[Live] Bombay Bicycle Club au Trabendo

Les Anglais de Bombay Bicycle Club ont trouvé la recette pour nous faire passer une agréable soirée de Saint-Valentin ; oscillant habilement entre justesse et vigueur, entre douceur et éclat.

crédit : Quentin Allaert
crédit : Quentin Allaert

Nous en avons parcouru des kilomètres, mon acolyte photographe et moi-même, dans le but de voir Bombay Bicycle Club ce vendredi 14 février au Trabendo ; quittant alors la Bretagne pour rallier Paris, avec pour seul carburant notre amour pour la musique de ce groupe londonien, très peu reconnu sur le territoire français. La bande de Jack Steadman (guitare/piano/chant), Jamie MacColl (guitare), Ed Nash (basse) et Suren de Saram (batterie) a pourtant déjà fait ses preuves de l’autre côté de la Manche, et vient tout juste de sortir son quatrième album, So Long, See You Tomorrow, qui s’est rapidement placé en tête des charts au Royaume-Uni, la semaine de sa sortie. Le groupe d’indie rock a choisi sur cet album de délaisser un peu les guitares, pour miser sur des samples, et des instruments moins communs au regard de la musique qu’ils pratiquaient jusqu’alors. Pari risqué, qui peut se payer sur scène. C’est donc plein d’excitation et d’appréhension que je me rends à ce concert.

C’est la toute première fois que je me retrouve dans ce club souterrain du Trabendo, et la configuration originale du lieu a vraiment du charme : de quoi commencer la soirée sous les meilleurs hospices. Et celle-ci s’ouvre avec le quintet de Bristol, The Ramona Flowers, qui mixe guitares urgentes et sonorités électroniques. Le groupe est timide, très scolaire dans son interprétation. L’énergie n’est pas au rendez-vous. Musicalement, rien de transcendant, les guitares sonnent comme du Chapel Club, ou encore du Manchester Orchestra, mais l’ensemble est assez fade, et se rapproche plus de groupes comme Morning Parade.

Tout cela est bien trop sage, à l’instar du chant très travaillé, peut-être trop, si bien qu’on croirait le chanteur tout droit sorti de Pop Idol ! Après réécoute de leur musique en version studio, je trouve que le projet n’est finalement pas trop mal, mais bien que tout cela manque cruellement de pêche pour la scène, et leur prestation de ce soir ne marquera sûrement pas les esprits.

Le temps d’aller prendre un Bombay Bicycle Cocktail (rhum, citron vert, jus de mangue) au bar, et c’est au tour des quatre Londoniens de s’élancer sur la scène du Trabendo. Premier morceau : « Overdone », qui ouvre également leur dernier album. Le groupe est étonnant d’énergie dès les premières minutes du live ; de quoi compenser la première partie. Le charismatique Jack Steadman et sa troupe donnent le ton. So Long, See You Tomorrow, étant plus calme que les albums précédents, je ne m’attendais pas à une intro aussi fracassante. Voilà donc le public en condition pour la suite du set des Britanniques !

Pour parfaire cette dynamique, deux autres musiciens leur prêtent main-forte pour le live : un aux synthés et aux samples, et une chanteuse pour doubler la voix de Jack Steadman (habitude prise lors de l’album précédent). Et toute cette équipe est finement rodée, et pleine de ressources ; on peut en effet les voir régulièrement changer d’instruments, que ce soit le bassiste qui passe à la guitare, ou à l’inverse le guitariste se mettant à la basse.

Le set se poursuit, avec « It’s Alright Now ». Puis, après quelques mots de Français offerts par Jack, les BBC se lancent dans l’interprétation du « tube » de l’album A Different Kind Of Fix, « Shuffle ». De quoi réjouir la foule, et faire monter un cran au-dessus la température. C’est sur un morceau issu de ce même album que les musiciens montrent à quel point ils donnent tout ce qu’ils peuvent sur scène : « Your Eyes ». L’énergie folle, et la présence scénique du chanteur, que l’ont croirait possédé, peuvent faire penser à celles d’un Thom Yorke de la grande époque. Il y a de quoi rester ébahi devant les spasmes quasi épileptiques de Steadman, ou devant la masse de cheveux constamment en mouvement d’Ed Nash ! Cette tension que le groupe crée jusqu’à l’implosion est d’autant plus palpable sur le morceau « Lamplight », tiré de leur tout premier album, I Had the Blues But I Shook Them Loose, où s’enchainent passages calmes, et riffs explosifs.

Les six musiciens n’en finissent pas de nous surprendre, avec le morceau « Feel », chanson bel et bien rock, où raisonne pourtant de la bombarde (de quoi ne pas me sentir trop dépaysé) ! Étonnant mélange qui fonctionne plutôt bien étant donné les réactions de la salle. Puis, Saint-Valentin oblige, les Bombay Bicycle Club nous proposent une petite douceur, avec leur ballade « Eyes Off You », et son intro romantique, piano-voix. Le public se calme, et lorsque qu’un spectateur voulant savourer pleinement ce moment demande avec insistance le silence auprès de ses camarades, le chanteur anglais l’épaule d’un « Oui, ta gueule ! » goguenard, preuve que la langue de Molière n’a pas de secret pour lui !

La fin du set se rapproche, et voilà le morceau tant attendu, « Always Like This ». Et là encore, c’est avec stupeur que je constate que toute l’assistance connait les paroles sur le bout des doigts. Steadman se permet alors de prendre un peu de repos, et nous laisse ainsi chanter le premier couplet. Enfin, le groupe quitte la scène sur un (court) rappel où est interprété le morceau éponyme de son dernier album. Une boucle de synthé s’annonce, et les musiciens se mettent à chanter à l’unisson. La chanson est longue et gagne en intensité petit à petit pour finir en apothéose, avec un renfort de percus et un ultime sursaut d’énergie !

Le groupe nous a livré là une sublime prestation, qui mériterait cependant d’être un peu plus longue (1h15 de concert) ; mais les groupes britanniques ont (malheureusement) la réputation de jouer de petits sets. On peut quand même regretter l’absence de quelques classiques du groupe, comme notamment « Dust on the Ground ». Finalement, la soirée fut belle, et tâchons de ne pas toujours trop en demander !


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