Colours In The Street en interview

À Niort, quatre jeunes musiciens, pas encore bacheliers, proposent depuis près de deux ans leurs titres pop légers prometteurs. Déjà à l’origine d’un succès radiophonique avec « Easy », les Colours In The Street ont  accepté pour indiemusic, avec une simplicité et un naturel qui leur vont comme un gant de répondre à quelques-unes de mes questions. Et ça commence ici !

Colours In The Street
crédit : Manu Fauque

 

  • Bonjour les Colours in the Street, ma première question porte sur votre rencontre. Quand a-t-elle eu lieu et en combien de temps avez-vous mis à trouver votre style ?

Salut Fréd, nous sommes quatre amis d’enfance, tous de Niort City dans les Deux-Sèvres et on était dans les mêmes écoles… bref de vieux potes !
Le groupe se compose d’Édouard à la basse, Charles à la guitare et aux claviers, Alexis à la batterie et Alex qui s’occupe du chant, guitare et claviers. Avant Colours in the Street, Alex et Alexis étaient déjà ensemble sur un projet plutôt rock avec des textes en anglais et français puis on a voulu partir sur quelque chose de plus pop, plutôt à la sauce anglo-saxonne…
Du coup, Charles et Ed’ ont débarqué et on a pu démarrer Colours in the Street… ça fait maintenant un peu plus de 2 ans.

Ensuite, on a enchaîné les répétitions, des ébauches de morceaux, d’autres morceaux que l’on n’a pas gardés… puis arriva « Easy » deux ou trois mois après la formation du groupe, et là on s’est dit « Putain, c’est ça qu’on veut faire ». Ce morceau a vraiment été déterminant, il a défini véritablement les bases du style musical dans lequel nous voulions nous exprimer. On a ensuite enregistré ce titre dans un studio amateur et on a diffusé le morceau sur internet. Quelques semaines après, on a été sélectionné par Virgin Radio pour participer au tremplin « Ça part en live » et on a remporté le prix du « meilleur nouveau talent rock » élu par les auditeurs de toute la France, à l’époque où Virgin Radio voyait « rock ». Du coup, on s’est retrouvé quelques semaines après, à Paris, dans les studios de la radio et on a joué un titre en live à travers toute la France, c’était Waa !

Après ça, « Easy » s’est classé très rapidement en têtes des tops « singles » sur MySpace, Noomiz… bref, c’était cool, on avait qu’un seul titre et la « mayo » a prise… Suite à ça, toutes nos autres compos sont venues naturellement dans ce style… Colours in the Street était lancé !

  • Parlons de votre musique, comment la définissez-vous ? Des influences en particulier qui ont joué sur votre musique ?

Colours in the Street, c’est pop, alternatif, indépendant…
On a véritablement été bercés par la pop et le rock anglo-saxon. Pour nos influences, on citera Coldplay, Phoenix, Two Door Cinema Club… les Strokes aussi en passant par Editors, The Bravery, Bloc Party, enfin beaucoup de monde.

  • Vous avez sorti deux EPs à quelques mois d’intervalle avec « Easy » puis « Euphory » l’année dernière, le prochain,… c’est pour quand ? Encore un enregistrement avec un grand E, « Evasion » par exemple ?

Après la sortie du single « Easy » enregistré dans un home studio (WSA), fin 2010, on a enregistré deux EP démo avec «Les Pieds Sur Scène », une petite asso’ sur Niort qui permet à de jeunes groupes locaux d’approcher la scène et de découvrir les charmes d’un studio. Ainsi, en février, notre premier EP démo « Easy » (6 titres) voit le jour, s’en suit « Euphory » (4 titres) en août. En ce qui concerne notre prochain EP, on y réfléchit, peut-être un projet pour l’été prochain avec des morceaux inédits, il faudra patienter un peu… « Evasion » pourquoi pas (rires)… mais pas certain que l’on fasse toujours dans le « E », ni dans la subtilité du « y » final.

  • Pour continuer sur ce sujet, vous avez pour l’instant préféré sortir des EP pour des raisons avant tout économiques, je suppose, mais peut-on dire qu’aujourd’hui, vous avez matière à sortir un disque complet, ou est-ce encore bien tôt pour le dire ?

On commence juste et le groupe à seulement 18 ans de moyenne d’âge, on a encore beaucoup de temps devant nous. On ne veut vraiment pas se précipiter, prendre notre temps, monter les marches une par une. Les EP c’est bien, ça permet de faire découvrir aux gens des échantillons de notre set sur des intervalles restreins. Certains y trouveront une évolution d’un EP à l’autre, d’autre une véritable continuité. Pour le moment ce concept nous plait. On possède pas loin d’une vingtaine de compos, on pourrait monter largement un album avec tout ça, mais il est vrai que financièrement c’est compliqué. Forcément ça donne envie. Un album, c’est un des objectifs ultimes pour un groupe. On est patients, pour le moment on compose et on espère qu’un jour on aura l’opportunité de monter ce projet.

  • Quand vous travaillez vos titres en répétition, comment se passe la création d’un nouveau morceau ?

Souvent c’est instinctif, Alex ramène la base à la guitare ou une mélodie au clavier et là chacun y ajoute sa touche.
Les répétitions, ça marche à quatre, on discute beaucoup, on reprend, on corrige, on enlève, on recommence, on peaufine…
Il ne suffit que d’une ou deux répétitions pour monter la base de certains morceaux, d’autres nécessitent un travail de plusieurs semaines. Avec le temps, on a vraiment pris l’habitude de peaufiner, on est aux petits soins sur notre musique, c’est important.
On en profite pour remercier « L’Atelier Musical » d’Aiffres (79), qui nous fournit vraiment de super locaux pour répéter.

  • Je me posais la question, vos titres ont-ils la capacité à être interprétés aussi bien en acoustique qu’en amplifié et pourquoi ?

Lors de la dernière fête de la musique, on était programmé sur une scène conséquente, malheureusement, notre bassiste a eu un empêchement et alors on a décidé de monter un set version acoustique de nos morceaux, avec trois guitares ; le batteur étant également guitariste. Le public a apprécié, donc c’était cool.

On a également été sollicité l’été dernier par l’équipe « Scène de Bain » qui réalise des sessions acoustiques au concept original de jouer entre une baignoire et un lavabo. Une très jolie expérience, et ce d’autant plus de faire parti de leur sélection aux côtés de Yael Naim, Lilly Wood and the Prick, François and the Atlas Mountain, ou encore les talentueux Juveniles…et de nombreux autres artistes vraiment cool. On doit tourner également prochainement une session avec Le Hiboo. On prend plaisir à jouer en acoustique… pourquoi pas de futurs projets dans ce style.

  • À Niort, les lieux dédiés à la musique sont-ils bien présents ? Qu’est-ce qu’il manque encore aujourd’hui (si ce n’est pas le cas) ?

Ouais, Niort, pour une petite ville, a su trouver un engouement particulier pour la musique avec des bars sympas qui accueillent de nombreux groupes locaux et des salles de musiques actuelles qui reçoivent chaque année de gros artistes étrangers et francophones en tournée. On pense en particulier au CAMJI qui nous suit. Il y a également de nombreuses manifestations comme le Festival Nouvelles Scènes sur lequel nous sommes programmés cette année, le Festival Téciverdi également ou encore les jeudis Niortais. Bref, côté musique ça bouge pas mal. En ce qui nous concerne, la majorité de nos concerts passés se sont déroulés sur Niort ou ses environs. En 2012 on va essayer d’aller voir un peu ailleurs afin de rencontrer un nouveau public, ça serait encore une nouvelle expérience.

  • Aujourd’hui, c’était votre rentrée après quelques semaines de vacances. C’est aussi l’heure de la reprise pour les concerts, où auront lieu vos prochaines dates ?

Pour nous, en ce moment c’est un peu compliqué pour les dates.
En effet Alex, Alexis et Charles passent le BAC cette année, donc priorité aux études. On va donc se faire un peu discret jusqu’à l’été prochain en ce qui concerne les concerts.
On a eu l’opportunité fin février de jouer en première partie d’IZIA devant plus de 900 personnes dans une salle surchauffée…c’était « chaud bouillant » !
On vous donne rendez-vous le samedi 24 mars au Camji à Niort pour le Festival Nouvelles Scènes et le samedi 31 Mars à la Poudrière de Rochefort qui sont pour le moment nos seules dates programmées.
C’est un choix, mais soyez en sur, on se rattrapera à partir de cet été, une fois le BAC en poche !

  • Qu’est-ce que vous réservez aux lecteurs d’indiemusic pour 2012 ?

Comme on le disait, on se concentre à fond sur le BAC, mais après ça, on va essayer de tourner un peu plus et un peu partout, s’éloigner un peu de chez nous, alors on vous donne forcément rendez-vous.
En ce qui concerne nos prochains enregistrements, c’est en projet, en réflexion, là aussi il faudra patienter un peu…jusqu’à l’été prochain, pour le moment ça travaille en studio ! Stay Tuned !

  • Un coup de cœur musical chacun pour terminer ?

Alex : The Shoes – Crack My Bones
Alexis : The Do – Both Ways Open Jaws
Charles : C2C – Down the Road
Édouard : Johnny Foreigner – Johnny Foreigner vs Everything

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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques