[Flash #2] Cléa Vincent, Last Train, Laish, Rouge Congo et Burning Peacocks

Rendez-vous est notamment pris avec la nouvelle scène française pour ce deuxième épisode de Flash ou cinq chroniques courtes pour vous donner envie d’aller explorer à votre tour ces nouveautés musicales qui ne demandent qu’à être partagées et abondamment écoutées. Au programme de ce numéro 2, la pop frétillante de Cléa Vincent, celle électro-tonique de Rouge Congo, le rock abrasif de Last Train, le folk guérisseur de Laish et la séduisante pop franco-britannique du couple Burning Peacocks.

Burning Peacocks
Burning Peacocks

[LP] Cléa Vincent – Retiens mon désir

7 octobre 2016 (Château Perdu Records / Midnight Special Records)

Tout sourit à qui sait donner la joie. Avec « Retiens mon désir », la pétillante Cléa Vincent, cavalière pas si solitaire d’un album radieux et irradiant nous enlace tendrement avec ses chansons douces et attachantes, drôles et allégées. Entre tendresse, romance, souvenirs et passion, les histoires de la jeune chanteuse aux mots soigneux et sentimentaux nous donnent très vite le béguin. Avec « Électricité », « Soulevant » ou encore « Château perdu », le top départ d’une amourette impossible et passible de nous mettre à l’amende, forcément douce, est lancé. « Retiens mon désir » est un îlot de bonheur et de gourmandise, un petit bout de paradis dont les précieuses mélodies procurent l’allégresse des jours heureux et des bonnes nouvelles. Un album gourmand et gourmet.


[EP] Rouge Congo – White Stairz

18 novembre 2016 (La Main Invisible)

En cinq titres fuselés, véritable invitation pour le dancefloor brûlant, Rouge Congo, hydre électro-pop à quatre têtes se donne les moyens de son ascension herculéenne. Deux ans après ses débuts enthousiastes, son premier EP « White Stairz » vient propulser le quatuor rémois en fer de lance de cette nouvelle scène indie rayonnante d’entrain et d’envie, qui n’a, il faut désormais le reconnaître, plus rien à envier à ses grands frères de The Shoes. Emmené par son binôme de chanteurs-médecins John et Clément, Rouge Congo s’y prend comme un chimiste pas si fou pour composer un savant et irrésistible mélange de mélodies au foyer intensément chaleureux et dansant combinées à une sensualité finement provoquée et répartie entre ses voix vives. Les trouvailles sensitives de ces doctorants en pop moderne ne devraient pas passer inaperçues.


[EP] Last Train – Fragile

28 octobre 2016 (Cold Fame Records / Barclay)

Nos rockeurs alsaciens préférés ne semblent plus pouvoir s’arrêter. Porté par la transe des tournées interminables et acclamé par un public fervent, Last Train reprend du service avec un nouvel EP, « Fragile », aussi enclin à briser la vaisselle en mille morceaux qu’à panser les vilaines blessures d’une nuit d’ivresse. Loin de s’afficher comme le disque de la maturité, le groupe rock de Mulhouse poursuit sa quête de la vérité, se risquant plus qu’auparavant à l’alternance entre des phases volontairement explosives et des périodes plus troubles, laissant planer autant de mystère que de longs riffs gagnant peu à peu en fièvre animale. Emmené par un premier single renversant, « Way Out », Last Train joue carte sur table son rock à remous et sans remords. Et le joker est toujours dans sa manche !


[LP] Laish – Pendulum Swing

4 novembre 2016 (Talitres)

Avec le label indé bordelais Talitres, la déception n’a de place qu’au cœur des romances qui nourrissent parfois les récits de ses éminentes références. Daniel Green alias Laish est l’un d’entre eux. Avec son troisième album, « Pendulum Swing », son brillant spleen déroute la tristesse de son but premier pour souligner l’allégresse la plus délassante. Ce doux rêveur installé sur la côte de Brighton nous berce avec son délicat recueil de chansons tantôt attachantes, tantôt essentielles, partagées entre folk, americana et pop. Un moment tendre et savoureux, qui nous donnerait presque envie de tomber plus souvent en peine pour se raccrocher aux doux espoirs incarnés par le poète britannique. Un album de chevet miraculeux au pouvoir de guérison inestimable.


[LP] Burning Peacocks – Love Réaction

28 octobre 2016 (Choke Industry)

Le choix de l’accentuation française de son premier album n’a vraiment rien d’anodin. Contribuant autant à l’élégance et à la vitalité de la pop anglaise qu’à la renaissance d’une chanson française agile et sensible, « Love Réaction » de Burning Peacocks jongle et joue de toute évidence avec ses passions langagières compatibles et plus si affinités. L’alternance brillamment maîtrisée des deux dialectes, loin de toute hésitation, impose dès lors le jeune tandem électro-pop parisien formé par Alma Jodorowsky et David Baudart comme l’une des grandes révélations musicales de cette année. Ce sont onze pistes belles comme la nuit et le jour, qui poussent dans un terreau fertile, celui d’une élégance décomplexée dans un jardin d’« Eden » et tissent le « Fils d’or » d’une œuvre étincelante. Captivant.

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