[Live] L’enchantement pop paisible de David Lemaitre

Il est 21h hier soir au Chabada, le public attend sagement en arc de cercle l’arrivée du Bolivien David Lemaitre, auteur d’un formidable premier album « Latitude » en avril 2013.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

C’est tout sourire que le chanteur et guitariste fait son apparition, accompagné de ses deux compagnons de route multi instrumentistes ; Joda Foerster,  au vibraphone et au synthétiseur comme aux percussions variées, et Sebastian Schlecht, au violon, au violoncelle et au synthétiseur.

Le musicien nous raconte entre ses titres, d’abord en français avant de céder à l’aisance de l’anglais, son périple l’ayant conduit de La Paz à l’Allemagne et sa capitale bien-aimée Berlin. Il nous fera part de sa fascination pour la mer alors qu’il était enfant dans un pays cerné par les montagnes, comme de sa première tournée en support d’Agnes Obel.
De belles histoires mêlées à de belles rencontres, on se laisse forcément séduire.

Mélange de simplicité, d’aisance et de finesse, David Lemaitre et ses deux musiciens forment un set foncièrement généreux. Quatorze titres, dont trois en rappel, des sourires, des regards, des rires aussi, partagés par le public, pendant et entre les morceaux.

Une saine proximité se met en place entre notre interlocuteur et nous, gens du public ; curieux (le billet était à 5 euros, difficile de faire l’impasse sur une telle soirée), découvreurs de la dernière heure ou grands amoureux des débuts, tous réunis dans le respect et l’écoute.

C’est peut-être l’ambiance qui m’a d’abord plu ce jeudi soir.
Un cadre pas comme les autres dans l’intimité du club ; trois musiciens proches de la scène, entourés d’instruments qui intriguent par leur singularité ou l’usage qui en est fait.
Sebastian, et ses pieds nus, illumine des bouteilles en verre à travers un curieux procédé percussif. Joda utilise son archet sur un vibraphone et son cajón artisanal comme une grosse caisse.
On repense alors avec nostalgie à ces galeries sonores où enfants nous allions expérimenter les instruments du monde. Nous voilà en train de réveiller nos premiers éveils musicaux.

On succombe ensuite à l’interprétation des morceaux.
Tout en douceur, on se laisse porter par la douce atmosphère suggérée par nos trois musiciens comme par la voix de David Lemaitre, rappelant souvent celle d’un certain José González.
Du doux « It’s Easy I Guess » en ouverture, à l’émotion amplifié par le violon de Sebastian à l’hymne pop et voyageur de « Pandora Express » avant le rappel unanime, David Lemaitre construit un univers à part, illuminé par les losanges de néons placés au fond de la scène.

Moment magique du concert, « Jacques Cousteau », chanson dédiée au célèbre explorateur français, attachée à son rêve d’enfance accompli de voir la mer. Ambiance marine, lumières bleues, voix en échos, on voyage dans l’imaginaire sous marin du jeune musicien.

Bien sûr, David Lemaitre n’oubliera pas ses fans en leur livrant l’attendu « Megalomania » salué par la salle entière et le non moins génial « The Incredible Airplane Party » inséparable de l’histoire rocambolesque qui y est racontée comme de ses tendres sifflotements.

Le Berlinois d’adoption nous présentera même quelques nouveaux titres comme le très électronique « Lottery » éclairé des flashs compulsifs des néons et nous offrira une reprise formidable du « Dorian » déjà sublime d’Agnes Obel, clin d’œil à son ancienne mentor de tournée.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Concert étiqueté « total découverte », David Lemaitre a fait de son auditoire salle comble ce jeudi soir au Chabada. Une ambiance paisible, rassurante, bon enfant, où chacun a retrouvé un peu de son innocence perdue le temps de quelques heures. Si l’enfant de La Paz a bien grandi, il porte toujours dans son cœur le message universel qui le lie à sa ville d’origine.


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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques