Avec son nouvel EP, le quatuor australien nous offre des moments pop rock riches et que l’on se plaît à fredonner en marchant, le sourire aux lèvres, au milieu de la foule. Avec cette chance exceptionnelle de ressentir le pouvoir de séduction de ce projet définitivement attachant et sachant parfaitement maîtriser des pistes attractives et passionnées.

De son propre aveu, Creatures At Leisure s’est formé il y a six ans « parce qu’être dans un groupe était une bonne idée. On s’est rendu compte que finalement, c’était plus difficile que ça, mais on est devenu complètement accro ! » Et c’est bien cette énergie communicative et partagée que l’on ressent à l’écoute du petit dernier-né des quatre Australiens, « Wallgazer » : des chansons perdues quelque part entre indie rock et forme plus pop dans le chant et les harmonies, mais recélant une puissance émotionnelle directe et captivante. Sans se soucier de créer des sons pour le simple plaisir d’écrire, le groupe préfère se concentrer sur des mélodies parfaites et immédiatement reconnaissables, en laissant la parole à des guitares lumineuses, aériennes mais aussi denses, le tout porté par une section rythmique sans faille. L’EP n’est jamais ennuyeux et témoigne du potentiel énorme de nos gaillards, du début à la fin.
« Soccer Mum » annonce la couleur en faisant se rencontrer un rock purement US et des envolées vocales dignes et magnifiques, réconfortantes et confortables, tout en alternant les passages rapides avec des ponts plus lents et profonds. « Better Now » est plus enjôleur, séducteur et habile, nous emportant dans un tourbillon rock en perpétuel mouvement, en constante progression, le tout axé sur des chœurs angéliques et magiques. « The Same » pose les bases d’une écriture plus sage, presque folk, avant de lancer les cavaliers à six cordes dans des mouvements graciles et sinueux. « Palm » est confidentiel, comme interprété en pleine nuit sur une scène à peine éclairée et devant un public subjugué et en transe, ne souhaitant que serrer dans ses bras celui ou celle qui se trouve à ses côtés. Un pur moment de poésie qui sort du lot et nous laisse hagards, sonnés mais heureux. Sentiment que le faussement reggae « Wax », même lorsqu’il change brusquement de tempo, vient confirmer tout en ouvrant le champ des possibles à Creatures At Leisure qui prouve, à travers ces cinq odes à la beauté et au repos, qu’il est capable de grandes heures.
« Wallgazer » ne rase jamais les murs ; bien au contraire, il s’affirme comme un disque époustouflant et palpitant, témoignage de l’entente parfaite de quatre jeunes artistes dont la maturité et l’engouement demeurent à chaque instant palpable autant qu’époustouflante. Et l’on se surprend à regretter que l’expérience soit si courte, tant l’auditeur se sent bien, à l’aise dans ces circonvolutions de voix et de guitares, dans ces vagues rassurantes et caressantes qui ne cessent de s’enrouler autour de nous pour nous apaiser et nous réconforter. Nos regards se tournent d’ores et déjà vers Sydney, en attendant la suite des aventures d’un quatuor qui ne peut plus s’empêcher de composer et de donner à entendre ce que l’indie rock fait de mieux actuellement. À suivre…

« Wallgazer » de Creatures At Leisure est disponible depuis le 27 décembre 2016.