[Interview] Camp Claude

« Swimming Lessons », le premier album de Camp Claude, trio « sky wave » formé par Diane Sagnier, Mike Giffts et Leo Hellden, sortira le 8 avril prochain. Pour en parler, Diane, chanteuse et photographe du trio parisien, revient, pour indiemusic, sur la naissance du projet et le besoin d’exister en tant que groupe. Elle nous parle également des rapports intimes qui s’opèrent entre les mondes de l’image et de la musique dans son quotidien. Entretien avec une artiste pluridisciplinaire nageant en plein bonheur.

crédit : Cedric Jereb
crédit : Ced Jereb
  • Diane, tu es passée de photographe à chanteuse, d’un art à l’autre. Quand, pourquoi et comment est né Camp Claude ?

J’ai toujours été une mélomane, j’ai toujours fait de la musique pour moi. Mais j’ai, aussi, toujours été dans l’image : je dessinais et, ado, je prenais beaucoup de photos… Je me suis orienté là-dedans parce que j’avais besoin de changement et je voulais voir ce que ça donnait, si je pouvais en faire ma carrière. Ça a plutôt bien marché, au final ! Je suis photographe depuis mes 20 ans et j’en vis bien aujourd’hui.
J’ai rencontré les garçons parce que je suis aussi réalisatrice et on a bossé sur des vidéos ensemble. Ils ont emmené une guitare chez moi, un jour, pendant qu’on faisait les montages, puis ils m’ont proposé de passer en studio, enregistrer des petites choses. Ensuite, on s’est vu de plus en plus au fil des mois et, progressivement, on a développé quelque chose qui s’est transformé en un univers complet… Et voilà comment est né Camp Claude ; pas à pas, et par amour de la musique.

  • Deux musiciens de Tristesse Contemporaine complètent la formation, Mike Giffts aux machines et Leo Hellden à la guitare. En quoi Camp Claude est-il un groupe et non un projet solo avec un backing band ?

Les garçons sont à la base de la plupart des choses qu’on fait ; ce sont un peu les producteurs du projet, et c’est comme ça qu’on a toujours bossé. Ils avaient leur studio et moi, je venais. Ils sont vraiment à la base de tout.

  • D’où vient ce Claude ; un prénom épicène, mais qu’on rattache couramment à l’homme ? Claude représente-t-il un alter ego ?

En quelque sorte… Claude, en fait, c’est mon deuxième prénom. On aimait bien l’idée d’un groupe, justement pour ne pas faire une dynamique d’une seule personne avec un backing band. On est vraiment tous les trois, on aimait bien l’idée de la colonie de vacances, l’idée d’évasion… aller dans un endroit où tu ne vas qu’une fois par an et auquel tu repenses toute l’année avant d’y retourner.
En plus, Claude, c’est un prénom mixte ; du coup, ça marchait bien, ça nous paraissait assez logique et on aimait bien la sonorité du truc.

  • De même, le « Camp » peut prendre bien des sens : celui léger du camp de vacances ou de repos ; celui, plus strict, du camp militaire, voire de redressement ; et celui, bien différent, tiré du terme anglais « camper » pour parler d’une sensibilité artistique gay. Peux-tu m’aider à démêler le vrai du faux parmi toutes ces significations ?

Il faut le prendre de manière légère. On ne voyait pas ça du tout comme le camp militaire un peu stressant, etc. C’était beaucoup plus comme je disais, l’envie d’évasion… On peut en faire l’interprétation qu’on veut, mais pour nous, c’était plus l’idée de cohésion et vraiment d’évasion dans un lieu qui est particulier.

  • Votre premier album, à paraître le 8 avril prochain, s’intitule « Swimming Lessons », du nom de la dixième piste de ce même enregistrement. Pourquoi avoir choisi ce titre plutôt qu’un autre ?

Parce que « Swimming Lessons » est une belle représentation de la manière dont le projet a mûri. J’avoue que je me suis un peu lancée dans ça sans trop me poser de question. Même si j’étais déjà souvent en contact avec des gens du milieu, je n’avais aucune idée de ce que c’était vraiment d’être musicien ; du coup, c’est un peu comme quand on apprend à nager… On commence avec la brasse puis, quand on est assez à l’aise, on passe au crawl ; et je peux te dire qu’au début, tu te noies à moitié ! Jusqu’au moment où c’est plus fluide et que tu arrives à enchaîner les deux sans problème. Donc, c’est un peu ce ressenti que je recherchais, cette idée d’évolution.

  • Peux-tu me parler de la pochette, de la photographie, bref de la conception du visuel ? Au-delà de la photo de couverture, avec ton métier de photographe, comment as-tu collaboré à cet aspect du projet ?

Ce que j’ai fait, au début, c’est que j’ai rassemblé plein d’images d’inspiration, je me suis fait un moodboard et mes proches m’ont aussi aidé. Les photos de presse, j’en suis très contente, je les ai faites avec ma meilleure amie et deux autres amis dans le sud. Elles seront dans le livret qui, d’ailleurs, sera très joli ! En ce qui concerne la photo de l’album, j’avais un boulot à Tenerife, et on avait un après-midi libre avec mon assistant. On était dans le jardin de l’hôtel et on a pris cette photo que, du coup, j’ai gardé sous le coude. Je la trouvais trop bien pour être « juste » une photo de presse… Au final, ça a été une belle surprise, avec l’album qui s’appelle « Swimming Lessons ».

Camp Claude - Swimming Lessons

  • Votre album est très éclectique dans ses genres : on y découvre des titres pop, garage, club ou encore new wave, mais tout se rejoint finalement autour d’un amour commun pour les sonorités eighties, essentiellement. D’où vous vient cet attachement à cette période musicale, et artistique plus largement ?

Je pense que les garçons étaient ados pendant les années 80, haha ! Et puis, moi, j’aime vraiment plein de styles de musique différents, je suis un peu un baby des nineties aussi… Donc, ça nous a beaucoup influencés : le post-grunge, Nirvana etc. Ado, j’étais plus punk : Sum 41, etc. Il y a un vrai mix entre l’univers et la jeunesse des garçons et la mienne. Il y a constamment un retour à l’adolescence, dans cet album.

  • Vous définissez votre genre musical comme de la « sky wave » : peux-tu m’en donner ton interprétation ?

Très simplement, la sky wave, ce sont plein de choses : cold wave, des sonorités mi électro-mi dark… C’est un bon mix qui nous définit bien.

crédit : Cedric Jereb
crédit : Ced Jereb
  • Peux-tu me parler du tournage de « Golden Prize », le dernier clip que vous avez dévoilé sur l’album à venir ?

Je l’ai tourné l’année dernière, dans le désert de Bardenas, en Espagne. C’est ma boîte de production, Quad, qui m’a proposé ce tournage et qui a tout financé. C’était assez fou, il y a eu plein de gens qui y ont participé et je suis super contente du résultat.

  • Les clips sont extrêmement soignés et vous mettent régulièrement en scène. Être présent également « à l’écran », c’est une nécessité pour vous ? Et dans quel rôle vous y considérez-vous alors : en tant qu’acteur, dans un rôle, ou toujours en tant que musicien ?

J’aime bien toujours m’imaginer en tant que musicienne. J’aime bien être le visage de notre projet, mais je n’ai pas non plus envie que ça prenne le pas sur notre projet et notre musique. Ce n’est pas ce que je trouve le plus intéressant, mais j’aime jouer le jeu.

  • Sur scène, lors des derniers Bars en Trans de Rennes en décembre dernier, j’ai pu découvrir sur scène un projet très généreux et authentique. Quand il s’agit de jouer devant un public qui vous découvre, qu’est-ce qui, au regard de vos expériences, participe à la réussite d’un concert et à l’appréciation de ce dernier ?

J’essaie juste de donner un max d’énergie et de voir comment les gens le reçoivent.
C’est compliqué de répondre à ça ! C’est assez abstrait… Aujourd’hui, je suis plus à l’aise, notre live a maintenant été travaillé depuis deux ans. On a acquis une aisance sur scène qu’on n’avait pas au début. C’est vraiment un « work in progress » et, même aujourd’hui, je suis étonnée de voir toujours plus de gens qui viennent et qui partagent ces moments avec nous !

crédit : Cedric Jereb
crédit : Ced Jereb
  • Dernière question : « Swimming Lessons » est donc annoncé pour le 8 avril prochain chez Believe. D’ici là, qu’y a-t-il au programme des prochaines semaines ?

Le tournage du prochain clip, une soirée de lancement, on aura aussi sûrement des petits showcases à Paris avant le grand concert du 11 mai prochain à la Maroquinerie !


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