[Entourage #98] Élise Mélinand

Le temps semble avoir filé si vite depuis la sortie du magnétique et minéral « Apophyllite ». Quatre ans déjà. Plus convaincue que jamais que sa musique doit se lier de poésie et de sens à l’expression française, Élise Mélinand dévoile ce vendredi « Murmures », sa troisième épopée lyrique et chimérique, à la frontière du trip-hop, de la pop nordique et de l’enfance. Avec son interprétation féérique, pleine de singularité, de finesse, mais aussi de force, d’éclats et d’une liberté réaffirmée – mieux encore, sublimée -, la chanteuse et conteuse parisienne impose avec une douceur saisissante, sa voix fantastique incomparablement liée à ses allers-retours au pays des songes. Pour accompagner la sortie de son merveilleux nouvel album, Élise Mélinand nous fait l’honneur de nous confier ses plus belles rencontres musicales, de celles qui ont façonné son approche du monde, de la musique et du live.

crédit : Gabrielle Malewski

Will Samson

C’est l’un des premiers artistes auteurs-compositeurs-interprètes que j’ai rencontré à Berlin. C’était chez Madame Claude, un bar du quartier de Kreutzberg où nous étions tous les deux programmés. À l’époque, il y a dix ans environ, je faisais partie d’un duo franco-finlandais dans lequel je ressentais pas mal de frustration, car j’avais besoin d’écrire mes propres morceaux. Will m’a alors poussé à enregistrer mon premier EP solo « Le Voyage » sur des magnétophones à bande. Il est aussi à l’origine de ma rencontre avec Christina Vantzou. Je lui dois beaucoup, dans mon émancipation musicale, mais aussi en tant qu’individu. Je ne sais toujours pas s’il est au courant que mon premier album, « Gray Hoodie » lui est dédié.


Christina Vantzou

Artiste gréco-américaine, ancienne moitié de The Dead Texan (Kranky), elle m’a toujours fascinée par la manière qu’elle a de monter des projets ambitieux en un temps très court. Ne connaissant pas le solfège, elle a inventé son propre système musical qu’elle utilise en live également. J’ai eu la chance de faire partie de son groupe The Little Prism Ensemble en tant que violoncelliste et chanteuse. Sur deux années, nous avons tourné à travers l’Europe en assurant les premières parties de Nils Frahm, Johan Johansson ou encore Max Richter. C’est à ce moment-là que j’ai découvert des univers musicaux mélangeant néo-classique et musique électronique, ce qui m’a beaucoup influencée par la suite.


Ocoeur

C’est grâce à Franck Zaragoza, aka Ocoeur que je sais utiliser Ableton et que j’ai découvert des outils incroyables pour composer ! Nous avons d’abord fait connaissance via Soundcloud à travers la musique de l’un et de l’autre, puis je suis partie une semaine chez lui dans le sud-ouest de la France pour enregistrer le morceau « Sur l’Océan » qui figure sur mon premier album et sur lequel il joue du piano. En effet, en plus d’être compositeur, Franck est aussi un excellent pianiste et un grand pédagogue. Sa rencontre m’a permis d’aborder le label américain n5MD qui a sorti « Gray Hoodie » en CD et vinyle. Une très belle expérience !


Saaramaija Żórawski

À l’époque où je l’ai connue, elle s’appelait encore Saara Markkanen. Finlandaise rencontrée à Berlin, nous y avons partagé un appartement et de nombreux fous rires. Poétesse, multi-instrumentiste, chanteuse, compositrice : quand elle aime un instrument, elle se l’approprie en un rien de temps. C’est assez fascinant à voir. C’est comme si elle n’éprouvait aucune difficulté à passer de la flûte traversière à la guitare en passant par la clarinette. En 2012, elle m’a proposé de l’accompagner au chant sur sa tournée américaine. Grâce à elle, j’ai parcouru des milliers de kilomètres, joué dans des lieux aussi incongrus que mystiques et rencontré des personnes extraordinaires. Cette vidéo est tirée d’une session acoustique improvisée dans la cuisine de notre hôte en Nouvelle-Orléans. Il s’agit d’une reprise de « True Love Will Find You in the End » de Daniel Johnston, l’une de mes chansons préférées et que Saara m’a fait découvrir.


Charles Gosme

Charles est une rare et très belle âme avec qui la connexion musicale est évidente. J’ai découvert sa musique sur YouTube et par chance, il s’avère que nous habitons tous les deux à Paris. Nous nous sommes rendu compte que nous avions beaucoup de similitudes dans nos façons de penser la musique, de la faire sonner, de l’écrire. Nous avons donc commencé à travailler sur mes lives et espérons reprendre au plus vite une fois le Covid passé.


« Murmures » d’Élise Mélinand, sortie le 15 mai 2020 chez Colligence Records.


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