[LP] Fishbach – À ta merci

Après un premier EP à la fois impressionnant et mystérieux sorti en 2015, l’Ardennaise Fishbach a pris le temps d’affiner son style et son univers afin de proposer un album des plus réjouissants. Empruntant un chemin au milieu des ombres et lumières, mais aussi entre sonorités 80’s et post-modernes, « À ta merci » est un disque notamment beau par son indépendance.

Elle était l’objet de presque toutes les discussions, de toutes les attentions lors des Trans Musicales 2016 avec sa création originale. Nous attentions donc tous ce fameux album synonyme de confirmation. Le résultat est un jouissif mélange de new-wave, d’électro et de pop rétrofuturiste sublimé par la voix déroutante de Fishbach (Flora de son prénom). Une voix puissante mêlée à un timbre mutant ; juvénile ou mature selon les intonations. Le genre de voix dont il faut absolument faire quelque chose.

Cette voix, assortie à des arrangements bien pensés, donne un résultat à la fois unique et mystique aux compositions de Fishbach. L’introduction « Ma voie lactée », « Invisible désintégration de l’univers » ou encore « Le château » génèrent par exemple de subtiles atmosphères cosmiques et fantomatiques. Une ambiance parfaite reflétée dans la pochette du disque réalisée par Yann Morrison où l’on voit une Flora Fishbach exsangue.

Force est de constater que la mort est un sujet récurrent dans le disque. Fishbach va même jusqu’à l’incarner, comme un personnage au théâtre. « On me dit tu » et sa punchline : « On me nomme la mort / On me dit tu / On me dispute encore » sont déjà cultes. « Mortel » et ses beats futuristes font également de Fishbach la Grande Faucheuse du dancefloor : « Jamais rien vu d’aussi mortel que ces tirs au hasard ». Impossible de ne pas citer également « Éternité », véritable incitation à danser à corps perdu.

Et puis il y a ces deux chansons magnifiques. La poétique « Un beau langage », délicieuse balade aux synthés cotonneux qui parle d’un amour virtuel dans tous les sens du terme. L’éponyme « À ta merci », quant à elle, n’est que pure poésie : « Si je demeure à ta merci, il n’y a pas l’ombre d’un souci ». Sensible et fragile, l’instrumental est si simple qu’il en paraît dénudé. Les non-initiés de Fishbach penseront à des perles oubliées de Catherine Ringer en écoutant l’album, notamment sur « Y crois-tu » ou « Un autre que moi ». So eighties !

Mais Fishbach génère la surprise sur chaque piste tout en témoignant d’une faculté stupéfiante à sublimer le tragique. Lorsqu’un morceau s’apprête à en suivre un autre, difficile de savoir à quoi s’attendre. « À ta merci », c’est plutôt nous qui le sommes.

crédit : Yann Morrison

« À ta merci » de Fishbach, sortie le 27 janvier 2017 chez Entreprise.


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