[Entourage #77] Eugénie Alquezar (Parlor Snakes)

À la veille de la sortie de « Disaster Serenades », son 3e album, Eugénie Alquezar, chanteuse et guitariste à la grâce incantatoire et à la passion incarnée de Parlor Snakes nous confie les rencontres exigeantes et précieuses qui ont façonné sa carrière. De photographes et écrivains cultivant le goût absolu de l’artisanat aux fortes personnalités croisées sur sa route, la musicienne parisienne nous dresse le portrait de personnages hauts en couleur. Des rencontres qui donnent du relief et une authenticité à son quotidien, à l’image finalement de ce nouvel album qui donne généreusement à entendre un rock souvent psychédélique, aux senteurs de tempête dans le désert et d’asphalte brûlant. Un disque terriblement sournois et envoûtant qui n’attend pas qu’on l’approche pour mordre. Les crotales n’ont qu’à bien se tenir…

crédit : Antoine Doyen

Persona – De l’autre côté du miroir

Persona est une revue trimestrielle dans laquelle les artistes dévoilent leur face cachée. Elle ne ressemble à aucune autre et c’est ce qui la rend passionnante. De longs entretiens, des raretés, des artistes connus ou en devenir, issus de la musique, mais aussi du théâtre, de la littérature, de la peinture, du cinéma. À la tête de cet objet rare, il y a Frédéric Lemaitre et Isabelle Dalle. Frédéric, c’est comme si nous le connaissions depuis toujours. Il est notre ami depuis les débuts du projet. Il fut le premier bassiste du groupe, lorsque nous ne nous appelions pas encore Parlor Snakes. Déjà, à cette époque, Frédéric passait beaucoup de temps à nous prendre en photos, à réaliser nos clips en Super 8, à dévorer des bouquins et à courir les concerts. C’est l’archiviste de nos débuts et notre ami indéfectible. Isabelle est graphiste et son talent et son attachement à Frédéric nous a fait nous rencontrer et collaborer ensemble sur la pochette de notre premier single « Shotguns » et celui de notre premier album « Let’s Get Gone ». Elle en a conçu le design, et Frédéric a fait les photos. Persona est la somme de leur curiosité, de leurs goûts, et il faut aujourd’hui beaucoup de force pour décider de monter une revue papier glacé, sans pub et sans compromis. C’est un élan plein de vie, tourné vers l’Autre. On sera d’ailleurs dans le prochain numéro de la revue.


Stéphane Saunier

Tout le monde connaît Stéphane Saunier. Il nous a biberonné au rock’n’roll sous toutes ses formes et nous a fait découvrir un paquet de groupes, via son émission sur Canal +, « l’Album de la Semaine », notamment. Peter et moi le rencontrons en 2012 ; on est invité par The Jim Jones Revue, à l’enregistrement de leur session « Album de la Semaine », vu qu’on part ensuite en tournée avec eux, en support band. Franchement, ce type m’intimidait. Je n’osais pas lui parler. J’avais envie de lui donner notre premier album, mais je n’ai jamais franchi le cap du « bonjour ». Quelques années après, il débarque à Glazart pour nous voir.  Cette fois-ci, je me suis lancée et je ne le regrette pas ! M. Saunier est quelqu’un d’extrêmement attachant. Comme quoi l’image qu’on se donne parfois des autres n’a rien à voir avec ce qu’ils sont réellement dans la vie. Sa passion pour la musique est viscérale, son engagement total, son amitié inestimable. Quand il aime un groupe, il ne le lâche pas.


Eric Keller

Un soir, il y a longtemps, dans un bar gothique où je (Eugénie) faisais une performance avec un groupe de filles, débarque Eric avec un book photos sous le bras. Il a l’air décalé, car pas du tout gothique ni rock’n’roll, bref sans tout l’attirail lié à ce genre de lieu. Il va droit au but, tout en étant assez timide. Il aimerait nous prendre en photos. C’est le début d’une longue amitié avant tout, et d’une collaboration aussi. Eric n’est pas n’importe quel photographe. Il photographie des paysages crépusculaires, des bunkers (il est de Dunkerque), des zones esseulées, mais aussi et surtout (car sa réputation vient surtout de ces images-là) il met en scène ses rêves dans lesquels évoluent des prêtresses, des idoles, des Femmes puissantes. Il m’a beaucoup photographié et tout naturellement Parlor Snakes, car il aime notre musique. D’ailleurs, il ne travaille qu’en musique. Sa vision très personnelle de l’image (en argentique bien sûr) et de son développement (artisanal), du travail de fabrication des accessoires et costumes est assez unique. Chaque détail compte. Comme dans l’élaboration d’un album. Une de ses photos figure dans notre deuxième album.

crédit : Eric Keller

Hot Pants Touring

Hot Pants, comme la chanson de James Brown, c’est notre tourneur. C’est aussi ma boite (Eugenie) et celle de mon associé Gary, qui est aussi notre sondier et tour manageur. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, right ? Derrière cette structure, il y a la volonté de découvrir des groupes (Australiens pour la plupart), et de les porter aussi loin que possible. Ce qui nous a permis de rencontrer de près des artistes que nous admirions de loin. Notamment Mick Harvey, dont nous avons toujours été fan (Peter a découvert Serge Gainsbourg à NY grâce à ses albums de réinterprétations de Gainsbourg), Kim Salmon des Scientists, guitariste génial et « godfather of grunge », ou encore Lydia Lunch dont je jouais, plus jeune, les textes au théâtre. Une rencontre nous a particulièrement marqués, celle avec Dale Barclay, qui est décédé l’année dernière… Nous étions fans de son groupe The Amazing Snakeheads, et lorsque Dale a pris contact avec Hot Pants, et que je (Eugénie) me suis rendu compte qu’il s’agissait bien de lui, j’ai immédiatement eu envie de bosser pour son nouveau projet : And Yet It Moves. Malheureusement la maladie l’a emporté beaucoup trop tôt. Son charisme incroyable et sa gentillesse en faisaient une personne qui vous donnait envie de vous dépasser pour lui. Onwards, always.


Versari

Versari, c’est le groupe de notre voisin de studio Jean-Charles Versari. Du post punk en français, sous influences Marquis de Sade, Joy Division. Il en est le guitariste et le chanteur. Les textes sont puissants et le ton très personnel. JC a aussi son studio d’enregistrement et de mixage, Poptones Studio, juste à côté de notre studio de répétition, à Campus (Paris).  Il y a un bel échange entre nous, une proximité liée à notre environnement et amis communs, mais aussi à nos goûts musicaux qui sont souvent les mêmes. On passe le voir, il passe papoter avec nous, on suit mutuellement nos évolutions. Souvent Warren Ellis débarque chez lui pour enregistrer avec son petit synthé.


« Disaster Serenades » de Parlor Snakes, sortie le 4 octobre 2019 chez Hold On Music et Wagram Music.
Release party le 8 octobre 2019 au Point Éphémère.


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