[Clip] Fragile – Without a fight you die

En se réappropriant l’un des événements majeurs du XXe siècle, Fragile laisse planer devant nos yeux un sentiment de pouvoir inattendu ; une envie de se lever et de se battre, autant pour soi que pour ses idéaux. L’idée était osée ; le résultat est fabuleux.

Ali vs. Foreman. Le combat du siècle, diront certains, et à juste titre. En huit rounds et une heure de directs acharnés, Ali entre dans la légende. Ces images, beaucoup les ont vues des centaines de fois (y compris l’auteur de ces lignes), mais leur impact ne cesse de croître, de prouver que l’on assiste à rien de moins qu’à un tournant dans la vision globale de la boxe autant que dans la rage du sport et la passion de ses acteurs. Une lutte que le duo bordelais Fragile a décidé d’utiliser afin d’accompagner « Without a fight you die », extrait d’un premier opus prévu pour le 17 novembre prochain. L’union de ces deux formats – musical et visuel, notamment grâce au montage parfait et symbiotique de Mathieu Pittet – pourrait sembler osée, voire risquée. Mais, au vu de la force qui anime aussi bien la partition que les extraits choisis, on sait que l’on tient là un projet qui risque bel et bien de nous envoyer dans les cordes ; et avant les huit rounds…

L’électricité menaçante des mélodies, guitares et batteries avides de Fragile épouse à merveille la violence des images, d’une introduction lente et aérienne mêlée au gros plan du visage d’Ali, prêt à en découdre, jusqu’au premier coup de cloche. Tout s’emballe alors, David et Mathieu usant de leurs instruments respectifs pour créer une atmosphère tendue, sauvage et aiguisée. Mais on distingue également, sous cette révolte grondante, une sagesse qui tend à démontrer que les coups de poings peuvent aussi venir de l’intérieur, de la parole et de la pensée. Et si ce match, cette confrontation, était ceux de notre quotidien, de notre relation avec l’autre ? Et si les uppercuts étaient la représentation des gifles morales que nous recevons lorsque les sentiments prennent le dessus ? Fragile laisse planer ce doute, le dédouble avant de le rendre évident et immuable. À tel point que l’on ne voudra pas mourir sans s’être battu, corps et âme, pour devenir soi-même. Pour exister. Pour vibrer, autant que l’art de Fragile. L’album s’annonce comme un événement à part, admirablement mis en avant à travers « Without a fight you die ». Le reste appartient d’ores et déjà à l’Histoire ; même si elle ne fait que commencer.


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