Quand ces vieilles Canailles font tanguer la Dame

Souvenez-vous, début mai. Aurores Montréal avait été un beau moment. Chaleureux et riche de découvertes. Première édition réussie d’un festival aux teintes québécoises dans Paris. Hymne au voyage et à l’accent.  La Dame de Canton avait d’ailleurs reçu les deux dernières soirées. Hier soir, elle remettait le couvert et nous servait le premier concert « hors saison ». Et puisque lorsqu’il s’agit de s’amuser, indiemusic est toujours de la partie, on vous raconte cette folle soirée.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Ce retard, est-ce la demi-heure parisienne ou bien québécoise ? Enfin la soirée a finalement commencé. Menée par le blues fougueux de quatre jeunes hommes en salopette, ou presque. Cotton Belly’s a la blague facile, a les pieds nus et des harmonicas.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

En voici, en voilà. Les garçons nous ont offert un premier plateau qui swingue, qui vitalisent le blues, à coup de paroles des plus contemporaines. Jolie et joviale introduction pour la suite de la soirée.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Canailles entre en scène. Ils sont huit et le nom semble tellement bien trouvé. Un joyeux bordel. Oui, Canailles est un joyeux bordel.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Il y a de la musique dans tous les sens. Notes de banjo et de guitares. Batterie furieuse et washboard. Une contrebasse et un accordéon. Des râles et des cris. Un harmonica qui se pointe aussi, au-devant de la scène. De l’acoustique qui a traîné sur les routes et des instruments qui ont vécu. Tout ça s’accorde et se défait. On puise là une énergie à la « The pogues », ces sons qu’on ne contient plus et qui forme une ambiance démente.

Canailles est diabolique. Insouciante et furieuse cohésion de sons et d’âmes. D’ailleurs, c’est ensemble qu’ils chantent. D’abord porté par la voix de Daphné Brissette. Voix haute perchée et nasillarde. Parfois cassée. Puis les voix s’assemblent pour donner un chœur. D’abord féminin puis commun.Tels les chants des marins trop alcoolisés.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Ça peut paraître déraillé mais ça en reste viscéral et furieux à souhait. Ce band, c’est aussi des textes qui sonnent comme des fables modernes. Joliment imagé et raconté. Joliment râpeux. Ça sonne parfois comme ces vieux chants qu’on entend encore dans nos fantasmes de villages bretons et folkloriques. Sauf que là c’est québécois et riche d’accents et d’expressions.

L’ambiance est chaude. Ça transpire. Le ton est donné par les pieds qui martèlent le sol. Et voilà que le public reprend la chose. Le plancher de la Dame manque de s’effondrer. Le bateau manque de chavirer quand un mouvement de foule s’improvise. Insouciance. Oui, voilà ce qu’est Canailles. Une boule d’énergie insouciante. Prête à exploser et à s’amuser. Problème de micro et techniciens sur scène. On enchaîne et on improvise un pas de bourré avec le public. On danse. On swingue. Et on cracherait bien par terre. On s’arroserait bien de bières également.

crédit : Charlène Biju
crédit : Charlène Biju

Canailles nous a offert un beau bazar. Animal et jouissif.

facebook.com/cotton.bellys
cottonbellys.com

facebook.com/bellescanailles
canailles.bandcamp.com

Partager cet article avec un ami