[Clip] Desmond Myers – Real Man

La recherche d’une identité, dès lors que cette dernière devient nécessaire pour exister aux yeux des autres ; par la force de sa mise en scène et en musique, « Real Man » de Desmond Myers soigne les détails d’une mue qui, en plus de nous aller droit au coeur, approfondit sa connaissance artistique et personnelle d’une vocation qui ne fait que naître mais se veut d’ores et déjà fulgurante.

Faut-il sacrifier l’innocence pour devenir ? Faut-il se murer dans l’apparat, derrière le masque de la bienséance ? Se vêtir d’atours dictés par les modes et les influences ? Desmond Myers apparaît dans un décor vide, décrépit, vêtu de simples vêtements immaculés. Il se définit par ses mots, à un instant précis : celui lors duquel tout va basculer. La chorégraphie violente et désespérée de « Real Man » est une évidence, une fois que le clip s’achève. Le corps, les muscles, la chair et tous les attraits extérieurs doivent être en mouvement, soit pour amplifier l’intégrité de l’âme, soit pour ne pas trop la dévoiler, de peur de se voir jugé ou sacrifié sur l’autel constamment incandescent de l’opinion publique. « I’m a combustible substance / Packed in a meat box » ; résumé coup de poing, mais malheureusement si proche de la réalité que le musicien, cependant, ne dénonce pas frontalement. Il n’y a pas de rébellion à travers « Real Man » ; il y a un appel, tétanisant, universel.

Masculin et féminin s’entrecroisent devant nos yeux, s’acharnent à constituer la personnalité qui émanera du court-métrage, de ses dernières secondes. Desmond Myers est sincère et ne joue aucun jeu, ce qui est un risque qu’il prend et assume totalement. La merveille cinématographique motivée par l’exposition du Moi est totale, inoubliable. Les gestes, la voix se font écho, se battent sans relâche. « Real Man » est sublime, envahissant notre espace bien au-delà du cadre qui lui est ici accordé. Dans une époque où les émancipations sont légion et peuvent souvent n’être que le reflet d’une bienséance dictée par les masses et les intellectuels autoproclamés, la phrase « You could never know me / Even if you tried » devient un aveu, une liberté méritée pour celles et ceux qui, sans accorder d’importance à ce qui est normatif, souhaitent par-dessus tout ne former qu’une créature franche et intègre. Un exemple à suivre, à appliquer, à aimer fort et constamment.


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