[Live] Empress Of au Badaboum

Nous avions laissé Empress Of il y a presque trois ans, en tournée pour son remarquable debut album, « Me », sorte d’introspection sur des expérimentations pop lyriques et catchy. Quelques concerts plus tard, l’Américano-Hondurienne nous revient après quelques collaborations avec Dev Hynes alias Blood Orange sur le disque de ce dernier puis également « Us », nouveau long-format alt-pop de la jeune artiste.

crédit : Florian Soni-Benga

Un second projet qu’elle veut plus urbain sur ses contours ou sa production et en même temps plus hispanique dans les textes. Un changement d’ambiance pas si radical, mais qui donne une autre portée aux partitions d’Empress Of. On le sent dès l’ouverture de son concert au Badaboum, le 23 mars dernier, avec « Trust Me Baby » et « In Dreams » où elle impose un flow RnB qui alterne les couplets en langue romane et anglaise. Le tube « Everything to Me » est également dans cette veine tout en se hissant parmi les hymnes pop plébiscités de la soirée.

Ne profitant plus du live-band de l’ère précédente, elle s’est entourée de machines et équipements électroniques entre synthés et drum pad, dont elle partage les manettes ainsi que les commandes vocales avec son acolyte surprise Erin Fein, New-Yorkaise échappée du projet Psychic Twin. Moins expressive et remuante sur scène, Lorely Rodriguez s’est un brin apaisée à l’image de sa musique et se concentre sur les prestations vocales délicates de ses nouvelles partitions empruntant aux codes de la pop urbaine. Moins aventureux et expérimentaux, moins instantanés également, ses « Just The Same » ou « I Don’t Even Smoke Weed » n’en sont pas moins de vrais délices qu’il faut apprendre à savourer différemment et plus posément. Moins personnel ou direct, son nouvel album propose en effet des territoires émotionnels plus longs à explorer, entre énergie positive et catharsis.

Après avoir questionné les genres sur l’hymne « Woman is a Word », elle laisse toujours une place à l’un de ses tout premiers sons « Realize Me », et aux délires électros de « Me », par les beats enivrants de « Water Water » ou l’addictif « How Do You Do It ». En guise de rappel, le vaporeux « Again » qui ferme son dernier disque laisse place au « Best to You » de son ami Blood Orange, comme un clin d’œil à celui qui semble avoir laissé sa patte dans l’esprit des nouvelles compositions de sa protégée. Et c’est pour le mieux.


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