[Création #9] Cerf-Volant

Comédien formé au Conservatoire et bassiste dans plusieurs formations nantaises depuis bien des années (Waves We Were et Vendôme), Baptiste Allaert se rêvait secrètement chanteur. Depuis vendredi dernier, le premier pas vers cette autre aventure solo est fait. C’est sous l’alias Cerf-Volant que s’élance sereinement cet intrépide touche-à-tout, porté aux quatre vents par un premier EP pop et rafraîchissant au nom paisible « Accalmie ». Et pas question de faire les choses à moitié pour cet artiste loin d’être tête en l’air, Baptiste dévoilait également vendredi son excellent premier clip « Joie errante », comme un poisson dans l’eau pour interpréter le premier rôle d’un homme se réveillant avec des branchies et des doigts palmés. [On se doit par ailleurs de saluer le remake et hommage brillant à Power Rangers.] Pour accompagner ce bien beau lancement et le soutenir dans ses prochaines pirouettes musicales, nous avons proposé à Cerf-Volant de revenir sur l’histoire touchante de cette épopée naissante.

crédit : Quentin Allaert

J’ai toujours eu intimement le rêve de créer mon groupe de musique, mais ça m’a pris du temps d’avoir eu le courage de me lancer. Je viens plus du monde du théâtre. J’ai fait une formation de comédien au Conservatoire et, maintenant, je travaille pour différentes compagnies en parallèle à ce projet. J’ai pris des cours de basse pendant deux ans il y a longtemps, mais sinon j’ai tout appris en autodidacte. Ce projet est donc une façon de me prouver que je suis aussi musicien. J’ai vécu une expérience incroyable où j’étais bassiste dans un groupe qui s’appelait Vendôme. Là, je n’étais qu’arrangeur et non compositeur. Avec ce groupe, on est parti de pas grand-chose, et on a réussi à vivre une aventure fabuleuse. Un de mes plus beaux souvenirs, c’est quand on a réussi à jouer au festival de La Nuit de l’Erdre… Je tiens à faire un bisou à Ronan Houzé, qui était leader du groupe. J’admire beaucoup la façon dont il a géré le groupe et espère sincèrement faire aussi bien que lui avec mon projet ! C’est grâce à ce groupe que j’ai eu la chance de rencontrer Yoann Coupé qui est clairement l’ombre de Cerf-Volant. Il m’aide beaucoup à prendre des décisions qu’elles soient artistiques, structurelles, humaines… Bref, un ami en or. Je ne ferais rien sans lui ! A la fin de Vendôme, c’était plus une envie, mais une certitude que j’allais créer quelque chose.

Cerf-Volant est une quête initiatique. C’est le début d’une aventure qui commence avec « Accalmie ». Ce premier opus est une sorte de mise à plat, de présentation, d’introduction à mon univers. J’ai vraiment l’image d’un océan calme intérieur qui s’étend à perte de vue. Il y a aussi l’expression de l’hésitation et de la timidité à plonger en soi même aussi bien dans la composition que dans les paroles. Je fais beaucoup de monologue intérieur et d’écriture automatique quand j’écris. J’ai l’impression d’être plus juste et vrai en partant de quelque chose qui serait de l’ordre de l’inconscient. Je sais que ce parti pris peut paraître, d’un point de vue extérieur, dénué de sens, mais moi j’y trouve le mien, et je suis agréablement surpris de voir que d’autres partagent ce ressenti, cette lecture ! Il y a cette volonté de redécouvrir les mots et leur sens. Pourquoi on définit un losange en tissu dans le ciel, un cerf-volant ? Il y a quelque chose d’absurde, de poétique. En fait, il y a plusieurs grilles de lecture dans mon projet et je veux laisser de la liberté à l’auditeur d’être touché par ce qu’il veut. Ce n’est pas tellement ce que je veux raconter qui est important, mais ce que l’auditeur se raconte à lui-même.

Même si ce projet est une quête solitaire, je suis merveilleusement entouré. J’aime beaucoup l’idée de construire un équipage qui s’élève tous ensemble. J’ai la chance de connaître des personnes talentueuses qui m’ont donné confiance et m’ont permis de me lancer. J’ai rencontré par exemple Jonas Guedon, qui débute en tant qu’ingénieur du son. Ç’a été une rencontre décisive. On a fait beaucoup de séances studio où l’on a cherché, testé ensemble des sonorités pour trouver l’identité du projet. Et on s’est bien trouvé autant musicalement qu’humainement ! J’ai rencontré à Lyon Maëva Ramanana Rahary, une merveilleuse chanteuse qui débute également. Et bien sûr, Bastien Raute que je connaissais déjà, qui a finalisé le mixage/master de ce premier opus pour le rendre parfait.

Pour ce premier clip, je voulais évidemment travailler avec mon frère, Quentin Allaert (Lateral Lab) et aussi j’ai fait appel à Frida Gallot Lavallée en tant qu’assistante réal, cheffe déco et maquilleuse. On a écrit et réalisé ce clip tous les trois, en un peu plus de deux semaines et on est très fier du résultat ! On est parti dans un sacré délire. Je voulais absolument créer un contrepoint plus léger avec mes clips. Je fais ce projet avec beaucoup de sérieux et de sincérité, mais je ne veux surtout pas me prendre au sérieux. Alors il nous semblait important de se faire plaisir à le réaliser. Le clip apporte aussi une autre lecture à mes paroles que je n’imaginais même pas.

Cerf-Volant est ainsi une tentative candide, spontanée de s’élever vers l’inconnu, une volonté de s’enfoncer dans le sable de son enfance pour aller effleurer l’intime, un désir de s’ouvrir toujours plus à ce qui nous entoure. J’ai bien sûr commencé à composer le deuxième EP. Et je sens déjà que j’ai une approche différente dans la composition et l’écriture. Il n’est plus question d’hésiter, mais de plonger. Il y a un deuxième clip qui sera sorti avant cet été et peut être quelque chose pour la rentrée en septembre… Je réfléchis aussi à comment défendre ce projet en live. Le défi d’être seul sur scène m’excite autant qu’il me fait peur, mais ce qui est sûr c’est qu’à terme je veux être entouré pour me concentrer sur le chant et l’interprétation. Maintenant, c’est parti, je me suis lancé. Je verrais bien où j’atterris !

« Accalmie » de Cerf-Volant est disponible depuis le 5 mars 2021.


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