[EP] Estelle Meyer – Sous ma robe, mon cœur

Sorti le 17 octobre, « Sous ma robe, mon cœur » est le tout premier livre-disque d’Estelle Meyer, dont le nom s’inscrit petit-à-petit dans le monde musical. Si vous ne l’avez encore jamais croisée en concert, en revanche, vous pourriez l’avoir vue sur les planches de l’Odéon, sous la direction de Guillaume Vincent, ou à Avignon avec le Birgit Ensemble, et même au cinéma dans « Rêves de Jeunesse » d’Alain Raoust, présenté à Cannes en mai dernier. Vous l’aurez compris, il n’y a pas seulement sa formation de chant lyrique qui fait d’Estelle Meyer une artiste avide de création en tous genres, fermement déterminée à installer sa poésie féministe au cœur de la chanson française actuelle. 

Poussée comme un cri du cœur en quête de mots justes, la voix pleine de caractère d’Estelle Meyer domine ces six titres. Dès l’ouverture (« Il y a »), surprenante tant elle est grandiose et semblable à une apogée dramatique, la lenteur et la gravité de la musique grondent un instant puis s’apaisent pour frayer un chemin à la voix indétrônable de la conteuse. Elle nous tend spontanément la corde pour nous rapprocher un peu plus de ce qui grouille en elle depuis des mois. L’ancre est levée, les matelots sont sirènes, sont têtes de femmes.

Et ce n’est pas le titre phare, « Pour mes sœurs », qui affirmera le contraire. Sur un air de piano-bar, Estelle Meyer hisse son hymne à la féminité en s’exclamant avec exactitude et habileté : « Tous sortis d’un ventre, d’un sexe de femme, tous sortis d’un utérus de dame, nous sommes vos mères, vos sœurs, vos femmes […] nous sommes la moitié de l’humanité […] ». Sur ces paroles, le clip sorti en mars dernier révèle avec beauté une diversité de portraits féminins. Et les revendications d’Estelle ne s’arrêtent pas là. Sur « Mes Cardinales », elle sublime sans filtre le cycle menstruel. Au fil de « Mon p’tit amour » et « Cantique », elle nous offre un détour par les îles de ses amours inachevés, sans pour autant sombrer dans un écueil larmoyant, puisque ces deux ballades nous emmènent vers « Donne-moi une chambre orientale », clôture joviale aspirant à danser. Bref, « Sous ma robe, mon cœur » a quoi (r)éveiller les consciences, sillonnant les mers sans tanguer.

« Sous ma robe, mon cœur » d’Estelle Meyer, livre-disque disponible depuis le 17 octobre 2019 chez Major.ette.


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