[EP] Gatha – Renaissance

Cinq titres épris de fièvre, de mélancolie et de volonté de vivre, encore plus fort. Avec « Renaissance », Gatha confie ses histoires d’une existence vécue à fond, sans fard, sans fausse pudeur. Un jeu personnel dévoilé avec sincérité et beauté.

Gatha - Renaissance

De sa formation de violoncelliste, Gatha a retenu un sens de la mélodie qui ne laisse aucun doute sur sa capacité à expérimenter de nouvelles possibilités, qu’elles soient organiques ou reflétées par des machines étonnamment sincères. Et c’est bien cette dichotomie qui berce les accords de « Renaissance », nouvel EP sur lequel les artifices n’ont jamais été aussi profonds et omniprésents, portant des harmonies intenses et diffuses. Un disque complexe, savamment créé et composé, mais ne perdant jamais le fil de notes précises et parfaitement envoûtantes. Un travail titanesque pour un résultat admirablement intime et proche de nous, de nos âmes et de ses tourments, comme de tous nos petits bonheurs.

Car, avant tout, Gatha arrange ses pistes avec une férocité et une rage qui laissent admiratif et, au premier abord, perdu dans ce tumulte sonore inépuisable. L’électronique se lie aux chœurs, dans une union aussi surprenante que magnifiquement pointue et suave (« Renaissance »). « Allons quitter la zone de confiance », chante-t-elle ; et c’est bien là tout l’enjeu de ce disque aux multiples visages, incessant d’idées scrupuleuses et belles à se damner. Quand le violoncelle porte toute une chanson à bout de bras et de cordes (« Léo »), la direction se trouble et monte en force d’évocation avant que les boucles synthétiques ne prennent une place prépondérante mais toujours émouvante (« Amours avortées »). Artistiquement, l’ambition de Gatha est de poser un maximum de couches sonores dans un souci constant de beauté et d’émotion, ce qu’elle parvient à accomplir avec maestria et une volonté inépuisable de ne laisser aucun temps mort dans ses créations. Pièce centrale de ce torrent intarissable, « Les marcheuses de la nuit » se fait plus confident, voire dépouillé, afin de respirer avant un final dont la sobriété se fait rapidement poignante et dense (« Oublie tout »). L’EP paraît, dans son ensemble, d’une cohérence sans faille et possédant un réel propos, aussi bien dans la composition que dans son lyrisme inhérent.

Sur ces draps immaculés et ondulants, Gatha nous transporte à travers un timbre à la fois honnête et captivant. Elle doit parler, se confier, se donner ; pas seulement raconter, mais plutôt céder à ses pulsions, ses colères, ses démons. Elle conseille, elle berce, elle avoue ses faiblesses, grâce à sa voix franche et débordante d’un désir de profiter de chaque seconde pour s’exprimer, dans l’urgence de l’inspiration. Au fil de ces cinq titres faits de sueur et de larmes, elle traverse les états d’âme qu’elle a vécus et qu’elle confesse devant nous, sans se dissimuler derrière des mots qui ne feraient pas sens. Chaque terme est alors posé pour créer un véritable langage de l’impression, un cadre pour toutes les dévotions à son art. Actrice de ses propres plaisirs et douleurs, Gatha s’expose et dépose sur nos cœurs un baume salvateur et sublime ; comme une envie de tracer un nouveau chemin avec nous, pour elle, par elle. En attendant que son histoire se prolonge à l’infini, dans sa séduction et ses révélations.

crédit : Camille Cier
crédit : Camille Cier

Dire autant de contes de l’ordinaire dans un format aussi court relève du génie, avec une modestie qui ne fait que renforcer l’impact de ces comptines d’un quotidien à expérimenter de l’intérieur. Gatha n’a pas fini de bouleverser nos esprits.

« Renaissance » de Gatha est disponible depuis le 25 mars 2016 chez Universal Music.


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