[Platine #2] Claire Faravarjoo

Il suffit d’écouter « Nightclub », le nouvel album de Claire Faravarjoo, pour se laisser convaincre de ses qualités de mélomane passionnée et avertie ; en effet, le disque recèle une multitude d’arrangements n’étant jamais laissés au hasard, soignés scrupuleusement et avec un perfectionnisme artistique de tous les instants. Dès lors, il paraissait logique que la musicienne nous parle des disques qui la suivent dans son cheminement unique et éclectique, dans ses aventures sonores et lyriques nous faisant autant penser à l’universalité générationnelle de la pop qu’à l’électricité de pulsations électroniques frôlant l’énergie vitale du rock. Laissons-nous donc porter par les chocs discographiques de Claire Faravarjoo…

crédit : Naïssa B. Artwork

Phoenix – Wolfgang Amadeus Phoenix

J’ai toujours été fan de Phoenix, ils ont changé ma vie, ma vision de la musique. Mais quand j’ai écouté « Lisztomania », j’ai cru que mon corps allait fondre, j’ai été émue, j’ai eu envie de danser, crier. J’ai couru partout dans la maison (famille de musicien) en leur faisant écouter. Je répétais « Nan, mais c’est incroyable, c’est incroyable ! ». Ils ont sorti le reste de l’album et chaque chanson a été une pépite, une révélation, mon plus bel été, le soleil, tout.

Côté visuel, j’ai toujours tout aimé chez Phoenix. Je suis une grande fan de typo et de mélange de couleur improbables. Alors tout pareil, coup de cœur de A à Z.


Yann Tiersen – Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (OST)

Je commence par le visuel, car j’ai bien plus à dire. J’étais dans la voiture (le film et la bande originale partagent la même photo de Audrey Tautou) et il faisait nuit. On rentrait du magasin et mes parents avaient acheté le film. Je me suis tapé un fixe sur la photo, tout le trajet avant même d’avoir vu le film, écouté les musiques. Et en rentrant, ça a été une révélation.

En musique, tout m’a touché, j’en frissonne à chaque fois, les compositions invoquent en moi une mélancolie très douce.


The Kooks – Konk

Un sans-faute de mon adolescence, mes premiers flirts, mes premières soirées. Un rock bien pimpant, bien heureux, qui met en joie, parfois écorche. Des moments très intenses qui m’ont touchée. Parfois je me refais l’album entier, une fois par an à peu près ; et c’est toujours un plaisir, dix ans après.

Pour parler du visuel : le bar, les néons, le soir, ça y est tout s’éclaire, je comprends d’où viennent mes influences.


Local Natives – Hummingbird

Touchant, prenant, intense, Local Natives, ça a été un de mes premiers concerts à la Laiterie de Strasbourg. J’étais tout devant, j’ai fini avec des bleus aux genoux tellement ils tapaient dans les barrières. J’ai pleuré à peu près dix fois pendant le set. Je suis allée les voir à la fin du concert en leur disant que j’avais fait une cover d’eux sur YouTube et ils m’avaient signé mon vinyle (que j’écoute aussi une fois par an) et qui est toujours mon petit plaisir.

Quelques mots aussi sur le visuel : ciel, couleurs pastel et décalage. C’était différent de ce qui se faisait par rapport à la photo classique des cinq musiciens devant un mur de brique.


Foals – Antidotes

Foals, c’est une des plus grandes claques de ma vie. J’avais découvert leur album « Antidotes » par hasard et ce fut un choc. Des frissons, par vagues, à chaque morceau. Rien à jeter, tout à garder. Je les ai vus en concert la veille de notre set au Cabaret Vert, et je suis allée les remercier après. Je ne voulais pas de photo, rien, mais juste leur dire qu’ils avaient bouleversé ma jeunesse et mes sentiments. J’aime tout ce qu’ils font depuis.

J’aime surtout leur clip autour de cet album. Très DIY, mais toujours avec des idées complètement barrées, un peu crados, qui attiraient l’œil et ajoutaient vraiment quelque chose à la musique.


« Nightclub » de Claire Faravarjoo, disponible depuis le 14 février 2020 chez #14 Records.


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