L’anglais Ben Hammersley arrive en milieu pop-folk avec ses invités de taille. Son premier EP « Solace » est une ode à son cheminement intérieur. Écoute et rencontre.

À croire que certains sont nés avec des cordes entre les dents ou avec un code génétique inscrit dans un cahier de solfège. Il d’autant plus facile de se projeter quand on vous fourgue une guitare à huit ans, sous les crépitements du lecteur familial qui hésite, blasé, à choisir entre Ryan Adams ou Neil Young. Peut-être Fleetwood Mac aussi. Ben Hammersley est le schéma type de l’homme qui ne se pose aucune question sur sa condition d’artiste, et qui s’étonne encore de vendre du rêve aux plus tendres d’entre nous. Mais c’est de cette insouciance que vient tout leur charme.
« Solace EP » est le fruit de ces années où Ben se créa une identité pop-folk sous le regard aiguisé de son frère ainé, évidemment musicien aussi. « Il m’a vraiment aidé à me déployer artistiquement, bien qu’il vécut loin pendant de nombreuses années. Nous avons même écrit des chansons par Skype ».
Outre l’échange virtuel, toutes les chansons furent écrites à la guitare acoustique, à l’exception de « Pantomine » qui trouve son maitre d’œuvre au piano, et enregistrées chez les Islandais dans un vieux quartier portuaire de Reykjavík, au côté de leur Ólafur Arnalds national.
Le talentueux compositeur de bandes classico-dépressives à se tirer trois balles a pris le jeune artiste sous son aile : « En tant que producteur, Óli a vraiment su capturer beaucoup de sentiments derrière mes chansons. Son travail est très sensible et touchant. C’ est un artiste polyvalent qui m’a beaucoup épaulé afin de donner à l’EP la direction idéale ».
Ben ne pouvait pas être mieux loti. La mélancolie de ces étendues glacées, qu’Arnalds retranscrit parfaitement dans ses compositions, est totalement conforme aux thèmes des paroles de Ben. « Je ne veux pas en dire trop sur le sens des chansons, mais je dirais que l’EP aborde les thèmes de la perte, de la transition et de la solitude ».
L’exploration pour « Illusory », la retenue pour « Stairwell Wall » et l’histoire de cœur entre un poète et sa dulcinée pour « Ted Hughes ». Chaque idée se nuance dans une gaieté amèrement refoulée et se contient jusqu’à l’ardeur sommitale de « Pantomine », qui envoûte et déclare sa flamme à son producteur.
D’ailleurs, pour la touche gossip, les chœurs féminins du titre sont ceux d’une Anglaise reconnue, ses initiales sont EW et elle doit prendre David Copperfield pour un ringard. Ces trois indices secouent sans doute votre intérêt, mais ils ne doivent en aucun cas empiéter sur le doux réconfort de Ben.

« Solace EP » de Ben Hammersley est disponible depuis le 20 janvier 2014.
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