[Live] Dätcha Mandala au Colisée

Dätcha Mandala était de passage boulevard Foch, dans la nuit de samedi à dimanche, au bowling du Colisée. Le heavy rock dans le sang, le psyché pour chakra, le blues dans l’âme, il n’aura pas fallu attendre longtemps avant d’être emporté par la fougue et le talent du trio rock bordelais. Le complexe de loisirs, construit sur les fondations de l’ancien cinéma du même nom, accueille depuis la fin de l’année dernière quelques concerts durant le week-end. Drôle de cadre, forcément pour un set qui se déroule à quelques mètres de compétiteurs adeptes des strikes et des spares.
On feint d’oublier l’ambiance déconcertante du lieu et ses innombrables sponsors de boissons qui ornent abondamment chaque mur, pour se laisser emporter par la saine ivresse de nos convives d’un soir.

Dätcha Mandala © Fred Lombard

Ils sont donc trois : Nicolas Sauvey, cheveux touffus, torse nu sous son veston et pieds à l’air, au chant et à la basse ; Jérémy Saigne, barbe et tout de noir vêtu à la guitare et aux chœurs ; et Jean-Baptiste Mallet, chemise florale, à la batterie, et également aux chœurs. Heureux d’être là, de jouer pour un public plutôt confidentiel et sage, mais amateur d’un rock comme on n’en fait (presque) plus. Autant de jeunes que d’anciens devant la scène, certains venus sur recommandation, d’autres ayant fleuré le bon plan en passant par là. Personne ne s’est trompé, à 23h, quand le spectacle démarre.

Avec une énergie démentielle et débordante, on est d’emblée frappé par la vitalité et la symbiose qui s’opère entre les trois musiciens vivant pleinement leurs morceaux. L’énergie est propagée, partagée entre les trois acteurs de ce power trio.
Plus hallucinant encore, le chant de Nicolas, véritable phénomène à lui seul, travaillé avec passion et rigueur depuis des années, mais avec un constant désir de progression, laisse sans voix, capable de grimper dans les aigus sans fauter ou de s’écrier furieusement tout en s’accommodant d’une gestuelle et de mimiques très expressives.

S’offrant au milieu de son répertoire passionnant quelques reprises bien à lui de « Move Over » de Janis Joplin et de « Helter Skelter » des Beatles dans un medley, puis, en fin de concert, du fameux « War Pigs » de Black Sabbath, on est totalement subjugué par l’efficacité et l’aisance scénique du projet.
Ce soir, ce ne sera pas leur plus long set, riche tout de même de 14 titres pour plus d’une heure de folie et de voyage, eux qui n’hésiteront pas à grimper sur le comptoir, guitares à bout de bras pour marquer encore plus l’esprit des spectateurs ravis comme des barmen médusés (dans le bon sens) par tant d’audace.

Dätcha Mandala, c’est définitivement trois jeunes showmen, une énergie formidable, un répertoire mature, une interprétation sincère et vivante qui prend aux tripes et qui pousse au trip, un voyage spirituel et musical libérateur au pays du rock 70’s aux couleurs de l’Inde.
C’est un groupe bluffant en live, et qui mérite, au-delà de la franche sympathie qu’on lui porte naturellement (encore plus après avoir échangé avec suite au concert), de s’exprimer sur de plus grandes scènes, car le talent arrivé à un tel niveau n’attend plus.

Setlist de Dätcha Mandala au Colisée (07/03/2015)

Have You Seen The Light?
Born to be a Light
Zöso
Medley (Move Over / Helter Skelter)
God & Philip
Totem
Carry On
Eht Bup
Unicorn (If I was a)
Human Free
Da Blues
Uncommon Travel
War Pigs (cover)
Pavot


Retrouvez Dätcha Mandala sur :
Site officielFacebookTwitter

Partager cet article avec un ami