[Clip] Black Paper Plane – Don’t Give Up

Long Distance Calling n’a qu’à bien se tenir ! Le groupe de post-rock que l’on ne présente plus a l’aura longue distance, puisque c’est en Belgique que son titre « Black Paper Planes » (issu de l’album « Avoid The Light », paru en 2009) rejaillit en 2016, à Tournai, sous la forme d’un groupe oscillant avec délice entre pop-rock et post-rock : Black Paper Plane. « Don’t Give Up », le premier titre mis en images de la formation, nous en dit plus long sur cet oiseaux de papier noir, venu se perdre dans les méandres interurbains en quête d’une once d’humanité. Une introduction parfaite à leur EP sorti le 10 novembre.

crédit : Dimitri Toebat

Dès les premières secondes, la lumière point sur l’objectif de Dimitri Toebat lui-même, guitariste du groupe – mais également graphiste et réalisateur au sein du Studio de communication Groobag -, et c’est toute la douleur du monde qui s’abat avec les premières notes pleines de douceur sur les deux protagonistes ; à savoir, une mère seule (célibataire ?) et sa petite fille.

Après quelques riffs calibrés et savamment distillés par Dimitri Toebat, c’est Stéphane Géronnez qui vient compléter le tableau de sa guitare et de son chant, particulièrement doux et enveloppant. Le rejoignent Damien Therry à la basse puis, encore plus tard, en commençant par les cymbales pour ne brusquer personne, Maxime Liefooghe à la batterie. cette incursion en quinconce de chacun des instruments rend compte de la longueur du trajet parcouru et de l’attente insoutenable pour cette maman et sa fille qui fait monter la pression en musique, comme un effet d’annonce.

Le geste est mesuré, la dialectique trouvée : face à la désertion du monde que subissent ces deux héroïnes, le groupe se fait salvateur, leur répétant inlassablement, comme une comptine bienfaisante, de ne pas abandonner. « Don’t give up ». Il faut véritablement attendre la fin de la cinquième minute pour que la mère s’énerve de peine, au volant de sa voiture – saute d’humeur accompagnée par la guitare électrique, qui traduit bien la rage sourde et dénuée de méchanceté -, de ne trouver aucune autre âme pour soulager sa solitude.

Mais, fortes de leur complicité, l’enfant et elle traverseront cette épreuve avec brio ; et ce, malgré les difficultés, l’absence de réponse à leurs plaintes et tentatives d’entrer en contact avec autrui. Elles erreront dans les villes, les forêts, les rues et traceront leur chemin sur les autoroutes, sous les réverbères, jusqu’à finalement aboutir sur une route bordée d’arbres parmi tant d’autres – dénouement final.

Et c’est là que le titre du morceau prend véritablement tout son sens. Car, au moment où tout semble perdu, que l’adulte tombe à genoux sur le bitume, en proie au désespoir, sa petite fille, symbole d’espérance mais, aussi, de renaissance, vient lui ouvrir les yeux pour lui montrer qu’elles ne sont plus seules et que quelqu’un vient, enfin, à leur secours.


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