[EP] GuiK – Blackout

Ancrant son interprétation dans les atmosphères les plus passionnantes de la musique synthétique et du rock, GuiK crée, grâce à « Blackout », un opus aux frontières de l’art progressif et de l’immédiateté instrumentale. Une urgence latente mais parfaitement calculée et composée, sans jamais oublier d’inspirer à l’auditeur des paysages mentaux entre cités futuristes et courants aquatiques tourmentés et mouvementés.

crédit : Photoshootme Jérémy Fievet

Il est souvent compliqué de savoir comment, au moment de se lancer dans la composition et l’enregistrement d’un disque, concilier des genres qui nous passionnent mais qui, mis ensemble, pourraient finir par ressembler à une bouillie sonore indigeste. De nombreux projets s’y sont cassés les dents, qu’ils soient connus ou anonymes, tant la limite à ne pas franchir est ténue et sensible. Ainsi, en annonçant la couleur par la définition de sa musique en tant que « synth-rock », le trio lillois GuiK aurait de quoi effrayer avant même d’être écouté ; pourtant, dès les premières mesures de « Blackout », force est de constater que l’on se retrouve face à un phénomène aux antipodes de la création actuelle, car dosant à la perfection ses surprises et effets dans un prolongement infaillible et parfaite. C’est bien simple : le disque est une continuelle découverte, chargée d’idées toutes plus étonnantes et passionnantes les unes que les autres. Une prouesse inimitable, mais à l’effet rapide et direct.

« Dirtiest Minds » est une introduction on ne peut plus claire du talent inné de GuiK : balançant des mélodies fines et ciselées au centre de l’arène, où se confrontent guitares orageuses et boucles électroniques lumineuses, le titre évoque sans peine une aventure entre passé et avenir, entre prédictions cataclysmiques et espoir. Ce second élément qui parcourt l’intégralité de « Blackout », instant suspendu dans l’espace où les voix se robotisent naturellement au sein d’une ambiance à la fois liquide et en apesanteur, avant que l’énergie échevelée de « Born to be Christ » ne vienne remettre les choses à leur place, figure à la fois nostalgique et moderne d’un style propre à Guillaume, Kévin et Bertrand et s’achevant dans un éblouissant torrent de claviers. Conclusion d’une beauté rare et prometteuse, « Challenger » s’enroule autour de nous, glissant ses doigts mécaniques sur nos corps afin de les plonger dans des abysses électroniques fascinants et osés.

« Blackout » ressemble à une créature hybride, mi-machine, mi-sirène, que l’on observe avec respect et retenue, tant sa beauté nous trouble et nous confond. Grâce à ces quatre pistes à la fois complexes et savantes, GuiK est parvenu à concilier la subtilité du rock progressif et l’acidité corrosive des ornements informatiques, dans une chorégraphie millimétrée et envoûtante. Une belle réussite, qui augure du meilleur pour un groupe que l’on va surveiller de très près !

« Blackout » de GuiK est disponible depuis le 8 novembre 2017.


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