[LP] Dead Horse One – The West Is The Best

Maniant l’art de la mélodie et de la foudre sonore dans une adéquation parfaite, Dead Horse One signe une oeuvre partageant les rôles des êtres que l’on imagine, à son écoute, portés tant vers la lumière que vers un gouffre sans fond mais terriblement rassurant.

crédit : Maxime Simoncelli

Le voyage initiatique, cette quête morale et physique que peu d’entre nous se sentent capables d’accomplir, est au cœur de « The West Is The Best », le nouvel album des Valentinois de Dead Horse One. Mais certainement pas celui, bien trop facile d’accès et populaire, de l’analyse personnelle à grands renforts de théories fumeuses et infondées ; bien au contraire, l’opus ne prend jamais parti pour la réussite certaine d’une découverte de soi et laisse chacun soit se trouver, soit se perdre. À l’image de sa bouleversante et ténébreuse pochette, il évite l’horizon et les visages, le soulagement ou l’égarement qu’il accomplit musicalement, bâtissant au fil de ses neuf titres un pont harmonique tantôt tumultueux et ancré dans le rock et le shoegaze, tantôt mélodique et sensitif, pour une approche imprégnée d’ombre et d’éclat. Une réussite totale mais qui n’omet pas, dans sa conception, d’être incroyablement précise et pensée.

Axe central du disque, « The Shrine » définit, en un peu plus de quatre minutes, l’essence de Dead Horse One : diffusant sa brume électrique sur la totalité des neuf esprits frappeurs dont on entend ici les complaintes, il parvient, dans l’intimisme puissant et fascinant d’un riff de guitare et de voix parfois solitaires, parfois chorales, à laisser errer, sur les terres de nos souvenirs, les fantômes d’un passé cruellement sacrifié. Illustré au fil de visions angéliques (« Saudade » et le repos inattendu de « Gaze ») ou de menaces prêtes à bondir (les premières secondes d’ « Echo Street » et les moments d’extrême saturation d’ « Olifnt »), empli d’une mélancolie menant à la folie, « The West Is The Best » laisse couler de brûlantes larmes sur le visage de l’auditeur (« Swallow », imparable et désespéré) puis atteint l’autre rive, immortelle et accueillante après tous ces écueils rencontrés lors d’un périple d’une beauté cachant habilement ses dangereuses aspérités (« My Pain »).

Découvrir « The West Is The Best » est un choc doublé d’une révélation. Un traumatisme qui mène à la réconciliation avec soi autant qu’avec un rock nuageux et évanescent. Dead Horse One regarde l’éclipse et s’imprègne du halo solaire éclairant la face cachée de la lune. Une vision aveuglante, déchirante, salutaire.

crédit : Kevin Pailler

« The West Is The Best » de Dead Horse One, disponible depuis le 22 novembre 2019 chez Requiem Pour Un Twister.


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