[Entourage #89] Edgär

Un mercredi soir pluvieux (beaucoup d’interviews enregistrées à Amiens peuvent commencer ainsi), on s’installe dans le canapé du studio d’un duo qu’on affectionne particulièrement, et ce non pas pour jouer à FIFA, mais bien pour demander à Edgär de nous parler de cinq amitiés musicales. Après « Persona », un premier EP effervescent paru en 2017 dont vous avez forcément entendu les tonalités sucrées de « Two Trees », les deux Amiénois démarrent 2020 au quart de tour avec « Walking Into Heaven », un second opus de cinq titres toujours aussi électro/pop mais bien déterminé à rouler pour vivre à fond, et le plus longtemps possible. Ronan Mézière et Antoine Brun ont minutieusement sélectionné cinq groupes qui les ont marqués et soutenus ou qu’ils admirent, entre rencontres incroyables, potes de toujours ou artistes surprenants. 

crédit : Céline Carpentier

Talisco

On a joué avec lui à Mulhouse il y a quelques mois. On était en train de composer notre nouvel EP, « Walking into Heaven », et on se posait pas mal de questions sur la place de l’électro/pop à textes anglais en France. C’est une esthétique qui n’est plus trop en vogue. Après le concert, en loge, on a donc évoqué ça avec Talisco et ses musiciens, et ça nous a rassurés de constater que notre état des lieux était le même que le leur. Talisco n’a rien caché, il sait qu’il est arrivé à un moment où l’électro/pop en France était à la mode, et aujourd’hui il sent une réelle baisse de l’intérêt pour ce genre. C’était bien de parler de ça avec lui. Talisco n’est pas quelqu’un qui nous influence musicalement, sauf pour ses clips, qui ont une véritable identité visuelle et ont beaucoup inspiré pour les nôtres.


Weekend Affair

Alors eux, clairement, ce sont des copains ! On travaille autant avec Louis Aguilar qu’avec Cyril Debarge. En ce moment, ils préparent un album et on bosse dessus avec eux. Ils font les prises voix dans notre studio. C’est un véritable duo ! Ils sont tous les deux vraiment différents mais ils jouent de cette différence sur scène. Louis fait le gars introverti pendant que Cyril est dans un gros délire. On se retrouve un peu dans les deux, t’as le mec lunaire d’un côté et le businessman de l’autre (rires) ! Il n’y a pas beaucoup de groupes de chanson française sur lesquels on est d’accord, mais Weekend Affair, c’est indiscutable, on est partants. Ce sont des amis, et ils vont sortir une bête d’album !


Structures

Comment ne pas citer Structures dans nos amitiés musicales ? Ça fait dix ans qu’on est potes ! On était là lors de leur premier concert. On a même bossé ensemble sur d’anciens groupes et on parle toujours de nos projets actuels. Musicalement, ils sont très bons dans ce qu’ils font, surtout en live. C’est là où ils dégagent le mieux leur identité. Structures a une énergie ultra punk qui fait du bien. Ça fait longtemps qu’ils font de la musique et ça décolle enfin ! Ils n’ont jamais lâché. En vrai, on ne sait pas si notre musique, c’est vraiment leur délire… Mais il y a cette solidarité précieuse. Pendant longtemps, il n’y avait pas d’entraide à Amiens. Quand la musique était un hobby, ça parlait les uns sur les autres, c’était chiant. Depuis que tout le monde est sorti de ça, on échange, on se donne des conseils et on se serre les coudes. Il n’y a pas de concurrence. On a tous envie de représenter la musique amiénoise.


MB14

MB14, c’était évident ! On a fait un feat avec lui sur « Stuck In Your Shadow », le deuxième single de notre nouvel EP. Son talent n’est plus à démontrer. Le mec est trop fort ! Quand on a bossé sur le feat, on a fait une vidéo live tournée au studio. Il est arrivé, et en trente minutes il avait refait la prod de la voix, sans avoir bossé dessus au préalable. Il nous a bluffés. On le connaît depuis longtemps et on le croisait souvent à la Lune des Pirates, on l’a même fait jouer sur Bruits de Lune (une émission radio enregistrée en live à la Lune des Pirates et diffusée sur Radio Campus Amiens : le but est de faire découvrir des groupes locaux émergents, NDLR). Puis, pour la petite histoire, l’année où on a eu des contacts avec The Voice, l’émission ne recherchait pas de duo. Donc on leur a suggéré MB14. Et le mec arrive en finale ! On l’a souvent recroisé, et dès qu’on a eu l’opportunité, on lui a proposé de faire un morceau. C’était super de travailler avec lui car il a une approche musicale totalement différente de la nôtre. Il suit son instinct. Dès qu’il trouve un truc qui lui plaît, c’est bon, c’est ça, il le garde. Alors que nous, on se prend la tête… pour rien ! Finalement, on garde le premier truc qu’on avait trouvé. Ça fait du bien de créer en se confrontant à autre chose. Bref, MB14 est incroyable. Et pas que en beatbox ! En chant aussi, il est très fort. Et à PES 2006 sur PlayStation 2… Enfin, nous, on l’a explosé à FIFA 2020 !


Jî Drû

C’est aussi un artiste amiénois. Il joue de la flûte traversière avec Sandra Nkaké, une artiste connue à l’international, et il a un projet solo. D’ailleurs, il vient de sortir un album qui s’appelle « Western », produit par le Label Bleu de la Maison de la Culture d’Amiens. Ça fait longtemps qu’il suit Edgär. Quand on a intégré Jocelyn, notre batteur, on a fait une résidence pour préparer nos futurs shows. Et Jî Drû était là, c’était une chance ! Il nous a fait des retours et ça nous a permis de passer d’un simple concert à un spectacle. Son morceau « Always On Your Mind » est juste parfait ! Attends, on te montre ! (Antoine sort son téléphone et commente la session live) Quand ils ont sorti ça, j’étais scotché. Sandra est une chanteuse complètement dingue et Jî Drû joue de la flûte comme un ouf. Il est vraiment dans son personnage. Ce qui m’a le plus étonné, c’est que ce genre de musique m’a tout de suite parlé ; alors que, d’habitude, je suis branché pop et chanson française vraiment efficaces. Jî Drû, ça ne devrait pas me parler. Et quand j’ai écouté ce morceau, j’ai été complètement bouleversé.

 


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