[LP] Be Forest – Earthbeat

Le quatuor italien Be Forest signe en ce début d’année « Earthbeat », un excellent album fort d’une intensité mélodique et d’une atmosphère raffinée, faisant suite à son premier disque « Cold » sorti en novembre 2011.

Be Forest - Earthbeat

Construit originellement autour du trio formé par Nicola Lampredi à la guitare, par Erica Terenzi à la batterie et au chant et par Costanza Delle Rose à la basse et également au chant, Be Forest s’est agrandi d’un quatrième membre, Lorenzo Badioli, aux synthés, afin de renforcer le climat froid et mystique sur ce second long format.
Avec son duo de chanteuses à l’apparente innocence, on se laisse emporter par la pureté de ces voix à l’onirisme troublant. Erica et Costanza ont ces échos dans leurs voix qui redonnent vie à leurs propres fantômes.

En neuf titres, le groupe basé à Pesaro, petite ville tranquille de la côte Adriatique nous fait traverser ses paysages luxuriants aux contours pop où la brume ne se fait jamais menaçante, mais redessine l’horizon.

Positionnant avec soin ses deux « Totem » instrumentaux et tribaux en ouverture et au milieu de l’album, Be Forest nous donne goût sur « Captured Earth » à la douce nostalgie émanant de la voix de Costanza. Les percussions entrainantes et cette flûte inattendue, mais bienvenue réveillent alors nos tropismes endormis.

Il y a quelque chose de très excitant sur ce disque ; cette capacité du projet italien à nous approcher d’une tension assez obscure sans jamais dégager la moindre violence.
« Lost Boy » hypnotise et nous rend définitivement accro à cette voix si féminine et aux abords si fragiles. Costanza Delle Rose nous possède et impose son règne intensément dominateur sur le lent et troublant « Ghost Dance » avant le puissant « Airwaves », où nos deux chanteuses s’unissent pour une messe blanche, givrée et clanique.

Bouillon d’influences, sur Earthbeat, l’ambiant vire au shoegaze pour finalement se lier d’amour avec les mélodies glaciales de la coldwave. Un contexte sonore enivrant, puissant et terriblement engourdissant qui s’illustre à merveille sur « Colours ». Quatre minutes sauvages, où les percussions animent notre course effrénée, où le chant pénètre nos esprits comme le souffle glacial du vent sur nos mollets, et où les guitares dessinent les lignes de cette aventure en terre blanche.

Earthbeat a tout d’un rituel et d’une initiation aux forces de la nature à laquelle on ne peut échapper. Une musique possessive et irréelle.

Be Forest

« Earthbeat » de Be Forest est disponible depuis le 4 février 2014 chez We Were Never Being Boring.


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