[EP] Camille Mai Trio – We Are No Beautiful Children

Jazz et musique de chambre font bon ménage. C’est en tout cas la formule optimale défendue par Camille Mai Trio, réunion de la Parisienne Camille Mai au piano et au chant, de l’Argentin Nahuel Bronzini aux guitares et à la production et de l’Américain Schuyler Karr à la contrebasse.

Camille Mai - We Are No Beautiful Children EP

Sur une base jazz, leur premier EP à trois « We Are No Beautiful Children », enregistré à San Francisco où les musiciens se sont installés, dévoile un univers emprunt de sensualité et d’une apparente simplicité.

Si le chant de Camille est définitivement l’atout charme premier de l’enregistrement, les rythmes lents des percussions de Shahab Paranj, venu s’ajoutant au trio initial, et les notes de pianos jouées en petite cadence, laissent respirer les mots, et s’installer l’aspect charnel des textes.

C’est ainsi, et sans jamais s’empresser que l’on évolue parmi les quatre titres de l’EP.

Car au-delà de sa musique, « We Are No Beautiful Children » demande à s’attarder sur les textes, où chaque mot porte les rythmes et les notes jouées, et nous plonge un peu plus dans l’univers de ce trio international.

Il y a d’abord « Pathological Doubt », impeccable immersion dans ce jazz à part, où Camille Mai parle de sa relation à l’amour enfin trouvé comme des sentiments de doute et de peur qui surviennent dans son couple. Avec ses respirations, ainsi que ces notes éparses et de ces rythmes suaves, on tient là un beau morceau.

Et puis on finit par suivre les textes, avec fascination, sur l’éponyme « We Are No Beautiful Children », où la chanteuse-pianiste s’abandonne à la mélancolie puis sur « Perfect In Theory » et son refrain à tomber à la renverse (If I can slow down your fall / Things will be still  / Things will be calm / But not for long).  Cette tessiture vocale qui colle tant au jazz et qui joue des intonations pour nous faire succomber. Et ce jeu instrumental qui se met à la portée de cette voix se laisse oublier pour mieux revenir, pour mieux nous retenir.

Enfin, « The End of the Tempest » invite la Tempête de Beethoven, pour une admirable rencontre entre la musique classique et la chanson jazz. So just don’t let them take you away, mais comment ne pas se laisser emporter ?

On se laisse finalement submerger et envahir par cette musique à la fois si secrète et si authentique.
Camille Mai Trio possède un univers sonore plein de mystère dont les clefs de compréhension ne demandent pas à être trouvées, sinon soumises à notre interprétation et à notre imaginaire.

Camille Mai Trio
crédit : Alyx Henderson

Quelque part entre Regina Spektor et Fiona Apple, on a découvert Camille Mai, et on a définitivement hâte d’entendre la suite.

« We Are No Beautiful Children » de Camille Mai Trio est disponible depuis le 6 décembre 2013.


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Site officiel – Facebook – Bandcamp

Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques