[Interview] Catfish and the Bottlemen

DEUXIÈME PARTIE / PART II

Note for our readers: for the ENGLISH LANGUAGE VERSION of the interview, CLICK HERE.

S’étant fait un nom notamment grâce à son énergie sur scène, ainsi que son incroyable capacité à communiquer avec le public, Catfish and the Bottlemen est l’un des groupes actuels les plus excitants au Royaume-Uni, affichant complet partout dans son pays d’origine avant même la sortie de son premier album, The Balcony, publié en septembre 2014. Avant sa montée sur les planches de The Echo à Los Angeles, pour la première tournée américaine du groupe, et en attendant son prochain concert à Paris le 28 novembre 2014 à la Flèche d’Or, le chanteur Van McCann a accepté de discuter avec indiemusic.fr. Quelques jours plus tard, la photographe Katie M. Simmons a rattrapé le groupe à Seattle pour mettre en images sa prestation au Columbia City Theater.

Photos de Katie M. Simmons et adaptation française de Raphaël Duprez.

  • Parlons de votre musique et plus particulièrement du LP « The Balcony ». Qu’est-ce qui te vient en premier à l’esprit quand tu écris une chanson : la musique ou les paroles ?

Catfish and the Bottlemen - Balcony

D’habitude, les deux arrivent en même temps. Je déconne un peu à la guitare et dès que j’ai un premier vers ou un sujet, je le ressens dans mes tripes; c’est le même genre de sentiment que celui qu’on a quand on s’inquiète pour sa petite amie et qu’on se dit : « Bon je ferais mieux de l’appeler. Est-ce que tout va bien ? » Tu vois ce que je veux dire ? Cette impression que quelque chose est en train de se passer ? Donc, je prends immédiatement ma guitare et tout ressort, comme ça, tout de suite. Et dès que j’ai l’inspiration, alors je sais que si les paroles sont positives, l’accord sera majeur. Et si elles sont négatives, il sera mineur. Les deux vont donc vraiment ensemble. Je ne sais pas comment l’expliquer. C’est ce qui se passe pour moi et je fais avec.

  • Y a-t-il une chanson que tu préfères sur le nouvel album?

(Il hésite) « Cocoon », ou « Hourglass ». Non, « Cocoon ».

  • Quand tu écris une chanson, penses-tu surtout à l’effet qu’elle produira sur les gens ou est-ce plutôt quelque chose de bien plus personnel ?

À cent pour cent, l’effet qu’elle aura sur les gens. Quand j’écris une chanson, je me fous de savoir si je l’aime ou pas. Je me dis juste : « Est-ce que 100.000 personnes vont la chanter ? Est-ce que ça va toucher quelqu’un au plus profond de son cœur ? Est-ce qu’ils vont dire « Mon Dieu, cette chanson, je sais de quoi elle parle. Je vis exactement la même chose avec ma petite amie ou mon meilleur ami. » » Tu sais, juste quelque chose qui résonne en eux. J’ai écrit l’album alors que j’avais entre 16 et 20 ans, et je parle essentiellement de ma vie durant cette période. Donc, je pense tout simplement « Est-ce que 100.000 personnes vont vouloir venir partager ça dans un stade ? » Mon but, mon rêve, comme pour chacun de nous, c’est d’être un groupe qui joue dans des stades. « Homesick », sur l’album, c’était une des chansons que j’aimais le moins. Mais je m’en fiche, comme tout le monde autour de moi l’aimait beaucoup, on l’a quand même mise sur l’album. Et quand nous la jouons sur scène, les gens la chantent en chœur. Et maintenant, grâce à ça, c’est une de mes chansons préférées. Donc, je ne me prends pas la tête quand ça arrive. À la fin de la journée, tant que j’ai cette osmose en tête, je ne demande rien de plus.

  • Vous avez fait quelques EPs avant la sortie de l’album. Parmi eux, y a-t-il un titre que tu préfères et que tu n’as pas gardé pour le disque?

Il y a une chanson qui s’appelle « ASA ». Notre technicien guitare, qui est aussi mon meilleur copain et l’est depuis que nous sommes enfants, déteste cette chanson. Et quand il déteste une chanson, je la hais aussi. Ça m’agace. Il m’a dit de ne pas la mettre sur l’album, et ça rend tout le monde dingue évidemment, « Pourquoi vous ne l’avez pas gardée ? ». Donc, « ASA », je regrette un peu qu’elle n’y soit pas. Nous aurions dû la mettre comme chanson cachée.

  • Dans une récente interview avec Steve Lamacq, tu as dit, à propos des chansons qui figurent sur The Balcony, que « Chacune de ces chansons est une histoire vraie. » Je vais te lire quelques-unes des paroles. Parle-moi d’elles. Raconte-moi leur histoire.

Ça me plaît comme idée. Personne ne m’a jamais demandé ça avant.

  • « Homesick » : I got misled, mistook / Discard anything that I said / I’m not the kind to call you up drunk / But I’ve got some lies to tell. (On m’a trompé, fourvoyé / Oublie tout ce que j’ai dit / Tu vois, je ne suis pas du genre à t’appeler alors que je suis bourré / Mais j’ai quelques mensonges à raconter…)

Alors, ce passage… la chanson parle du fait d’être loin de ma petite amie. On était en tournée et je détestais savoir qu’elle rentrait seule à pied chez elle, donc j’avais pris l’habitude de l’appeler et de lui dire, « Arrête de rentrer toute seule chez toi. » Et ça me rendait vraiment fou, je l’appelais alors que j’étais ivre et je lui disais: « Je suis désolé de ne pas être là. » Donc, c’est essentiellement à propos de moi qui l’appelle pour lui présenter mes excuses de ne pas être là parce que je suis en tournée. Je tourne depuis le jour où je l’ai rencontrée, à peu de choses près. Je ne la vois pas vraiment beaucoup. Ainsi, c’est moi, quand je l’appelle alors que je suis imbibé et que je m’excuse, encore une fois, de me disputer avec elle, parce que c’est entièrement de ma faute.

  • « Kathleen » : Probablement mes paroles préférées de l’album : You can leather me with your lips. (Tu peux me tanner de tes lèvres.)

C’est vrai, tu aimes cette phrase-là ? Je l’aime bien. En Angleterre, si vous « tannez » quelque chose, par exemple un ballon de football, ça signifie que vous le frappez le plus fort possible. Ou si vous êtes en train de vous battre, et c’est une expression horrible, mais si vous tabassez quelqu’un, on dit que vous le « tannez ». Donc, « me tanner de tes lèvres », c’est comme se réconcilier, être submergé d’amour et s’étouffer de baisers.

  • « Cocoon », qui comme tu l’as dit est l’une de tes préférées : Fuck it if they talk / Fuck it if they try to get to us / ’Cause I’d rather go blind / than let you down. (Je m’en fous s’ils parlent / Je m’en fous s’ils essaient de nous séparer / Parce que je préfère devenir aveugle que te décevoir.)

Ça, c’est mon truc ! C’est un mélange de deux choses. Une fois où mon père, qui était ivre, discutait avec moi. Je me sentais vraiment mal à propos d’un truc, et il m’a juste dit « Bah, tu n’en as rien à foutre de ce que les autres pensent ! » Là où on a tous grandi, il y avait beaucoup de gens qui essayaient par n’importe quel moyen de nous saper le moral, de nous dire qu’on était pas assez bons et qu’on n’allait arriver à rien. Ma famille me disait, surtout mes cousins : « Laisse tomber ton groupe de merde et trouve-toi un boulot ! », ce genre de choses. Alors mon père m’a pris à part et m’a dit: « Merde aux autres ! Tu fais ce que tu as envie de faire, un point c’est tout. » Depuis que je suis tout petit, ma mère et mon père m’ont toujours dit : « Rien à foutre de ce qui peut arriver… » Comme quand je me suis fait virer de l’école : ça ne les a pas déçus, ils ont plutôt réagi en disant « Tu dois faire tes preuves maintenant. Ce n’est sûrement pas mon fils qui va gaspiller ses chances… Si qui que ce soit te dit que tu es un incapable, tu l’emmerdes ! Si on te dit que tu ne sais rien faire, c’est pareil ! Ne te fais pas de souci pour ça, jamais. » Et puis, la phrase « Je préfère devenir aveugle » s’inspire des paroles d’une chanson d’Etta James intitulée « I’d Rather Go Blind. » J’ai juste pensé que c’était une belle expression donc je l’ai utilisée : « Je préfère devenir aveugle que te décevoir ».

  • « Pacifier » : Oh but Babe, you know I’ve tried and failed / But you, you don’t know how it feels to lose something you never have and never will. (Oh, mais chérie, tu sais que j’ai essayé et que j’ai échoué / Mais toi, tu ne sais pas comment on se sent quand on perd quelque chose qu’on n’a pas et qu’on n’aura jamais.)

C’est à propos d’une fille, une de mes plus proches amies dont la mère est morte quand elle était très jeune. Face à la mort, ça la déprimait, comme quand les gens sont au plus bas et qu’ils n’arrivent pas se relever. Et moi, dans ce cas, je lui disais « Allez courage. Tu ne peux rien y faire. C’est la vie, c’est comme ça que ça se passe. Les gens meurent. » Ma tante est morte le jour où l’album est entré dans le Top 10, j’ai reçu un appel téléphonique me disant, « ton album fait partie des 10 meilleures ventes » et le coup de fil après c’était, « ta tante est morte, mais bon, tu es dans Top 10 je suis fier de toi. » Dans ce genre de situation, je continue à aller de l’avant. La façon dont je pense à la mort, je la dois à ma mère et à mon père : « C’est la vie. Il faut passer à autre chose… » Ma mère me dit toujours : « Quand je mourrai, ne sois pas geignard et ne t’apitoie pas sur ton sort, ne sois pas triste. Il suffit de passer à autre chose, et je veux que tu sois heureux et que tu te rappelles tous les bons moments qu’on aura passés ensemble. » Donc, on m’a appris à toujours avancer, à rebondir et ne pas m’effondrer, parce que la vie est trop courte. C’est donc mon point de vue sur les choses, alors que le sien (celui de mon amie) est plutôt du genre « Tu ne comprendras jamais ce que c’est que de perdre quelque chose que tu n’as jamais eu. » Ces paroles sont sa manière de penser, c’est juste une conversation qu’on avait de temps en temps.

Catfish and the Bottlemen © Katie M. Simmons

  • « Hourglass » : C’est le sixième titre de The Balcony. Ici pas de référence à des paroles, mais la chanson en elle-même est une respiration, et elle commence d’ailleurs avec un profond soupir.

Ouais. C’est parce que quand je l’ai enregistrée, il était 3 ou 4h du matin. Moi et Jim (Abbiss), le producteur, on était juste assis là, il avait un verre de vin, et je me creusais la tête parce que je voulais vraiment une chanson lente sur l’album, juste pour lui donner un peu de répit. Je jouais cette chanson que j’avais depuis un certain temps et il a dit, « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Et j’ai dit, « C’est juste une chanson que j’ai. » Alors il m’a emmené direct dans le studio, il m’a donné un micro et a dit, « Refais la même chose », et je me suis dit « Oh non ! J’ai envie d’aller me pieuter ! » Et il a dit « T’inquiète, il suffit juste de l’enregistrer de la même manière » Donc, je l’ai faite genre « [soupir] Très bien, je vais la faire, mais une seule fois ! » Et effectivement, on n’a fait qu’une seule prise. La guitare est complètement désaccordée. Je n’ai pas du tout joué en rythme, ce qui fait que le reste du groupe a dû se caler sur ce que j’avais fait. Ça reste l’un de mes passages préférés de l’album.

  • Ça sonne très vrai, très brut. C’est magnifique.

Merci. Littéralement, à la fin, tu peux m’entendre prendre ma guitare et faire « OK. Je me casse », et je vais me coucher direct. C’est drôle. Quand je l’ai réécoutée le lendemain matin, j’étais vraiment super content.

  • « Rango » : Il y a une ligne qui est merveilleusement littéraire: ça pourrait être du Dickens, du Jane Austen, du Shakespeare ou du Poe : I know this town does plot much thicker stories than I’d care to talk. (Je sais que cette ville a plus de grandes histoires que je ne pourrais jamais en raconter.)

Merci ! (Il rit) Ouais, j’ai écrit cette chanson quand j’avais 16 ans, à propos de ma première petite amie. Nous nous sommes séparés parce qu’un ami lui a dit quelque chose sur moi. Je ne me souviens pas de ce que c’était. Comme quoi j’étais sorti avec une de ses copines quand nous étions en ville une nuit, alors que je n’étais même pas dehors ce soir-là. C’était juste sa copine qui essayait de me causer des ennuis. Nous nous sommes séparés à cause de cela et j’ai dit un truc du genre, « Quoi? Je ne t’aurais jamais fait ça ! » Donc cette histoire est à propos des petites villes. J’ai appris des choses qu’on racontait sur moi alors que je n’en avais même pas conscience. Les gens me disent des choses sur moi et je réagis, genre « Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne fais pas ce genre de choses. » Il s’agit simplement de la mentalité des petites villes, de la manière dont les gens ont l’habitude de répandre des rumeurs.

  • « Tyrants » : Tyrants est une chanson étonnante. J’aime la batterie au début et tout au long du titre. Puis à la fin, il y a un chant en chœur digne d’un concert dans un stade – « Whoaaaaaaa… », puis un crescendo instrumental, et puis… Whack !

Ah, quand ça s’arrête brusquement ? Tu aimes ? (Julie : C’est génial !) Oui, je l’ai fait. J’ai demandé à Jim (Abbiss) de le faire sur le disque. Je me disais « Il suffit de couper la fin. Ne pas la laisser finir normalement. » Et lui a dit « Quoi ? » À ce moment-là, tout le monde pense : « On dirait que le CD ne fonctionne pas. » Et je réponds, « C’est exactement pour ça que je voulais le faire. » Tous les gens à qui j’ai fait écouter l’album, avant que je leur explique, réagissaient de cette façon : « Bon, le disque est bien, mais cette chanson de l’album, il y a un problème. Je crois que mon CD est abîmé, ou il n’est pas correctement transféré sur l’iPod. » Mais non, c’est ce que je voulais faire pour que, quand vous écoutez le disque et que vous arrivez à celle-là que vous êtes bien dedans, ça fait (il claque des doigts) et bam, ça vous réveille en sursaut. C’est ce que je voulais faire. Tu es la première personne à me poser la question.

  • Toi, Van, tu es un chanteur très charismatique et celui à qui l’on parle pour les interviews. Parle-moi du groupe.

Alors, Bondy (Johnny « Bondy » Bond, guitare lead) est un gars de Newcastle, un vrai. Sa voix est trop bizarre donc il ne peut pas faire d’interviews parce que tout ce qu’il dit sonne comme s’il était en train de déconner. C’est probablement le plus marrant de la bande (à part moi, évidemment, je suis le plus drôle). Il est juste vraiment rigolo. Il n’enlève jamais son chapeau. Jamais. C’est assez amusant.

Bondy
John « Bondy » Bond, guitare

Bob (Bob Hall, batterie), c’est un pro. Il est à fond, toujours. Le jour où je l’ai rencontré, quand je suis venu le chercher pour l’emmener chez moi, son kit de batterie était déjà empilé devant chez lui, prêt à être embarqué. Si vous dites à Bob que vous venez le chercher à 5h, il est déjà opérationnel à 4h59. Il n’est jamais en retard. C’est le plus jeune du groupe. Le plus pro, encore une fois. C’est notre meilleur musicien. J’ai dû le supplier pour qu’il fasse partie du groupe. Il était incroyable. Il l’est toujours, d’ailleurs. Comme tu le dis si bien, tu aimes la batterie sur « Tyrants », mais il ne fait que la moitié de ce qu’il serait capable de faire. On ne le laisse pas être trop bon parce qu’il doit surtout être au service des chansons elles-mêmes, mais il est tellement doué. Tellement.

Bob
Bob Hall, batterie

Et Ben (Benji Blakeway, basse), c’est l’intello. Ben est celui que vous allez voir quand vous avez besoin d’aide avec l’orthographe, ou de savoir ce que signifie un mot, des trucs du genre. Oui, c’est une tête.

Ben
Benji « Ben » Blakeway, basse

Et puis, je suis celui qui amasse le pognon (rires)… Je plaisante ! Je suis celui qui saute un peu partout sur scène.

  • En dehors de ta musique, qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Little Comets – ce sont mes préférés. C’était un de mes groupes favoris pendant mon adolescence, eux et The Streets. J’adore surtout les paroles, des chansons à texte. J’aime aussi le nouvel album de The National, « Trouble Will Find Me ». J’adore des bons textes. Je ne suis pas un grand fan de musique, à moins qu’elle soit plus traditionnelle, comme Van Morrison, Bob Dylan ou John Lennon. Mais aussi, donc, le nouvel album de The National, Little Comets, et tous les disques de The Streets.

  • Parlons football, pour changer un peu… Tu dis que tu es un supporter de Manchester United alors que ton père préfère Liverpool. Tu as tweeté plus d’une fois à propos de Danny Welbeck, d’Arsenal. Ta chanson « Cocoon » fait partie de la BO de FIFA 15. Ton récent clip pour « Pacifier » montre une partie de football de rue assez tourmentée. Parle-moi de ce lien personnel avec le football. Tu joues ? Tu es bon ? Quelle position sur le terrain ?

J’étais milieu de terrain gauche. Je suis droitier du pied, mais je joue du côté gauche. Tu connais ce joueur, Joe Cole ? Je joue comme lui. Je ne suis pas très rapide, mais je me débrouille bien avec un ballon. Je ne suis pas le joueur qui parcourt tout seul le terrain de foot, que tout le monde prend en photo et pour qui toutes les filles crient. Je suis celui qui reste derrière lui, que tout le monde appelle « le fair-play. » Je ne suis pas celui qui marque les buts. Je suis celui qui crée les occasions. J’étais doué. Moi et les gars, on a beaucoup joué quand on était gosses. Je me débrouillais bien, j’avais un niveau vraiment élevé. Je jouais au niveau régional. Et quand j’ai eu 15, 16 ans et que j’ai commencé à boire, à fumer et à faire de la musique, j’ai pesé le pour et le contre et je me suis dit « Bon, tu peux avoir de grosses bagnoles, de grandes maisons, des femmes, la gloire, la fortune… tu peux avoir tout ça si tu joues au football. Mais tu peux aussi l’obtenir en faisant de la musique, en étant dans un groupe, sauf que dans ce cas, tu peux aussi faire la grasse matinée et tu n’as pas besoin d’aller te coucher de bonne heure pour être en forme le lendemain. » Alors j’ai pensé « Autant y arriver grâce à la musique, surtout si ça permet de dormir deux heures de plus. » Donc, j’ai choisi la voie passive. Mais je joue toujours. On fait quelques parties quand on a le temps.

  • Il y avait quelques belles pirouettes et une jolie tête dans la vidéo (Pacifier).

Merci. Oui, une tête plongeante. Merci beaucoup !

  • Parlons média sociaux. Vous êtes des adeptes des média sociaux que vous employez de façon très amusante pour engager vos fans. À ce jour, vous vous rapprochez des 50.000 « likes » sur Facebook et ce chiffre grimpe tous les jours par quelques centaines de personnes. Te rappelles-tu votre premier post sur Facebook ?

Celui du groupe ? Est-ce que tu le sais, toi ?

  • Je vais te le rappeler. C’était le 29 septembre 2009, il y avait un message qui disait « Catfish and the Bottlemen veux que vous cliquiez sur ‘devenir fan’ ; et tentiez de gagner un …? »

…œuf dur.

  • Non, un œuf « façon écossaise ».

Ha ! J’ai dit un « œuf dur » ! C’était donc un œuf façon écossaise ? C’est bizarre ! J’ai dit « œuf dur » complètement au hasard, en plus. Ouais, c’est étrange… Quel abruti !

Catfish 1st FB
Premier post Facebook de Catfish and the Bottlemen
  • Cette même année, en 2009, seulement 24 personnes très exactement ont posté ou commenté sur votre Facebook. Vous voudriez leur dire quelque chose en particulier ?

Je peux leur parler ? Quel âge j’avais déjà ? Il y a 5 ans, j’avais seulement 17 ans. J’étais jeune et bête. Donc merci à eux. Voilà, merci beaucoup !

  • Nous avons commencé cette interview à propos de ta venue en Amérique. Or, elle sera publiée en France et en français, en plus de la version anglaise. Que veux-tu que les Français sachent de Catfish and the Bottlemen avant ton prochain concert le 28 novembre à La Flèche d’Or, à Paris ?

Une fois, je suis tombé amoureux d’une fille qui venait d’Allemagne, et nous avons décidé de nous rencontrer en France, à Paris. Elle a pris un vol depuis l’Allemagne, et moi depuis l’Angleterre, et on s’est retrouvé dans un hôtel. On s’est vus là-bas et je suis tombé follement amoureux d’elle, puis je me suis souvenu qu’elle ne parlait pas un mot d’anglais. J’ai donc passé le week-end avec une fille avec laquelle je ne pouvais pas communiquer verbalement. Donc voilà. C’est ce que je voudrais dire à la France : merci d’être mon lieu de rendez-vous privilégié avec les magnifiques femmes d’Europe.

  • Excellent. Merci beaucoup !

Tout le plaisir est pour moi. Merci à toi !


Retrouvez Catfish and the Bottlemen sur :
Site officielFacebookTwitterSoundcloud

En concert le 28 novembre 2014 à la Flèche d’Or.


PART II – ENGLISH

Interview by Julie Blore-Bizot.
Photos by Katie M. Simmons and French adaptation by Raphaël Duprez.

  • Let’s talk about your music and specifically The Balcony LP. Chicken and egg question: Which comes first when you’re writing a song, music or lyrics?

Catfish and the Bottlemen - Balcony

They kind of come hand in hand. I kind of mess about on a guitar and once I’ve got one line, once I know what that one line is, I get a gut feeling, the same kind of feeling you get if you’re worried about your girlfriend and you think “Oh. I’d better call her. Are you all right?” You know what I mean – that kind of feeling where something’s up? So I go over to my guitar and it just comes out of me straight away. So as soon as I’ve got a line, then I kind of dictate so if the lyrics go to a positive subject, then the chord will go positive. And if it’s going to go negative, I’ll go negative. So it’s both, really. I don’t really know. It just kind of comes and I go with it.

  • Do you have a favorite track on the new album?

(Hesitates) “Cocoon”… or “Hourglass.” “Cocoon.”

  • When you’re writing a song, how much do you think about the effect it will have on people or is it more just a personal endeavor?

A hundred percent the people. When I’m writing a song, I don’t care if I like it or not. I just think, “Are 100,000 people going to sing this? Is it going to hit somebody in the heart? Are they going to go, ‘Christ, that song, I know what he’s talking about. I’m going through the exact same thing with my girlfriend or my best mate.’” You know, just something that resonates. I wrote the album from the ages of like 16 to 20, and that was basically what my life was about at those ages. So I completely just think, “Are 100.000 people going to want to come see this in an arena?” My goal, my dream, and all of us, we want to be an arena band. I don’t care, “Homesick” on the album, that was one of my least favorite songs. Then everyone around me loved it so we put it on the album. Then when we play it live, people are singing it back. It’s one of my favorite songs now. So I don’t mind. At the end of the day, as long as long as it comes from my head, I’m not fussy.

  • There are EPs that precede the album. Is there a favorite track on the EPs that didn’t make it onto the album?

There’s a song called “ASA.” Larry, our guitar tech who’s me best mate, and he’s been my best mate since we were kids, he hates that song. And when he hates the song, I hate the song. It annoys me. And he told me not to put it on the album and everyone keeps going mad about it, saying, “Why didn’t you put that one on the album?” So “ASA,” I kind of regret. We should have put it as a secret track.

Larry
Larry, guitar tech and lifelong friend of Van
  • In a recent interview with Steve Lamacq, you said about the songs on The Balcony that, “Every song is a true story.” I’m going to read a few lyrics. Tell me about them. Tell me the story.

I like this. Nobody’s ever done this to me before.

  • “Homesick”: “I got misled, mistook/Discard anything that I said/See, I’m not the type to call you up drunk/But I’ve got some lies to tell…”

So that line… the song is about being away from my girlfriend. We were on the road and I used to hate her walking home on her own, so I used to call her up and be like, “Stop walking home on your own.” And it used to drive me mad and I used to ring her up drunk and say, “I’m sorry I can’t be there.” So it’s basically about me ringing her up to apologize that I can’t be there because I’m on tour. I’ve been on tour since the day I’ve met her pretty much. I don’t really get to see her much. It’s just me apologizing drunk for having a go at her, for being so far away, because it’s my fault.

  • “Kathleen”: Perhaps my favorite lyric on the whole album: “You can leather me with your lips.”

Do you like that one? I like that one. In England, if you “leather” something, say you leather a football, it means you hit it your hardest. Or if you’re in a fight, and it’s a horrible expression, but if you get in a fight and beat somebody up, you call it “leathering” someone. So “leathering me with your lips” is like I’ll come round to yours and you can just smother me in love and kiss the life out of me.

  • “Cocoon,” which you mentioned is one of your favorites. “Fuck it if they talk/Fuck it if they try to get to us/‘Cause I’d rather go blind than let you down.”

That’s my jam! That’s a mixture of two things. That was me dad, come in drunk once, and we were talking about something. I was really down about something, and he just said, “Fuck anybody!” When we were growing up, where we grew up, you had a lot of people trying to drag you down and tell you you’re not good enough and you weren’t going to be something. My family used to tell me, a lot of my cousins used to be like, “Your band’s shit. Get a job!” that kind of thing. And me dad took me aside and said, “Fuck what anybody says! You do whatever you want to do.” Ever since I was a baby, my mum and dad have always said to me, “I don’t care what happens…” like when I got kicked out of school, they weren’t disappointed, they were just like, “You’ve got a point to prove now. No son of mine is going to be a waster… If anyone tells you you can’t be something, then fuck ‘em! If they tell you you can’t do something, then fuck it! Don’t let it get to you.” And the “I’d rather go blind” bit is an Etta James lyric. There’s an Etta James song called “I’d Rather Go Blind.” I just thought it was a nice expression so I put it with that, you know, “I’d rather go blind than let you down.”

  • “Pacifier”: “Oh but Babe, you know I’ve tried and failed/But you, you don’t know how it feels to lose something you never have and never will.”

This is about a girl, one of my close friends whose mum died when she was really young. She used to deal with death, it used to really get her down, like when people are deflated by it and can’t pick themselves up. And I used to be like, “Come on. Cheer up. There’s nothing you can do about it. That’s life, that’s the way it is. People die.” My auntie died the day the album went to Top 10. I got a phone call saying, “Your album’s come out in Top 10.” And the next one was, “Your auntie’s died, but listen you’ve just gone Top 10. I’m proud of you.” I just get over it right when it’s happened. The way I’ve dealt with it in life, my mum and dad are just like, “That’s life. Get on with it…” My mum always says to me, “When I die, don’t be moping about being miserable. Just get on with it, and I want you to celebrate and remember me for how funny it was.” So I was raised to kind of just move on, just bounce along, don’t get down about anything, life’s too short kind of thing. So that was my view on things and her (my friend’s) view was basically saying, “You’ll never understand what it’s like to lose something you’ve never had.” So that’s the lyric about her doing that really, it’s just a conversation we used to have.

  • “Hourglass”: This one comes in as the sixth track on The Balcony. Here not referencing a lyric, but the song itself comes in as a breather, and it actually starts with kind of a [audible deep breath].

Yeah. That was because I recorded it, I think it was about 3:00 or 4:00 in the morning. Me and Jim [Abbiss], we just sat there, the producer, and he’s just having a glass of wine, and I was racking my head because I really wanted a slow song on the album, just to give it that breathing space. I was playing this song I had for a while and he said, “What is that?” And I said, “It’s just a song I’ve got.” So he popped me in the studio and he put a mic to me and he said, “Don’t change,” and I was like “Come on! I’ve got to go to bed.” And he said, “Just record it like that.” That was literally me going, “[Deep sigh] All right, I’m doing this once.” I did it in one take. The guitar’s out of tune. I play out of time so the band had to play, you know, along to me, and it’s one of my favorite moments on the album.

  • It does come across as very real and very raw. And it is gorgeous.

Thank you. I literally, at the end of it, you can hear me pick my guitar up and go “Right. I’m off,” and I just go straight to bed. It’s funny. When I listened back to it in the morning, I was dead happy with it.

Catfish and the Bottlemen © Katie M. Simmons

  • “Rango”: There’s a line that’s marvelously literary: it could be Dickens, it could be Jane Austen, it could be Shakespeare, it could be Poe. “I know this town does plot much thicker stories that I’d care to talk.”

Thank you (laughter). Yeah, I wrote that song when I was 16 about my first girlfriend. We split up because her mate told her something about me. I can’t remember what it was. It was like I got off with one of her mates when we were out in town one night, and I hadn’t even been out that night. It was just her mate trying to get me in trouble. We split up because of it and I was like, “What? I’d never do that to you!” So that story is about small towns. I’d find stuff out about myself before I even knew about it myself. People would tell me things about me and I’d be “What are you talking about? I don’t do that stuff.” It’s just about small town mentality, people spreading rumors basically.

  • “Tyrants”: Tyrants is an unusual one. I love the drumming on it at the beginning and all the way through. Then at the end, there’s a stadium-worthy chorus of Whoaaaaaaaaa… and this instrumental build, and then… WHACK!

Oh, when it cuts off? You like that? [Interviewer: It’s brilliant!] See, I did that. So I told Jim [Abbiss] to do that. I was like “Just cut it at the end. Don’t let it end naturally.” And he was like, “What?” And everyone says, “It sounds like the CD broke.” And I was like, “That’s exactly why I want to do it.” Everyone I played the album to, before I told them about it, they were like, “The album’s good, but that song, it breaks. I think my CD’s broken, or it’s not loaded onto my iPod right.” But no, that’s what I wanted to happen so that you listen to the whole album all the way through, and you’re into it, and it just goes [snaps fingers] and wakes you up like that. That’s what I wanted to do. You’re the first person who’s ever said that.

  • You, Van, are a very charismatic frontman and the person we see in interviews. Tell me about your band mates.

So Bondy [Johnny “Bondy” Bond, lead guitar], he’s from Newcastle, he’s a Geordie. His voice is too funny so he can’t do interviews because everything he says just sounds like he’s joking. He’s probably the funniest (apart from me, obviously, I’m the funniest). He’s just dead funny. He doesn’t take his hat off. Ever. That’s pretty funny.

Catfish and the Bottlemen © Katie M. Simmons
Johnny “Bondy” Bond, lead guitar

Bob [Bob Hall, drums], he’s the professional. He’s switched on, He’s always switched on. The day I met him, when I picked him up from his house, he had every drum piled up in a pile waiting outside his house, ready. If you tell Bob you’ll come and pick him up at 5:00, he’s there at 4:59, every time. He’s never late. He’s the youngest. He’s the most switched on. He’s the best musician. I had to beg him to be in the band. He was incredible. He’s incredible, still is. Like you say, you like the drumming on Tyrants, he’s half the drummer he should be. We don’t let him be as good as he can because he has to play for the songs but he’s sooooo good. He’s so good.

Catfish and the Bottlemen © Katie M. Simmons
Bob Hall, drums

And Ben [Benji Blakeway, bass], Ben’s the smart one. Ben’s the one you go to when you need some help with spelling or you need to know what this word means or anything like that. He’s the clever one.

Catfish and the Bottlemen © Katie M. Simmons
Benji Blakeway, bass

And then I’m the one who makes us all the money (laughs)… I’m joking! I’m the one who bounces about on stage a little.

  • Outside of your own music, what do you listen to these days?

Little Comets – they’re my boys. They were one of my favorite bands growing up, between them and The Streets. I’m really into lyrics. I like the new National record, Trouble Will Find Me. I just love lyrics. I’m not a massive music fan, unless it’s traditional like Van Morrison or Bob Dylan or John Lennon. But The National’s new record, Little Comets, and every Streets album they’re ever done.

  • A little football digression… You’ve said you’re a fan of Manchester United and your dad favors Liverpool. You’ve tweeted more than once about Danny Welbeck of Arsenal. Your song Cocoon made the FIFA 15 game soundtrack. Your most recent video release for Pacifier is themed to a rowdy game of street football. Tell me about that personal connection to football. Do you play? Are you any good? What position?

I was a left midfield. I’m right-footed but I play on the left. Do you know the player Joe Cole? I play like him. I’m not really fast, but I’m really good on the ball. I’m not the player who drives down the footy ground who everyone’s taking photos of and all the girls are screaming for. I’m the one who drives behind him, who everyone’s like “Ah, fair play.” I’m not the one who scores the goals. I’m the one who creates them. I was really good. Me and the lads used to play when we were kids. I was doing all right, I was getting a really high standard. I was playing for my county. I got to like 15, 16 and started finding drinking and smoking and playing music and I thought, I kind of weighed them up and I was like, well, you can get fast cars, big houses, women, fame, fortune… you can get all that playing football. But you can kind of get that playing music, being in a band, but you get a lie-in in the morning so you don’t have to go to bed as early. So I thought, “Might as well go with music if you can have 2 hours longer in bed.” So that was it, being idle. I still play though. We still play when we can.

  • There was some fancy footwork and a great header in that video (Pacifier).

Thank you. Diving header. Thank you very much!

  • Let’s talk about social media. You make very amusing and wonderful use of social media to engage with your fan base. Today you have nearly 50,000 Facebook fans. That number is growing by hundreds daily. Do you remember what your very first post on Facebook was?

The band one? Is there one? Do you know what it is?

  • I’ll tell you. It was on Sept 29, 2009, and it was “Catfish and the Bottlemen want you to Click ‘Become Fan’ & Win A…?”

Boiled egg.

  • Scotch egg.

Boiled egg! I said boiled egg! Was it Scotch egg? That’s weird, man! I just had a shot in the dark with boiled egg. That’s so weird. What an idiot.

Catfish 1st FB
Catfish and the Bottlemen’s first Facebook post
  • In that year, 2009, exactly 24 individuals posted or commented on your Facebook Timeline. Anything you’d like to say to them?

Can I speak to them? How old would I have been? 5 years ago, I would have been 17. I was a gimp. Thank you. That’s it, Thank you very much!

  • We started this conversation talking about coming to America. This particular interview will be published in France and in French in addition to the English version. What would you like the good people of France to know about Catfish and the Bottlemen before your upcoming gig on November 28th at La Flèche d’Or in Paris?

I once fell in love with a girl from Germany, and we used France, we used Paris as the meeting point. She flew from Germany. I flew from England and we met in this hotel. And I met her there, and I went up to her, and I was madly in love with her and then I remembered, she doesn’t speak English. So I spent the weekend with a girl who I couldn’t speak any words to. So there you go. That’s what I’d like to say to France. Thank you for being my meeting point for beautiful European women.

  • Thank you so much.

Absolute pleasure. Thank you.


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Catfish and the Bottlemen will be performing at La Flèche d’Or in Paris on November 28, 2014.

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