[Clip] [Exclusivité] Da Capo – Lonely

Le cabaret pop et expressionniste de Da Capo est de retour. En route vers un septième album « Paradise », son leader, son âme, Alexandre Paugam, poursuit inlassablement le chemin de son utopie pop singulière, avec toujours autant d’intensité, de vitalité et d’abnégation. Nouvel exemple parlant, au travers de « Lonely », troisième extrait de son prochain disque, magnifiquement transcendé par un clip inventif et chorégraphié, illustrant comme une fine métaphore, la profondeur émotionnelle de cette intense déclaration pleine de romantisme et de désespoir. indiemusic est très heureux de vous le présenter en exclusivité, avant sa sortie officielle dans quelques heures.

Traduire par la valse des corps de danseuses contemporaines, les nuances des tourments de « Lonely » est une idée excellente pleine de justesse et d’inventions. Et pas vraiment un hasard quand on sait qu’Alexandre Paugam a déjà composé par exemple pour les Ballets Contemporains de Saint-Étienne. Tout au long de cette montée en tension progressive, la symbolique de la gestuelle accompagne à merveille les mots poignants de son auteur et sa grande envolée lyrique. La chorégraphie impose des mouvements répétitifs, des aller-retour incessants comme l’illustration parfaite des obsessions, des doutes, des troubles, qui reviennent sans cesse dans l’esprit du solitaire. Si la solitude est l’effroyable souffrance de la modernité, nous pouvons nous demander laquelle notre dandy auvergnat exprime avec autant de force. La solitude sociale de l’homme face à son écran dans un monde de plus en plus connecté ? La solitude nostalgique de l’esthète face à l’évolution de la musique actuelle, où il voit peu à peu disparaître Arthur Lee, David Bowie, Syd Barrett, Mark Hollis… ? La solitude du citoyen de plus en plus impuissant face aux dérives politiques conservatrices et autoritaires de nos sociétés contemporaines ? La solitude implacable du travailleur face à un travail toujours plus aliénant…

Les hypothèses sont nombreuses, à chacun de s’emparer de ce cri du cœur universel. Surtout quand il est doublé avec autant de vigueur par la complicité entre bois et cuivre, entre le saxophone en fusion de Jean-Noël Vuidart et la trompette élastique d’Alban Sarron. Comme Alexandre Paugam le clame si intensément, quelque part entre la plainte lancinante et le mantra libérateur « Je ne peux pas fermer mes yeux, car je suis tellement seul… ».  L’histoire du rock, de la pop, du folk doit fourmiller de milliers d’exemples d’insomnie, de nuits de solitudes ayant abouti à de formidables chansons. Loin de se noyer dans le gouffre de la dépression, « Lonely » en s’appuyant sur la vitalité communicative du piano et l’élan impliqué de la batterie (de Florent Ville) particulièrement énergique, conserve ce souffle de l’espoir et tout simplement de la vie. Comme à son habitude, Alexandre Paugam n’a pas fait les choses à moitié, réduisant à l’essentiel les paroles pour mieux les amplifier et faire de ce morceau, le pivot héroïque de son prochain album « Paradise ».

« Paradise » de Da Capo, sortie le 12 février 2021 chez Autruche Records.


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