[Live] EL VY et The Penny Serfs à l’Ancienne Belgique

Direction la Belgique et Bruxelles pour faire connaissance avec EL VY, duo né de l’amitié entre Matt Berninger, le charismatique leader de The National, et Brent Knopf de Ramona Falls (et ex-Menomena), tous deux auteurs d’un des albums les plus enthousiasmants de 2015, « Return To The Moon ».

EL VY, Ancienne Belgique, Bruxelles, 7 décembre 2015

La soirée débute à 20h dans une Ancienne Belgique encore relativement déserte avec les Penny Serfs. Ce groupe américain semble visiblement capable de s’illustrer dans une veine quasi brit pop que ne renierait pas les frères Gallagher tout en explorant des contrées beaucoup plus rock et lourdes. L’ensemble manque tout de même un peu de liant, mais l’essentiel est préservé par un batteur qui assure à lui tout seul le minimum de cohérence nécessaire pour garder notre intérêt.

Il est 21h quand Matt Berninger entre en scène, cheveux longs, grandes lunettes et petite chemise cintrée blanche. S’il incarne une certaine idée du dandy avec The National, on pense ici plutôt à un hipster, mais l’homme est toujours doté d’autant de classe. À ses côtés, Brent Knopf, l’autre moitié de EL VY attrape une guitare et se met place derrière un clavier. Le duo est accompagné d’un batteur et d’un bassiste pour compléter la formation live.

Brent Knopf monte sur un retour pour faire face à la foule et se grandir. Matt Berninger lui lance qu’il se sent déjà obligé de faire son intéressant parce que le concert est diffusé en live sur internet. Et dans un grand sourire que le groupe se lance avec « Careless », le titre qui clôt normalement l’album « Return To The Moon ». Le groupe semble vouloir commencer avec les balades (suivent « It’s a Game » et « Sleepin’ Light ») comme pour ne pas trop brusquer les fans de The National.

Alors qu’on se laisser bercer et qu’on apprend à apprécier ces vidéoprojecteurs placés en hauteur tout autour de la scène et qui diffusent lumières et formes colorées sur le groupe (il n’y aura pas d’autres sources d’éclairage sauf rares exceptions), EL VY nous assène une claque en enchaînant « Sad Case » et « Happiness, Missouri », les deux morceaux aux guitares lourdes de l’album. Cela produit son effet et déchaîne le public avant que ne vienne le tube éponyme « Return To The Moon ».

Au fil des titres, on réalise que Matt Berninger ne sait pas être autre chose que Matt Berninger sur scène. Comme avec The National, ce grand bonhomme un peu raide arpente frénétiquement la scène en abandonnant son micro derrière lui (dont il a cassé le pied dès le début du concert), se met en retard sur la musique et doit foncer vers son micro, sur lequel il lui arrive par ailleurs de frapper violemment. Cela semble amuser le reste du groupe, beaucoup plus concentré et appliqué. C’est d’ailleurs un peu ça la magie EL VY, un homme charismatique se tient sur le devant de la scène sans que cela n’écrase les autres musiciens. C’est qu’il y a une sorte de connivence naturelle entre ceux-là.

On apprécie aussi de retrouver l’humour de Berninger, qui remercie les Penny Serfs et s’excuse au nom d’EL VY pour avoir volé leur bière (dans une séquence diffusée en live sur la page Facebook du groupe, on a pu voir Matt aller dans les loges des Penny Serfs, ouvrir leur frigo et y piquer une bière) avant de se raviser et de s’excuser en son nom à lui uniquement.

Le public commence alors à faire ses comptes et prend conscience que presque tout l’album d’EL VY y est passé. Le concert touche manifestement à sa fin. C’est là que Brent Knopf décoche quelques accords de guitare que tout le monde reconnait instantanément : EL VY nous achève en nous envoyant une sublime reprise de « She Drives Me Crazy » des Fine Young Cannibals. C’est tellement beau et parfait qu’on se dit que ce titre a été écrit pour la voix grave de Matt Berninger. Et ce public qui scande à l’unisson « She drives me crazy, ooh, ooh », ça donne le frisson.

On se laisse alors glisser sur un beau et doux « No Time To Crank The Sun » et on se rappelle qu’on s’était dit à l’écoute de « Need a Friend » que Matt Berninger criant « This is heartbreaking » ferait un joli final de concert, idée qui prend soudain forme sous nos yeux et nous fait perdre pied définitivement.

Lorsque les lumières reviennent, la salle balance « This Must Be The Place » des Talking Heads. Et David Byrne nous chante « Home is where I want to be ». À en croire le peu d’empressement de la foule à sortir de l’Ancienne Belgique, ce public voulait rester là avec EL VY.


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