[Clip] Dionysos – Le chêne

On avait beau invoquer le dieu de la fête et du vin en se repassant leurs quelques huit albums, on commençait vraiment à s’ennuyer d’eux. Toutefois, si le groupe préparait son neuvième album, « Surprisier », à paraître en février prochain, la bande de Mathias Malzieu ne se met jamais vraiment à part. Quand la tournée du « Vampire en Pyjama » s’est achevée, Mathias est monté sur son skateboard pour faire un tour de Norvège, filmé et diffusé sur Arte, puis a publié un nouveau livre, Une Sirène à Paris, porte d’entrée de l’album à venir. Comme les gars et la fille n’oseraient pas nous laisser sur notre faim, ils ont d’ores et déjà, au cours de cette année, dévoilé deux extraits, « Une Sirène à Paris » et « Paris brille-t-il ? ». Et maintenant, pour le plaisir de nos yeux toujours ébahis devant la magie et nos oreilles grandement ouvertes aux riffs dionysiaques, le club des cinq révèle un troisième titre, « Le chêne », dont le clip a été majestueusement réalisé par Yann Ohran. 

Les premières notes de ce « chêne » sont indéniablement empreintes de nostalgie, et les paroles n’en demeurent pas moins. Car chez Dionysos, il reste toujours quelque chose de l’enfance. Toujours. On se souvient évidemment de l’effervescente « Song for Jedi » sur
« Western Sous La Neige » (2002) ou de la naissance de Jack dans « Le jour le plus froid du monde », ouvrant somptueusement La Mécanique du Cœur (2007). Au delà de la pureté et de l’innocence si typiques de l’enfance, Dionysos y décèle aussi le désir de l’expérience, la fougue brûlante de découvrir le monde, les yeux pailletés de magie. Toutefois, si le groupe français insuffle une énergie positive dans son propre univers, certaines histoires connaissent aussi obstacles et échecs. Finalement, que reste-t-il de cette enfance ? Que pouvons-nous encore sauver ?

« Le chêne » méritait forcément un clip, car quel meilleur medium que le cinéma pour enregistrer un bout de vie, une identité dans le réel, pour sauver quelque chose de l’infatigable fugacité de ce monde ? La pellicule est teintée de jaune, jaune passé mais aussi jaune merveille. L’univers de Dionysos a depuis longtemps (depuis toujours) les pieds ancrés dans la réalité, pas toujours tendre et souvent difficilement acceptable ; alors ils n’ont cessé de la transformer, de jouer des métaphores et de vivre au gré de rêves embras(s)ant la poésie. Et c’est ce chêne qui surplombe l’unique univers du groupe. En tant que témoin, il réitère le passé pour mieux abreuver ce qui va arriver, ce qui va se déchaîner. Teintes pop barbe à papa, instruments en tout genre, sifflements d’oiseaux et violon singulier ; Dionysos reste fidèle à lui-même, sans jamais se refuser à oser et évoluer. Bref, nous avons hâte de repartir à l’aventure avec lui !


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