen to this on the school bus: Ozzy Osbourne’s “Mama I’m Coming Home”. (Laugh) Because it starts so slow and then it builds up and become very epic, there is like a killer guitar solo. So that’s not necessarily the song you play when you’re on the highway, but it is one that you play on your way to the highway. The very beginning of an early-morning road trip. People have shamed me for loving that song, but you know what, I don’t care, that’s a great song.

  • Women on stage intro Do you have some advice for other fellow women on stage or backstage that you would like to give and share?

Yeah, of course. So, I started touring when I was 16 years old, I was by myself, no tour manager, just me and my band. I’ve been very exposed in my career and there was a big learning curve. First there is this stage where you are feeling that you are being talked down, but not necessarily being able to say or wanting to say, “Oh they are doing that because I am a woman”. And then there is the stage where you understand “Oh no, that is exactly why they are talking to me like that”. Then, the next stage comes in the form of sticking up for yourself and educating. That makes me think of that one time where I was at a show, very recently, and I was walking in with my guitar on my back and it’s a small thing but… the guy at the venue goes « I assume you are the merch girl » with a depreciative tone. So, for one, don’t assume anything and two, I had a guitar on my back and three, merch girls are awesome yet, four, I am the artist. So, I took the opportunity to educate him kindly and say, “Hey you probably shouldn’t say that to anybody in the future!”. I didn’t want another woman coming there and have the same asshole talking to her like that, so I let him know that was not the way to talk to any woman.

I think that as a woman finding our power, our liability and recognizing these situations is important. Take the blow but be able to respond without anger but more coming from a place of education is powerful. So basically, don’t be afraid to stand up for yourself in front of others and use your voice.

  • Thank you very much Hannah for your time and words. I think this is a beautiful way to end this interview.

I think you did a great job. Thank you very much.


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Deborah Picard

Deborah Picard

Conceptrice-rédactrice et woman backstage, adepte des lives, croit fermement aux tiny sounds, big impact.