[Live] Breton : belles mélodies en sous-sol

Breton est venu livrer à Paris ce 14 janvier un show-case efficace et embué dans le confinement du discret et stylé Silencio, temple de David Lynch. Un petit moment de bonheur que nous ne pouvions que partager.

Breton

Quelque 150 privilégiés avaient été invités mardi 14 janvier à célébrer la nouvelle année en compagnie des Anglais de Breton en mode « light », (à quatre sans Ryan et sans dispositif scénique ou multimédia). Une occasion d’évaluer leurs progrès et de redécouvrir leur intensité sans artifices. Une heureuse initiative qui nous a permis de nous en mettre plein les oreilles pendant 45 minutes.

Hasard ou coïncidence, le collectif œuvrant tant dans le sonore que dans le visuel s’est donc produit sur la petite scène du Silencio qui fleure bon le cinéma.

Timides, presque engoncés dans leurs vêtements pourtant très casuals, l’envie de Breton de faire vibrer les entrailles parisiennes se dénote dès leur premier morceau, à juste titre appelé « Envy », à la basse distordue et martelée en clin d’o(r)eil(le) à Madchester.

En mode bonnets beans rivés sur les crânes, yeux sur les pompes ou baguettes qui s’agitent dans tous les sens, les Anglais roulent tout de suite en 6e vitesse sans arriver un instant à semer le public en transe et en dance.
Les keyboards implacables de par et d’autres de la scène dessinent un bastion visuel et virtuel d’où s’échappent tout en intensité et en efficacité un « 302 Watchtowers » et un « Edward the Confessor ».

On ferme les yeux un instant pour se remémorer les images du superbe clip supportant « Got Well Soon », un des morceaux phares de Breton.

Breton ralentit et change un peu de registre histoire de récupérer son souffle sur un « Closed Category » que l’on a d’ailleurs du mal à classifier : une pause empreinte d’un savant dosage de nostalgie, avec un petit je ne sais quoi de la bande à Robert Smith augmenté d’un soupçon de cold wave de la Ruhr façon Sharon Stoned.

Nouvelle pirouette avec un « The Commission » qui trouverait facilement sa place dans un grand festival ou un stade tant sa dimension Roger Watersienne rappelle un certain mur chanté par des fans de Pink Anderson et Floyd Council. Un long et dimensionnel morceau qui atteste une nouvelle fois de l’écriture plurielle de ce groupe qui a plus d’un tour à son arc électrique.

Retour à une énergie plus rock et indie avec « Search Party », morceau qui ne se cherche pas et s’apprécie illico, enchaîné et déchaîné avec un « Jostle » en clin d’œil à un Paul Simon qui serait allé faire une virée en Tunisie avec des transfuges de Vampire Weekend.

crédit : Alexandre Guirkinger
crédit : Alexandre Guirkinger

« Foam » est une mousse aux sonorités house à la James Murphy, martelé façon duo de Français casqués qui nous emmènent sur le « 15mins » final sans appel et sans rappel. En 10 titres et 45 minutes, Breton nous a embarqués sur ses terres que nous aurons plaisir à venir fouler à nouveau lors de prochaines dates françaises officielles.


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