Foals renverse l’Aéronef sans crier gare

Foals et moi, nous avons déjà une longue histoire. J’ai d’abord failli mourir piétiné dans un pogo lors de leur concert à Rock en Seine 2010. Surtout, lors de leur passage au Splendid de Lille il y a 2 ans, je me suis fait voler mon premier appareil photo hybride lors d’une bousculade à la fin du concert. A l’époque, je faisais des photos volées comme le font tant d’autres, et je n’ai eu que mes yeux pour pleurer à la fin du concert. C’est suite à cet incident qu’un ami a essayé de me convaincre que je devais demander des accréditations photo et faire de ma passion pour la photo de concert une activité officielle. A l’époque j’ai envoyé mes premières demandes sans y croire. Et me voilà ce soir-là, dans la chaleur de l’Aéronef, attendant avec les quelques heureux élus ayant obtenu un pass photo de faire mon entrée entre la crash barrière et la scène pour le retour de Foals à Lille. Autant vous dire que le côté symbolique donne à cette soirée une émotion toute particulière pour moi.

Foals

En ce mardi 26 mars 2013, il fallait encore une fois arriver tôt pour ne pas rater la première partie. Alors que je passe la porte de l’Aéronef à 20h10, Jagwar Ma est déjà sur scène. Dommage pour les photos ! J’en profite pour aller boire un verre et reviens au moment où les lumières se rallument. De ce que j’entends, ou de ce qu’on me dit, je n’ai pas raté grand-chose. Et tout le monde est déjà fébrile en attendant Yannis Philippakis et sa bande. Ici et là, j’entends des gens critiquer le dernier album de Foals, Holy Fire, d’autres au contraire adorent. Mais on sent bien que tout le monde, absolument tout le monde, est là pour prendre une grande claque devant un énorme concert. La pression doit être grande sur les épaules des Foals.

Foals

Le groupe entre sur le Prelude du dernier album (précédé de quelques sons étranges qui font monter la tension) puis enchaîne à la surprise générale sur des morceaux du premier album : Balloons et Olympic Airways. A ce moment, petite frustration pour les photographes qui se font raccompagner du bord de scène par la sécurité alors que personne ne pensait que le prélude comptait dans les 3 titres autorisés. Je m’extirpe donc de la crash barrière sur les premières notes du très attendu My Number et constate que la foule sautille déjà dans tous les sens. Suit Bad Habit. A cet instant je me fais la réflexion que le concert est bon, mais que je ne suis pas vraiment à fond. C’est gentil à écouter, le son est hyper propre, mais il manque un truc, c’est presque trop prévisible et on attend de Foals un grain de folie supplémentaire. Ceci dit, je vois déjà des vêtements voler en direction de la scène et des jeunes gens s’essayer au slam.

Foals

Petite ellipse : nous sommes à la fin du set et je me demande ce qu’il s’est passé entre ce début de concert un peu trop sage et maintenant, alors que le groupe sort de scène après Electric Bloom. Je suis en nage, je hurle avec la foule pour en demander encore, regarde le pote venu avec moi qui me lance un « c’est juste énorme ce concert ! » et tape du pied et des mains pour faire revenir le groupe pour les rappels. Il s’est passé un truc qu’on n’a vraiment pas vu venir, une sorte de crescendo imperceptible. Un Blue Blood réussi mais encore un peu propret puis un enchaînement : un triptyque Milk & Black Spiders – Late Night – Providence qui touche vraiment à la perfection et qui déchaîne la folie du public. Rétrospectivement, je me dis que le concert bascule sans doute sur l’envolée de guitares à la fin de Late Night et qui amène à Providence, assurément le morceau du concert. Au milieu de celui-ci, Yannis Philippakis descend de scène et longe la crash barrière pour se frotter un peu au public, il remonte sur scène, salue les premiers rangs et s’en va jouer de la gratte devant le batteur. Sauf qu’à ce moment-là, il fait volte-face, fonce vers le public et se jette de toutes ses forces dans la foule, guitare à la main, et se retrouve à slammer sur le dos tout en continuant de jouer de la guitare.

Foals

A partir de là, les Foals n’ont plus qu’à dérouler, et on continue de monter vers les sommets avec un Spanish Sahara et sa montée progressive vers l’explosion finale du morceau, et Red Socks Pugie, une explosion en soi pour le coup, qui voit Yannis retourner au slam. Et donc Electric Bloom pour finir.

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La petite fausse note du concert, c’est le public qui ne respecte pas du tout Moon, la balade qui clôt Holy Fire, ici jouée par Philippakis et Bevan seuls en scène au début des rappels. Il faut dire que le public bouillonne encore des morceaux précédents et ne demande qu’à y retourner. Il veut sauter, danser, crier, et là ce n’est évidemment pas possible. Ça se confirme avec Inhaler qui voit la foule s’embraser instantanément et le concert se termine en apothéose sur Two Steps, Twice.

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Nous étions tous là pour un grand concert, nous attendions Foals au tournant, nous espérions être surpris, bouleversés, renversés. Le moins qu’on puisse dire c’est que les Foals ont relevé le défi en nous emmenant bien au-delà de toute espérance. Le groupe est désormais tout en haut de mon top des meilleurs concerts de l’année, et il est certain qu’ils ne seront pas faciles à déloger.

Site de Foals : foals.co.uk
Toutes les photos du concert : Foals @ l’Aéronef

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