Grand Blanc – Devant de nous

Parfois, il pleut. Surtout en ce moment. Parfois, on reste cloîtré chez soit. Souvent. On tente de lire, de remplir des formulaires à envoyer à la Sécu, mais non, on finit toujours par s’asseoir devant un écran. En tout cas, c’est ce qu’il m’arrive. J’ai beau lutter, je n’y arrive pas. Tête à tête informatique. Alors je pars dans des vagabondages musicaux. De pages Facebook en pages bandcamp. J’écoute. Et parfois, le hasard fait bien les choses. Le hasard a fait que j’ai écouté l’EP de Grand Blanc. Et pour ça je bénis le hasard.

Grand Blanc - Devant de nous

« Devant de nous » c’est son nom. Cinq pistes qui ont vu le jour durant les trois dernières années. Ils sont quatre. De la guitare. De la contrebasse et des synthés. De la basse. Des beats et encore du synthé. Et deux voix qui se tiennent tête. Une féminine. Une masculine. Grand Blanc est une formation à découvrir.

Samedi la nuit – Feu de joie – L’homme serpent – Nord – Montparnasse

 

Benoît David est au texte. C’est le français qu’il a choisi. Un français qu’il incarne dans un corps roc. Une voix massive. Il y a là quelque chose de Danier Darc, j’ose aussi la référence à Bashung. La voix est au-dessus de la musique. Elle surplombe les sonorités sombres. Les échos macabres. Elle cogne, mais reste intacte. Fière dans la bataille. Puis s’ajoute cette voix féminine. Arrivée sur un « Feu de joie ». Un brin cassée. Suppliante. Toute la résonance en découle. Les voix à la limite du parler se crachent leur poison. Domination ou tentation. On ne sait plus vraiment ce qui se joue là.

La musique est vibrante. Riche d’échos, d’esquisses d’aboiements électroniques. Ça résonne et ça tonne. Terrible comme un orage en haute montagne.
Dans les mots, il est beaucoup question d’obscurité. Ambiance glauque. Bas fonds et mauvais garçons. Grand Blanc avec cette poésie qui fait appel à notre folie. Une poésie des plus barrées. Des plus extravagantes. Démente.

Grand Blanc

Démente. La chose est dite, « Devant de nous » est un EP tout simplement brillant et dément, et c’est sorti le 18 mai.

facebook.com/GRNDBLNC
grandblanc.bandcamp.com

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Juliette Durand

étudiante en cinéma, arpenteuse des scènes parisiennes et passionnée des musiques qui prennent aux tripes