Dans les loges du Chabada : rencontre avec C2C

Samedi dernier, C2C était de passage au Chabada d’Angers pour une soirée des plus marquantes. Il faut bien dire que Le Chabada est le berceau du spectacle des quatre DJ nantais matérialisé sur les scènes des festivals de cet été et à découvrir sur la tournée de grandes salles françaises cet automne-hiver 2012.
C’est en compagnie d’autres journalistes de médias locaux que j’ai eu l’occasion de rencontrer les quatre protagonistes de C2C alias 20syl, Greem, Atom et Pfel, avant leur concert. Un bon moment d’échange avec un groupe à l’écoute de nos questions.

  • C2C est formé autour de deux projets, Hocus Pocus et Beat Torrent, même si C2C existait déjà par le passé à travers les compétitions de DJ auxquelles vous avez pris part. Qu’est-ce qui vous a poussé à reformer le quatuor pour réaliser cet album « Tetra » ?

20syl : On ne s’était jamais séparés en fait. Le projet n’a jamais cessé d’exister, disons juste qu’il était un peu en stand-by parce qu’on s’éclatait dans nos projets respectifs et qu’on n’avait pas le temps de s’occuper de ce projet-là, mais ça restait quelque chose qu’on avait à l’esprit.
C’était dans nos envies parce qu’on savait que c’était un projet qui nous offrait d’autres possibilités artistiques, d’autres modes et champs d’expression.
C’est vrai qu’avec Hocus, on était vraiment dans ce registre rap avec, pour moi, le domaine de l’écriture que j’ai beaucoup plus développé, et qui est quelque chose que je ne fais pas du tout dans C2C. C’est aussi un poids que je m’enlève pour pouvoir développer d’autres choses.
Dans Beat Torrent, ils ont développé un univers autour du remix, autour du mashup, et aussi autour du côté électro-rock, si je peux le définir ainsi.

Atom  : La vidéo aussi.

20syl : La vidéo oui, avec des motions designs qu’on a prolongés dans C2C. On a fait des projets dans lesquels on s’éclatait vraiment et qu’on n’avait pas envie de stopper avant même qu’on soit allés au bout d’une idée. On est allé au bout d’un cycle : trois albums pour Hocus Pocus, un album remix pour Beat Torrent plus un mix album, je crois.

Greem : C’est ça.

20syl : Et une grosse tournée, donc je crois que c’était le moment de se réunir et de remettre un peu C2C au goût du jour.

  • Est-ce qu’on peut dire que c’est un fifty-fifty entre les deux projets pour le coup ?

Pfel : C’est pas évident de parler d’un 50-50, ça n’est pas aussi évident que ça. Chacun avec son background, ses influences,  va ramener différentes idées. En tout cas, ça n’est pas aussi simple que ça.

  • Est-ce qu’à l’avenir vous allez privilégier le projet C2C ou vous pensez revenir aux projets Hocus Pocus – Beat Torrent ?

Greem : Tant qu’on a la possibilité de faire vivre ce projet C2C, de toute façon, on va continuer. Les cycles dont parlait 20syl juste avant sur Hocus Pocus et Beat Torrent, ça n’a pas duré un an ou un an et demi. Ça a pris bien plus de temps.
Après, l’avenir, on ne le connait pas, on vit le moment présent, et on imagine les choses à deux mois, trois mois devant nous. On commence tout juste à parler de ce qui va se passer l’année prochaine, mais pour le moment, notre projet, clairement, c’est C2C.

  • Et donc quelle est l’actualité du moment pour C2C ?

20syl : On a une très belle tournée qui s’annonce, sur la fin d’année 2012 et sur l’année 2013, car il y a déjà des dates qui sont calées, notamment au Zénith de Paris, à Nantes, et également d’autres grosses salles.
Cela avec un spectacle qui va évoluer, qu’on va agrandir un petit peu.
A priori, ça se passe très très bien, car les remplissages des salles sont juste ouf, c’est à peu près partout complet sur la tournée d’automne. On est donc un peu « obligés » de refaire une tournée, pour les gens qui n’ont pas pu avoir de places sur cette tournée-là.
Et ce sera avec plaisir qu’on va faire évoluer un peu le spectacle pour l’emmener un peu plus loin, et pour s’éclater encore plus sur scène. Ça, ça va nous emmener jusqu’à fin 2013, je crois ouais.

  • Quel rapport avez-vous avec le succès que vous rencontrez ?

Pfel : Bah, succès sympa (rire). On vit ça avec un peu de détachement vu qu’on est dans le rythme de la tournée et on n’a donc pas le temps de se poser, de vivre le truc. On le voit finalement à travers vos questions, quand vous demandez « comment ça se passe ? », mais sinon, ça n’a pas changé grand-chose pour nous.
Après, ça fait plaisir de voir que les salles se remplissent, on est content que les gens viennent nous voir, qu’ils aiment bien l’album. Il y a beaucoup de bons retours, c’est assez appréciable de ce côté-là, mais ça ne nous change pas plus que ça.

  • Est-ce que vous vous attendiez à autant de succès quand même parce qu’on parle beaucoup de vous en ce moment ? Est-ce que vous estimez que ça surpasse Hocus Pocus et Beat Torrent ?

Greem : C’est sûr que ça prend une autre envergure, on n’est pas habitués à autant d’expositions, que ce soit médiatique, ou même d’album. C’est vrai que ça marche très bien, on est dans les tops des ventes, et on est surpris. On est spectateur de ce truc-là, et on en rigole un peu quand on regarde les tops. On dit « oh tiens,  y’a Mika qui est devant nous, ah non, il est derrière nous ! ». C’est drôle, on s’en amuse un peu comme des gosses qui ont créé quelque chose avec leurs platines, chez eux, dans leur chambre d’adolescents, et qui se retrouvent à être connus, avec plein de gens qui viennent sur les concerts. On en est fiers parce que c’est un peu notre discipline, notre délire de faire de la musique avec des platines, et puis ça se démocratise de plus en plus, ça passe à la télé.
On a mis le paquet sur la musique et on voulait mettre la barre très haute ; on le faisait déjà à l’époque des championnats du monde et on se disait «  l’année prochaine, il faut revenir avec un show encore plus fat que celui d’avant » et donc pour l’album, on s’est mis une grosse pression et on est hyper fiers de tous les morceaux. Et on est encore plus fiers qu’ils plaisent à beaucoup de monde.
C’est sûr qu’on est assez surpris, mais on a aussi mis beaucoup d’énergie pour que ce projet soit écouté et apprécié par les gens le plus possible.

  • Juste une précision concernant les championnats du monde, vous y avez participé quatre fois et vous les avez, à chaque fois, remportés.

Pfel : En fait, on a gagné quatre fois les championnats du monde au moment où on y a accédé. On a fait les championnats de France en 2001 et 2002, là on n’a pas gagné, on a gagné en 2003 et on a accédé aux championnats du monde. Là, on a gagné de 2003 à 2006 quatre fois de suite. On a aussi participé aux ITF qui sont une autre fédération et on a gagné là en 2005.
C’est 5 fois si tu comptes ITF.

  • Quel usage faites-vous du web au sein de votre projet ?

Atom : C’est vrai qu’on est super actifs sur les réseaux sociaux, et puis même avant ça, c’est grâce à internet, grâce à YouTube finalement qu’on a pu continuer d’exister tout simplement. Parce qu’à l’époque, ça n’était que les DMC, les championnats de DJ et on a après les compètes filmé nous-mêmes nos shows DMC dans une salle. Que ça soit propre à voir, avoir une bonne vidéo et un bon son. Et en fait, elles ont tourné et continué à tourner entre 2005, 2006 jusqu’à aujourd’hui finalement.
En premier lieu, c’est vrai qu’on a bénéficié de l’existence de ces médias pour continuer à exister et derrière, en effet, on utilise beaucoup internet. On est très présents sur Facebook, Twitter.

  • 190 000 fans sur Facebook… 300 à 400 000 vues sur YouTube par vidéos !

Atom : Oui, ça monte bien, ça monte bien !

  • Projetez-vous d’exporter votre musique hors de la France ?

Pfel : À l’époque des DMC, on a eu l’occasion d’aller en Asie, d’aller aux États-Unis, mais c’était très ponctuel, c’était lié au réseau du championnat du monde de DJ.
Aujourd’hui, sur la tournée ; on a commencé à tourner au printemps dernier, on a fait principalement des dates en France, quelques dates en Suisse, quelques dates en Belgique donc des pays limitrophes.
On reste conscients que grâce aux chansons qui ont des textes en anglais, on n’a pas cette barrière de la langue française, donc forcément, on se dit que ça peut plaire et parler à des gens à l’étranger aussi.
Il y a donc cette envie et on espère pouvoir sortir le disque, d’une part à l’étranger, et pouvoir tourner. C’est vrai que les deux choses vont ensemble.

  • Juste pour revenir sur l’aspect web, vous avez tourné un clip à l’Abbaye de Fontevraud. Pourquoi ce lieu ?

20syl : L’histoire commence quand on a choisi ce morceau « F.U.Y.A », et qu’il s’est agi de trouver un concept, une idée pour mettre en image ce morceau.
On avait en tête ce côté orchestral, on avait envie de faire quelque chose d’assez majestueux avec ce côté un peu mystique. On s’est d’abord dit, pourquoi ne pas créer tout simplement la performance, mais en mettant ce côté orchestral donc en se démultipliant, en jouant tous les instruments qu’on a joués piste par piste sur le disque. Et en multipliant chacun de nous par quatre, on se retrouve à être seize au lieu de quatre.
L’idée, c’était de trouver un lieu dont on a commencé à faire des recherches à Nantes, dans tous les bleds pour voir, mais le problème des églises, car on pensait forcément aux églises, c’était l’éclairage, l’électricité et puis avoir les autorisations. C’était assez complexe, et on a eu cette idée de l’Abbaye de Fontevraud qui est un lieu qui a cette image, cette architecture que l’on recherchait, et à la fois qui est devenu un lieu très culturel, avec des expos, une équipe technique, un lieu d’accueil pour les gens qui viennent y travailler.
C’était donc des conditions idéales pour cette nuit de tournage, parce que d’un point de vue technique, il fallait que ça se tourne pendant une nuit afin que la lumière reste constante afin que l’on puisse derrière faire un montage sans décalage de couches.
On a eu cette idée, moi je l’ai en forme avec un story-board, ensuite j’ai fait le montage, et cetera. C’était le lieu idéal !

  • Aucun aspect religieux dans tout ça ?

20syl : Pas du tout, en fait les premières idées qu’on avait eues, c’était même plutôt des temples antiques, on imaginait pourquoi pas faire des trucs en plein air, comme dans des arènes. On voulait quelque chose d’assez grandiose.
Après, le côté mystique et religieux, forcément il transparait, et ça peut être évoqué dans la nature du morceau, maintenant c’est à chacun de se l’approprier, mais en tout cas, ça ne fait pas partie du message et du propos.

  • Vous avez sorti votre EP en janvier 2012, et vous avez attendu six mois pour sortir l’album. Cet interstice entre ces deux sorties, l’avez-vous mis à profit pour finaliser vos titres ou était-ce davantage une volonté de mettre en attente votre public ?

Pfel : Tu as bien cerné le truc. En effet, c’est surtout pour ces deux aspects-là qu’on a voulu diluer les choses dans le temps. C’est vrai qu’aujourd’hui, un morceau sort, deux semaines après il y en a un autre, ça va très très vite.
On voulait laisser le temps aux gens de digérer ce premier EP et qu’il ait une vie plus longue que prévue.
C’est vrai qu’avec les tournées, ça s’est enchainé assez vite pour nous, et on ne pensait pas qu’on pourrait l’emmener aussi loin. Ça s’est fait naturellement et ça nous a laissé le temps de finaliser l’album dans les meilleures conditions, afin de ne pas bâcler le truc et de prendre du recul.

20syl : Ce qui est drôle avec l’EP, c’est que si tu regardes le pic du succès du morceau « Down The Road », il a beau être sorti en janvier dernier, le pic se situe un peu aujourd’hui. Il y a presque un an entre le moment où on a sorti le morceau et le moment où il arrive aux oreilles du grand public. Pour nous, ça va très vite, pour vous aussi qui êtes journalistes, mais c’est vrai que pour un public qui est moins attentif ou moins à l’affût des sorties, c’est important de laisser se faire le bouche à oreille.

  • D’ailleurs chaque sortie d’un clip permet de booster l’écoute du morceau…

Greem : Oui, totalement, on a vraiment envie d’avoir une dimension « image » sur chaque morceau, l’idéal serait d’avoir un clip pour chacun d’eux. Mais ça peut sembler ambitieux parfois de trouver les bonnes personnes pour le réaliser. Mais en tout cas, il y a cette volonté d’amener de l’image sur la musique.
Ça s’y prête d’ailleurs bien, car on amène de l’image en live d’une autre façon.
On a cette volonté d’aller explorer plein d’autres pistes dans les clips.

  • Il y a pour le moment quatre clips qui sont sortis, c’est bien ça ?

Greem : Oui, “Down The Road”, “The Beat”, “F.U.Y.A” et  “Arcades”. Et il y en a d’autres qui arrivent, qui sont dans les cartons.

  • On va bientôt arriver à la moitié de l’album qui sera mis en image.

Greem : Oui, c’est ça (rire).

  • On sent que sur Tetra, vous vous êtes fait plaisir au niveau des morceaux ?

Atom : On va toujours dans la même direction que lorsque nous faisions des compétitions. À l’époque, notre seule matière c’était des collections de vinyles et des disques qu’on allait acheter dans des brocantes, où on piochait dans la chanson française, dans du rap, dans du rock, dans de la bossa ou dans des musiques africaines. Tout ce que tu veux et finalement, on était presque contraints de le faire et c’est devenu presque une sorte de concept d’aller piocher dans différents styles.
Et puis, notre manière de se démarquer sur l’album, c’est vraiment ça.
Quand on s’est mis à la période de compo des premières maquettes en septembre 2010, on s’est enfermés pendant un mois pour faire des compos ; la seule règle qu’il y avait c’était justement qu’il n’y en ait pas ! C’était la liberté. Et ce qui est intéressant avec C2C, c’est qu’on s’est retrouvé en fait avec un projet qui n’avait pas vraiment de cadre ou de format.
Si par exemple, tu prends Hocus Pocus, sans le vouloir, c’est du rap en français. Après il y a toujours moyen d’aller aussi étonner le public en allant faire d’autres choses, mais sans le vouloir sur beaucoup de projets musicaux, tu te places dans un cadre, dans quelque chose qui a des limites, et pour C2C quand il s’agit de se mettre à composer, finalement, on n’avait pas de limites.
On s’est retrouvé avec cent maquettes en tout, et ça allait dans d’autres styles de musique, dans d’autres influences, et finalement la chose qui joué, c’est nos goûts, car sur ces cent maquettes, on s’est tous fait un top 15. Et sur les 15, il y en avait au moins 8-9 qu’on avait tous en commun. Et sur le reste, ça s’est joué au vote.
En tout cas, on n’a pas fait de choix aussi radicaux que celui de se dire « est-ce que ça va plaire aux gens ? ». OK, aujourd’hui ça marche, mais quand on a bossé sur l’album, on n’aurait jamais imaginé que ça allait cartonner comme ça !
La musique faite avec des platines, c’est quand même un peu spé. Honnêtement, ça me fait tellement halluciner qu’un morceau comme « Down The Road » quelque part soit aussi diffusé alors que c’est finalement des sons cutés de partout, le beat est très en avant.
On était avant tout sur nos goûts et ce qu’on voulait faire, et sur la possibilité d’aller vraiment dans tous les sens.

20syl : Pour résumer, il n’y avait pas de calculs. Ça n’était pas une grosse stratégie, un gros calcul. Bon, des fois après avoir bossé les morceaux, on se disait « là, les gars, ça va trop loin, y’a trop de scratchs »,  ou « c’est un peu indigeste », et du coup, il est arrivé qu’on ait un peu freiné nos ardeurs sur certains trucs, car ça reste une musique à écouter, à danser quelque part.
Des fois, même nous à l’écoute, ça nous gênait un peu, car il y avait un peu trop de trucs qui partaient dans tous les sens. Et encore quand tu écoutes l’album parfois, c’est très très chargé.
Mais, ça fait partie de notre délire aussi !

  • Il y a beaucoup de collaborations sur cet album. Je crois qu’il y a la moitié des titres qui comportent des featurings.

20syl : Oui, ça aussi d’ailleurs ça a été un débat intéressant entre nous de se dire « est-ce qu’on ne perd pas notre identité en invitant trop de gens sur l’album ? ». Et au final, je trouve qu’il y a eu un super virage finalement entre le EP qu’on a proposé et l’album où il y a beaucoup d’invités en plus. Ca a créé quelque chose de très différent, de parfois surprenant entre ces deux sorties.
Cela dit, les participations étaient déjà prêtes quand on a sorti l’EP, mais on a préféré faire figurer les guests uniquement sur l’album pour apporter quelque chose de frais, une étape supérieure au projet.

  • Comment avez-vous choisi ces guests ?

20syl : En général, c’est vraiment la musique qui a décidé.  Et puis nos connaissances artistiques.

  • Par exemple, GUSH ?

20syl : Alors, pour GUSH, c’est la maquette de Greem qui avait un côté très électro rock qui nous a évoqué ça. En écoutant cette maquette-là, on avait envie de la tirer d’un côté acoustique et à la fois d’un côté brut, et on se disait que ça serait vraiment cool de faire une référence à Roger Glover dans l’esprit qu’on s’en faisait. Sur son titre « Love is all », il y a un peu l’esprit des Beatles, et GUSH on les connaissait, on les avait croisés plusieurs fois sur la route et quand ils ont écouté la pré-prod, ils ont kiffé. Et donc, ça s’est juste fait naturellement.

  • Ils ont des voix en or les quatre gars de GUSH, et du coup comment l’enregistrement du titre « Genuis »s’est-il déroulé en studio ?

20syl : L’expérience studio a été mortelle. C’était une séance barbeuc, et en fait les gars, ils sont chanmés parce qu’on leur met un piano et ils nous refaisaient la version du morceau « Genius » en piano voix avec les quatre voix en harmonie.  J’avais presque envie de mettre le micro « bon les gars, finalement, c’est ptêt votre version acoustique qu’on va mettre sur l’album, ça défonce ! » (rire).
C’était une belle expérience.

  • Une petite explication pour ceux qui ne connaissent pas l’origine de C2C ?

Pfel : C2C, ça signifie Coup de Crosse. Le crossfader, c’est le petit bouton avec lequel on va cuter le son sur une table  de mixage ou sur un platine. Ça va nous permettre de faire des rythmiques et des scratchs.
Quand on a commencé à scratcher, on donnait des coups de crosses et c’est parti de là, d’un morceau d’Hocus Pocus à la base, qui représentait l’entité de DJ à la base du groupe.

  • Les projections vidéos placées devant vous vous laissent-elles droit à une marge de manœuvre ou au contraire vos concerts sont-ils des événements au jeu millimétré, avec un timing à respecter ?

Pfel : C’est très très callé en effet, il y a cette trame vidéo dont on est tributaire quasiment du début à la fin.

20syl : Juste pour préciser, dis-le aussi, c’est qu’on en est tributaire, mais elle est quand même contrôlée en temps réel.

  • Elle est contrôlée directement par vous ?

Pfel : Chaque fois qu’on lance un son, il va y avoir une image qui est attribuée à ce son, et ça va recréer cet ensemble. Bon après, il y a plusieurs façons de procéder, pour nous, soit c’est des ensembles soit ce sont des vidéos séparées les unes des autres (en quatre blocs, un pour chaque DJ).
Il y a cette manipulation en temps réel qui donne une autre dimension au show, car il y a beaucoup de choses à faire dans le contrôle du son et de l’image qu’on a voulu mettre en avant, et ça se passe avec des écrans de LED devant nous en effet.

  • Et est-ce que ça pourrait se passer aussi derrière vous avec des écrans plus grands?

Pfel : Oui, c’est une possibilité qu’on a envisagée, mais c’était beaucoup plus lisible de la façon actuelle et ça permettait aux gens de bien voir ce qu’on faisait. Il y avait aussi ce côté pfiou, tu te prends l’image dans la gueule.

20syl : Et l’idée importante, c’est aussi que chaque écran, chaque image soit reliée directement à la personne qui la contrôle. Du coup, si on démesurait le truc, faudrait presque que nous aussi on soit géants pour que ça ait du sens finalement (rire).

  • Vous avez aussi beaucoup travaillé avec le Chabada cette année et l’année dernière également pour préparer l’aspect scénique, comment s’est passée cette préparation ?

Atom : Oui, ils nous ont accueillis pour toute la préparation de ce live. C’était au mois de novembre de l’année dernière je crois ?

Pfel : Il y a eu trois sessions.

Atom : Et ça a été un bon choix pour nous au final, car ça nous a permis de bosser dans de bonnes conditions, en essayant plein de choses. Et puis, même si on est de Nantes, c’était aussi intéressant de changer un peu puisqu’on a fait toutes nos créas à Nantes la plupart du temps, donc venir à Angers c’était aussi a une petite nouveauté.
Ça s’est très bien passé, François et toute l’équipe nous ont accueillis vraiment à bras ouverts et ça s’est vraiment bien passé sur les trois sessions.
Aujourd’hui, ça fait vraiment plaisir d’être là, et de pouvoir présenter le concert avec un peu plus de bouteille qu’au mois de janvier.

Greem : On remercie vraiment l’équipe du Chabada et François de nous avoir soutenus, car ça faisait depuis plus d’un an, avant de commencer le live qu’il s’intéressait au projet, qu’il demandait des nouvelles, qu’il voulait être le premier à faire vivre cette aventure.
Aujourd’hui, il est fier de nous et à chaque fois qu’on le voit, on le remercie en lui disant « tu nous as soutenus, tu as eu confiance en nous dès le début ». Il nous a suivis sur toutes les dates, il a vu l’évolution, les prémices du show ou l’assemblage, le côté technique.
Il a vu la musique arriver, et le projet grandir.
Aujourd’hui, on revient au point de départ de ce qu’on a commencé il y a un an et c’est une date assez symbolique pour nous, et pour François, et pour l’équipe du Chabada.

  • Pour cette date, est-ce qu’on peut s’attendre à quelque chose de complètement nouveau ?

Atom : Ce soir, malheureusement non (rire) puisque le show est prêt depuis janvier et on ne va le faire évoluer qu’en janvier prochain.

Greem : On a quand même une choré de ouf qu’on a bossé sur F.U.Y.A.  aux balances. Après l’énergie sera sûrement différente de ce qu’il y avait au début, mais pour les nouveautés sur le live, il faudra attendre encore quelques mois.

20syl : Ce qui est drôle quand même, c’est qu’il y a personnes qui nous ont dit « Ah ouais, je vous ai vu, genre à Nantes, l’occurrence, au premier concert en février et puis qui nous ont revu là y’a une ou deux semaines et qui nous ont dit, « ah ouais, c’est mortel comment vous avez fait évoluer le show, vous avez changé trop de trucs ». Alors que nous, on sait très bien que le show n’a pas tant évolué que ça, mais je pense que le fait qu’on soit très à l’aise aujourd’hui à jouer et qu’on l’interprète vraiment avec de l’énergie, ça donne l’impression qu’il y a eu beaucoup de changements.

Greem : Et c’est un chaud qui est tellement riche que les gens ont besoin de le voir trois-quatre fois pour vraiment en voir tous les détails. À l’image de notre musique qui est multicouche, le live, on l’a voulu vivant avec l’évolution de petits détails à repérer que ce soit au niveau des lumières, du son, de notre jeu de scène, de toutes les petites astuces qu’on a pu rajouter.
Il faut venir dix fois voir C2C ! (rire)

  • Une toute dernière question ! On a pu parler des collaborations sur cet album, mais est-ce qu’on peut imaginer qu’ils vous rejoignent un jour sur scène le temps d’une soirée un peu spéciale ?

20syl : Dans un monde idéal, avec beaucoup d’argent et des jets privés à profusion, pourquoi pas pour les faire venir des quatre coins du monde (rire).
C’est forcément un truc qu’on a en tête, maintenant quand, comment, où, on ne sait pas, mais ça fait partie des idées de forcément croiser certaines collaborations et les faire venir sur scène avec nous !
Surtout qu’il y a certains artistes de l’album qu’on n’a pas rencontrés physiquement, c’est la partie la plus rare on va dire ; parce qu’il y a beaucoup de collaborations studio où on était vraiment avec les artistes. Mais un mec comme Jay-Jay Johanson, on ne l’a pas rencontré et du coup, on aimerait bien le faire venir sur scène et pouvoir faire le morceau en live.
C’est aussi parfois compliqué à organiser, mais ça se fera sûrement !

  • Merci beaucoup !

c2cmusic.fr
facebook.com/C2Cofficial

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