[EP] Barbarossa – Elevator

« Elevator » : l’electronica langoureuse de sir Barbarossa, éclectique pelleteur de troubles stylisés.

Barbarossa Elevator

« Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement » dit le célèbre drapé à califourchon. Beaucoup de monde considère cette maxime comme vérité générale, et c’est tant mieux. Depuis « Chemical Campfires », le londonien James Mathé s’est transformé. Sa mue est à l’image de l’anticyclone musical de la ville, envieuse de trouvailles et d’essais en tout genre. Même si certains font rimer évolution et désastre, d’autres s’efforcent à changer de cap sans forcément virer en eaux troubles. Barbarossa est un bon matelot. En 2013, il réinvente l’alt-folk acoustique de ses débuts avec le hautement acclamé « Bloodlines », bouquet d’influences pop intimistes et ténébreuses affutées à l’electronica qu’il fait bourdonner de clins d’œil (Massive Attack, Pharell Williams, Jurassic 5).

« J’ai adoré la scène acoustique, mais je savais qu’elle ne m’était pas destinée. J’ai alors déniché de vieux claviers Casiotone, des boîtes à rythmes et des synthés analogiques et j’ai commencé à écrire » dit-il pour se justifier d’avoir des idées à revendre. James reprend son ascension : « Elevator » porte bien son nom. Les quatre pistes de l’EP cimentent l’amour de Mathé pour les sons synthétiques. De l’amour oui, mais un peu tourmenté. Il broie du noir, se débat et rampe comme un petit malheureux dans un rythme narcoleptique : c’est langoureux quand le piano fait surface (« No Glue ») et figuratif quand le trip-hop s’en mêle (« Lupo’s Theme »). À la fin, on se dit qu’il se contient dans plusieurs projets, qu’il pourrait presque changer de nom à chacune de ses sorties – on n’y verrait que du feu. Le ténor à la barbe rousse aime ses mélanges de petit chimiste. Heureusement pour lui, ça implose au lieu d’exploser.

Barbarossa - James Mathe

« Elevator » de Barbarossa, sortie le 16 juin 2014 chez Memphis Industries.


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